A Naples, les fossoyeurs font une "grève des tombes"

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A Naples, les fossoyeurs font une "grève des tombes"
@ AFP
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Les travailleurs de cinq coopératives protestent contre la privatisation des services funéraires du cimetière central.

Il n’y a pas de paix pour les morts à Naples. Depuis le 1er janvier, les fossoyeurs du cimetière central  - l’un des plus grands d’Europe – se sont mis en grève. Ils protestent contre la privatisation des services funéraires. Alors depuis plus de dix jours, plus aucun enterrement n’a lieu dans le gigantesque cimetière de Poggioreale. Les corps attendent dans des chambres froides.

Cela fait vingt ans que l’on donne un coup de main

Il y a quelques semaines, le maire de la ville, Luigi de Magistris, a lancé un appel d’offres pour confier les travaux à effectuer dans les cimetières à des sociétés privées. Les fossoyeurs – répartis en cinq coopératives - se sont alors mis en grève.

"Cela fait vingt ans que l’on donne un coup de main à la mairie. Malgré cela, aujourd’hui, ils nous mettent à la porte", confie leur porte-parole, Ciro Buonincontro. "Nous avons bien conscience de la peine que nous causons aux familles des défunts, mais nous, dans un mois nous n’avons plus d’emploi. Et nous avons tous une famille à nourrir", ajoute-t-il, dans les colonnes du quotidien italien La Stampa.

En effet, depuis plus de dix jours, les familles des personnes défuntes n’ont d’autres solutions que d’attendre que la situation se règle. Les fossoyeurs veulent obtenir l’assurance que les sociétés privées qui remporteront l’appel d’offres, feront appel à eux.

Des scandales de pot-de-vin et de vols. Mais derrière cette privatisation, c’est une autre polémique qui se cache. Les coopératives n’ont pas toutes bonne réputation.  Des scandales de pots-de-vin ont d’ailleurs fait la Une des journaux locaux il y a quelques mois. Des histoires de vols dans les chapelles ornementées ou la revente illégale de niches funéraires, ont également fait surface.

La mairie a donc décidé de recourir à des sociétés privées en leur demandant de présenter comme garantie un capital de 2 millions d’euros. Reste à voir si le repreneur voudra embaucher ou non les anciens fossoyeurs. L’attente pourrait durer jusqu’au 2 février, date de la publication des résultats de l’appel d’offres.