70 ans : un anniversaire contrasté pour l’ONU

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70 ans : un anniversaire contrasté pour l’ONU
BILAN - L’organisation internationale souffle ses 70 bougies dans un contexte international marqué par de nombreux conflits dont la crise en Syrie.@ AFP
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BILAN - L’organisation internationale souffle ses 70 bougies dans un contexte international marqué par de nombreux conflits dont la crise en Syrie.

Quel bilan pour les Nations Unies ? L’ONU fête samedi 24 octobre ses 70 ans d’existence. C’est à cette date précisément que la Charte des Nations Unies – document fondateur - est entrée en vigueur. Un texte qui définit la finalité de l’organisation internationale : maintenir la paix et la sécurité dans le monde.

Mais en pleine guerre civile syrienne, difficile pour l’organisation internationale de célébrer son anniversaire en grandes pompes. Les affrontements entre Bachar al-Assad et ses opposants ont fait plus de 240.000 morts depuis 2011 et 8 millions de déplacés. Des chiffres qui viennent souligner la difficulté de l’ONU à assurer sa mission de paix et de sécurité.

La crise syrienne symbole des difficultés de l’ONU. Une critique difficile à entendre pour Alexandre Fasel, chef de la mission suisse auprès des Nations Unies à Genève, interrogé par la Tribune de Genève. Ce n’est pas "l’ONU en tant que telle qui est à mettre en cause dans la crise syrienne, mais les Etats membres, qui sont les seuls vrais maîtres du jeu", insiste le spécialiste. En effet, la crise en Syrie a fait de l’ONU le théâtre des divisions entre les Etats, plutôt qu’un lieu où régler les différends qui les opposaient.

En 70 ans d’existence, l’Onu a traversé de multiples crises. Elle s’est notamment discréditée à travers son incapacité à prévoir et à gérer plusieurs évènements comme le génocide rwandais en 1994, le massacre de Srebrenica en juillet 1995 ou encore plus récemment avec le terrible séisme en Haïti, en 2010 où l'ONU s'est montrée incapable de coordonner l'aide humanitaire.

Des réalisations majeures. Malgré ces échecs, l’organisation s’emploie à mener sa mission. C’est ce qu’a tenu à rappeler son secrétaire général Ban Ki Moon, alors que les critiques s’élèvent à la veille de la date anniversaire. "Chaque jour, l’ONU améliore les conditions d’existence de millions de personnes; chaque jour, elle vaccine des enfants, distribue de l’aide alimentaire, offre un abri aux réfugiés, déploie des Casques bleus, protège l’environnement, œuvre au règlement pacifique des conflits et promeut la démocratie, l’égalité des sexes, les droits de l’homme et l’Etat de droit", a insisté le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon.

Récemment, dans les colonnes du quotidien suisse, La Tribune de Genève, le Danois Michael Muller,  directeur général du bureau de l’ONU en Europe, défendait, lui aussi, son organisation, estimant que l’ONU n’avait pas à rougir de son action et de son bilan. "Nous avons montré que le système avait la capacité de tenir ses promesses. En quinze ans, la pauvreté a diminué de moitié dans le monde", a –t-il donné comme exemple.

L’ONU doit s’adapter. En revanche, la nécessité d’une profonde réforme et d’une "modernisation" de l’organisation semblent faire consensus. Le diplomate danois a reconnu le besoin pour l’ONU de s’adapter pour "voir comment accorder une plus grande place à la société civile et nous ouvrir au milieu des affaires, aux ONG, au monde académique, à la presse et aux organisations régionales, qui sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important".

Mais l’ONU est-elle devenue trop grosse ? Plus de vingt institutions spécialisées composent aujourd’hui le "système onusien". Chacune ayant son fonctionnement propre et son propre budget.

"Je ne pense pas que l’ONU soit devenu trop grosse", rétorque le Danois Michael Muller, "mais plutôt trop fragmentée", précise-t-il, reconnaissant que "les structures n’ont pas suivi", la complexification des problèmes auxquels l’Onu est confrontée.