Afghanistan : 5 soldats français tués

© MAXPPP
  • Copié
Europe1.fr, Didier François et Stéphane Grand , modifié à
Ils ont été tués dans un attentat-suicide contre l'armée française dans la vallée de la Kapisa.

Cinq soldats français de l'Otan ont été tués mercredi dans un attentat-suicide contre l'armée française dans la province de Kapisa, dans l'est de l'Afghanistan. Les soldats protégeaient une assemblée de notables à Joybar, dans la vallée de Tagab, et "un terroriste a déclenché sa bombe à proximité" des militaires, a précisé l'Elysée.

Ces cinq hommes étaient âgés de 27 à 38 ans et issus d'unités basées à Pamiers, Montauban et Lyon, a annoncé le service de presse de l'armée de terre. Il s'agit du lieutenant Thomas Gauvin et des adjudants Laurent Marsol et Emmanuel Techer. Selon le Sirpa-Terre, la famille d'un sous-officier de 37 ans n'a pas souhaité que son identité soit communiquée. Celle de la cinquième victime, âgée de 31 ans, devrait être diffusée quand sa famille aura été prévenue.

4 blessés parmi les soldats français

Selon un communiqué présidentiel, un civil afghan a également été tué et quatre autres soldats français et trois civils ont été grièvement blessés. Mercredi soir, dans le journal de 20 heures de France 2, Gérard Longuet, ministre de la Défense, a donné des nouvelles de ces derniers. L'un d'eux est "très abîmé", a-t-il affirmé, alors que les trois autres sont "sous contrôle".

Jeudi matin, l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées, a donné des nouvelles des quatre blessés sur Europe 1. "Trois sont dans un état insatisfaisant. Le quatrième nous préoccupe un peu plus. Mais le service de santé des armées, qui est l'un des meilleurs du monde, fait tout son possible. Donc, je reste confiant", a-t-il assuré.

Deux des cinq soldats tués, ainsi qu'un des blessés, sont des militaires du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) de Pamiers, en Ariège. Deux membres de ce même régiment avaient déjà été tués en juin.

Les talibans ont revendiqué l'attentat

Les insurgés talibans ont revendiqué l'attentat dans un SMS envoyé à l'AFP.

Pour l'amiral Edouard Guillaud, le chef d'état-major des armées et invité d'Europe 1 jeudi matin, les talibans "ont sans doute compris qu’ils ne pouvaient pas gagner sur le terrain et ils sont passés sur le mode de la terreur aveugle, c'est-à-dire des attentats suicides".
"On n’est pas sûr de l’endroit exact d'où ils viennent. Il est possible, si ce n’est probable, que ce soit des étrangers : qu'ils soient entraînés à extérieur du territoire et introduits dans le territoire pour faire le maximum de victimes possibles. Y compris dans la population", a expliqué l'amiral.

Kapisa, repère des troupes françaises

"Un kamikaze à pied a visé un convoi de l'armée française dans le village de Gulzarkhail, dans le district de Tagab. Il y a des victimes parmi les soldats français mais je n'ai pas plus de détails", avait auparavant déclaré Sayed Sakhidad Matin, chef de la brigade criminelle de Kapisa. La province de Kapisa est située au nord-est de la capitale Kaboul et les troupes françaises sont principalement installées dans cette zone.

Parallèlement, la Force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) avait annoncé que cinq de ses militaires avaient péri dans une attaque dans l'est de l'Afghanistan, sans préciser leur nationalité.

L'attaque "peut-être liée" à la visite de Sarkozy

Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français, a ajouté que des tireurs embusqués "en lisière" avaient participé à l'attaque et que certains d'entre eux avaient été "neutralisés", mais que les décès étaient dus à l'explosion. Il a estimé que l'attaque pouvait "être liée" à la visite de Nicolas Sarkozy mais relevait surtout d'une nouvelle tactique des insurgés qui essuieraient des revers sur le terrain.

Cet attentat intervient au lendemain de la visite surprise du président Nicolas Sarkozy en Afghanistan. Le chef de l'Etat avait ramené dans son avion à Paris deux soldats de 20 ans, blessés lundi dans la région de Kapisa (nord-est de Kaboul). Nicolas Sarkozy a prévu de se rendre au chevet des soldats blessés en Afghanistan à l'Hôpital de Percy, jeudi avant le traditionnel défilé du 14 juillet.

Au cours de sa visite, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France retirerait d'Afghanistan un quart de ses soldats d'ici à fin 2012. Selon lui, fin 2014, "il n'y aura plus d'unités combattantes" dans ce pays, qui assurera alors lui-même sa défense et sa sécurité.

Malgré la présence de 130.000 à 140.000 soldats de la force internationale, les talibans n'ont cessé, ces dernières années, d'intensifier leur guérilla et leur insurrection s'est étendue à la quasi-totalité du territoire. Depuis fin 2001, 69 soldats français sont morts en Afghanistan, pour la plupart dans des attaques des talibans. C'est l'attaque la plus meurtrière subie dans ce pays par la France depuis 2008 et l'embuscade d'Uzbin, un attentat-suicide qui avait fait 10 morts.