A Alep, un hôpital sous les bombes

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A Alep, un hôpital sous les bombes
L'hôpital Dar al-Chifa, à Alep, a été bombardé cinq fois.@ REUTERS
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REPORTAGE - L'hôpital Dar al-Chifa est le seul centre de soins pour les rebelles d'Alep.

Pour tous les habitants des zones rebelles d'Alep, c'est le dernier espoir. Après la fermeture des hôpitaux officiels, l'hôpital Dar al-Chifa, une clinique privée, est le seul encore ouvert dans ce quartier tenu par les insurgés, dans cette ville du nord de la Syrie où les combats font rage depuis un mois. Alors qu'un obus vient de frapper une boulangerie, les blessés affluent. Une mère, désespérée, s'accroche à son fils de six ans, éventré par un éclat.

L'hôpital bombardé cinq fois

hôpital dar al-chifa à Alep, chambre

© REUTERS

C'est une infirmière qui l'oriente vers les urgences : il n'y a que deux médecins, et c'est donc à elle de faire le tri des blessés. Elle a dénombré "14 personnes tuées, et quarante blessées" dans la boulangerie. "Nous avons tout enregistré et tout documenté", assure-t-elle à Europe 1.

L'hôpital a déjà été bombardé cinq fois et les étages sont inaccessibles. Au rez-de-chaussée, les corps s'entassent, posés à même le carrelage. Et le Dr Osman, l'un des médecins, doit opérer au sous-sol de l'établissement.

"Sauver des vies"

"Ici, nous ne réalisons que des opérations d'extrême urgence", explique-t-il. "Nous traitons les blessures par balles de snipers, les blessés de bombardements, par les canons ou par les avions, et puis nous traitons les patients ordinaires", énumère le praticien. Dar al-Chifa étant le "seul hôpital de la zone", il ne traite en effet "pas que les blessures de guerre".

Dans une ville ravagée par la guerre, l'hôpital ferait presque figure d'îlot d'humanité. Le Dr Osman ne fait pas de distinction entre ses patients : "on traite l'armée libre, les civils et même les soldats de Bachar al-Assad", explique-t-il, ajoutant : "notre mission, c'est de sauver des vies".