À Mossoul, la menace djihadiste à chaque coin de rue

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Les forces irakiennes avancent difficilement dans les rues de Mossoul, exposées aux lance-roquettes et aux bombes des combattants du groupe Etat islamique.

REPORTAGE

Leurs 4x4 blindés surmontés de tourelles de mitrailleuses ne suffisent pas à les protéger. Les forces irakiennes ont pénétré vendredi, pour la première fois, dans les rues d'un quartier de l'Est de Mossoul. Après une avancée rapide vers ce dernier bastion irakien du groupe Etat islamique, s'engage maintenant la partie la plus difficile de la bataille de Mossoul, celle où les djihadistes rôdent à chaque coin de rue dans l'espoir de frapper mortellement l'ennemi.

Une bataille au milieu des civils. Les centaines de 4x4 blindés équipés de mitrailleuses, très lentement, s'enfoncent dans chaque ruelle du quartier. Les échanges de feu sont presque ininterrompus. Du haut de leurs tourelles, les tireurs ciblent les combattants de l'EI qui visent la colonne avec leurs lance-roquettes. Dans les talkie-walkies, le commandant hurle à ses hommes de faire attention aux civils.

À première vue, le quartier a l'air désert. En réalité, les habitants sont tous là, terrés chez eux. Dans une maison reconquise, une famille entière est assise dans la pièce la plus éloignée de la rue. Un des hommes se lève tout de même pour préparer du thé aux soldats. Il raconte que les djihadistes ont fait évacuer leurs familles il y a deux jours.

Et soudain, un kamikaze frappe...Les combattants sont, eux, toujours là. Les kamikazes rodent dans des voitures piégées autour du convoi. C'est pour leur barrer la route qu'à chaque intersection, le bulldozer de l'unité monte des levées de terre. La stratégie fonctionne jusqu'à ce qu'une partie des soldats s'arrête dans la cour d'une maison. Une voiture suicide déjà cachée dans la rue fonce et explose devant le portail.

Après la déflagration, tout s'assombrit. Les corps de trois soldats gisent à l'entrée. Lorsqu'il les voit, l'un de leurs frères d'armes tape violemment du poing contre un mur. Ici, tout le monde en a conscience, la phase de la bataille la plus dure vient de s'ouvrir : un combat urbain laborieux où le danger peut être derrière chaque fenêtre, chaque porte et dans chaque ruelle.