À Mossoul, les civils sous le feu des tirs irakiens

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Alors que les forces irakiennes tentent de reprendre la vieille ville de Mossoul des mains de Daech, les civiles pourraient devenir des victimes collatérales.

REPORTAGE

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés tire la sonnette d'alarme. 400.000 civils irakiens seraient désormais piégés dans la vieille ville de Mossoul, toujours tenue par les djihadistes, mais encerclée par les forces irakiennes qui tentent de la reprendre. Les habitants doivent faire face à la pénurie de nourriture, d'électricité et de carburant. Mais ce qui inquiète le plus les riverains, ce sont les tirs incessants dans ce dédale de ruelles. L’envoyée spéciale d’Europe 1 en Irak a rencontré deux mossouliotes vivant à proximité du quartier visé.

Des boucliers humains. Depuis sa maison, Mohammed entend les bombardements qui s’abattent sur la vieille ville. Chaque détonation le glace, car ses proches sont piégés à l’intérieur et leurs messages sont rares. Les derniers témoignent d’hommes, de femmes et d’enfants devenus boucliers du groupe État islamique. "Pour eux, un jour qui passe équivaut à une année. Vous n’imaginez pas ce qu’ils subissent. Daech rassemble plusieurs familles dans une maison, puis se place sur le toit pour tirer sur les forces de sécurité. Si les forces répliquent avec des obus, par exemple, les familles sont touchées", raconte ce riverain.

Il y a des morts qui s’entassent et aucun endroit pour les enterrer
Un habitant de Mossoul

Une précision toute relative. C’est ainsi que l’artillerie irakienne aurait déjà fait plusieurs dizaines de morts, assure le voisin de Mohammed, dont la famille est également bloquée dans le quartier historique de Mossoul. "Nos proches nous ont contactés, ils disent de demander au gouvernement et aux forces irakiennes des bombardements beaucoup plus précis, moins aléatoires, parce que ces vieilles maisons sont toutes imbriquées entre elles", explique-t-il. "Il y a des morts qui s’entassent et aucun endroit pour les enterrer, parce que la configuration du quartier ne le permet pas. Et bien sûr, personne ne peut emmener les dépouilles au cimetière."

Il a beau habiter près d’une maison où sont installés des officiers, il ne leur a pas transmis le message. "Ils penseraient que je soutiens Daech", souffle-t-il. Près du front, les artilleurs irakiens continuent de tirer des roquettes artisanales réputées pour leur précision toute relative.