Adidas retire des baskets jugées racistes

  • A
  • A
Adidas retire des baskets jugées racistes
Ces baskets dessinées par le desinger Jeremy Scott ont soulevé un tollé sur Internet.@ CAPTURE D'ECRAN FACEBOOK
Partagez sur :

Elles comprenaient des chaînes à attacher aux chevilles, rappelant selon certains l’esclavagisme.

En affichant le 14 juin dernier sur Facebook son dernier modèle de basket, dessiné par Jeremy Scott, Adidas a bel et bien créé l’événement. Mais certainement pas de la manière dont la marque allemande l’espérait. Rapidement, la page du célèbre chausseur a en effet été inondée de messages négatifs. En cause : les anneaux de cheville orange reliés à la chaussure par une chaîne. Pour beaucoup, l’ornement rappelle par trop l’esclavagisme. Et la grogne a été telle que l’équipementier à décidé de ne pas mettre les JS Roundhouse Mid dans les rayons.

Le révérend noir Jesse Jackson a dénoncé mardi matin sur CNN les chaussures en estimant qu'elles étaient une "insulte choquante" qui rappelle l'esclavage et en annonçant, avant la décision d'Adidas de retirer son modèle, son intention d'appeler au boycott de la marque. Sur son site rainbowpush.org, il dénonce cette tentative "de commercialiser plus de 200 ans de dégradation humaine (envers les Noirs), comme insultante et consternante".

Désormais, la page Facebook en question s’est transformée en forum ou se mêlent défense de la marque et débat sur l’esclavagisme. Les messages critiques ont, semblent-ils, été passé au filtre.

"Nous nous excusons si des personnes ont pu être choquées"

Lundi, Adidas avait cru éteindre la polémique naissante en réaffirmant sa volonté de mettre en vente son dernier modèle. "Le design des JS Roundhouse Mid n'est rien de plus que le point de vue unique et tranché de notre designer Jeremy Scott sur la mode, et n'a rien à voir avec l'esclavage", écrivait la marque aux trois bandes dans un communiqué. "Jeremy Scott est renommé pour son style léger et plein de finesse : ses dernières créations comportaient des têtes de panda, et Mickey Mouse. Tout commentaire suggérant que ces chaussures ont un rapport avec l'esclavage ne peut être pris au sérieux". Adidas assurait alors que les chaussures arriveraient au mois d'août dans le commerce. 

De son côté ; Jeremy Scott s’est défendu en précisant qu’il s’était inspiré d’un héros de dessin animé décliné en peluche, My Pet Monster, effectivement affublé de chaînes, aux poignets cette fois.

Mais la polémique a été la plus forte. Et Adidas a jeté l’éponge mardi à la mi-journée. "Depuis que la chaussure a été présentée lundi sur notre page Facebook, bien avant sa sortie prévue en août, Adidas a reçu beaucoup de commentaires, positifs et négatifs", écrit la firme allemande dans un communiqué. "Nous nous excusons si des personnes ont pu être choquées par le design de cette chaussure, et nous annulons sa commercialisation".