A Rafah, "on utilise les congélateurs pour mettre les corps des enfants"

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A Rafah, "on utilise les congélateurs pour mettre les corps des enfants"
@ Gwendoline Debono
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REPORTAGE - Les frappes israéliennes touchent durement le sud de la bande de Gaza. Les hôpitaux sont débordés et personne ne croit en la trêve promise.

Israël a annoncé une trêve "humanitaire" unilatérale de sept heures lundi sur la majorité du territoire de Gaza alors que l'Etat hébreu faisait à nouveau face à l'indignation après une frappe qui a tué au moins dix Palestiniens dans une école de l'ONU. A Rafah, les hôpitaux fonctionnent à flux tendu et la population vit dans la crainte des frappes aériennes. Reportage.

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Un hôpital débordé. Les blessés et les morts se multiplient à l’hôpital de Rafah. Les premiers sont déposés sur les brancards, nettoyés rapidement au jet d’eau pour faire face à l’afflux. Les seconds eux, sont entreposés tant bien que mal dans l’hôpital. Dans une pièce, un congélateur à crème glacée, comme ceux qu’on trouve sur les plages l’été, sert de morgue de fortune. "On l’utilise pour mettre les corps des enfants. On doit aussi garder d’autres dépouilles dans des réfrigérateurs qui servent pour des légumes", témoigne un médecin, avant d’ajouter laconique : "Ce n’est pas une morgue cette pièce normalement".

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Rafah : "on utilise les congélateurs pour...par Europe1fr

Dans l’alignement des sacs mortuaires, les familles cherchent leurs proches. "Il a seulement 19 ans. On est venu à l’école car on habite dans une zone dangereuse et voilà le résultat", se morfond un homme qui vient de reconnaître son cousin.

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Des bombardements incessants. En centre-ville, on dit que le feu du ciel s’abat depuis la disparition de l’officier israélien de 23 ans. "Les bombardements ont commencé avant que l’armée israélienne nous envoie des messages. Les gens des quartiers Est se sont réfugiés à l’Ouest et ça a frappé aussi là-bas. Ils frappent à l’aveugle. S’ils disent qu’ils nous ont prévenus, ils mentent", explique un habitant. La terreur est palpable dans la ville alors qu’en périphérie de la ville, les chars israéliens se seraient retirés. Toutefois, personne n’y croit, les détonations continuent de briser le silence et il semble que la direction des canons n’a pas changé. "Ils ont juste reculé d’un kilomètre", annonce un adolescent qui va en sens inverse.

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