A Aubagne, un restaurateur cuisine à l'énergie solaire

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A Aubagne, un restaurateur cuisine à l'énergie solaire
Pierre-André Aubert est un cuisinier écolo.@ BORIS HORVAT / AFP
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Dans les Bouches-du-Rhône, un restaurant ne peut ouvrir que si la météo est clémente… 

Dans une ruelle d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, un cuisinier s'affaire sous une parabole de deux mètres de haut, recouverte de miroirs : un four solaire, un prototype qui lui permet de cuisiner comme dans une "vraie" cuisine, en cas de soleil uniquement.

Un piano solaire. "Le cœur de notre innovation est le piano de cuisine que nous avons développé en interne, avec des artisans", explique Pierre-André Aubert, 33 ans, cuisinier marseillais à l'origine du projet. La température peut y atteindre les 500 degrés. Il faut environ 35 minutes de soleil pour la faire monter à 400 degrés, dit-il. Les rayons du soleil, reflétés et concentrés par le miroir de son four, sont projetés sur un plan de cuisine sur lequel les cuisiniers préparent leurs mets. Aux fourneaux, Pierre-André Aubert, lunettes de soleil sur le nez, est flanqué de Christophe Pinel, 40 ans, chef et conseiller en restauration durable.

"Réservation annulée par mauvais temps". "Il s'agit d'un concentrateur solaire", explique Pierre-André Aubert, qui a travaillé comme ingénieur aéronautique avant de se reconvertir dans la cuisine en 2010. "Le miroir parabolique, un miroir allemand Scheffler, existait déjà. Nous avons travaillé sur ce prototype avec les Allemands". Météo oblige, "parfois on prend des réservations et la veille, on est contraint d'annuler parce que les prévisions sont mauvaises", dit-il encore.

Autonome et écolo. Après presque trois mois d'expérimentation pendant lesquels le restaurant a fait 300 couverts à environ 20 euros, en ouvrant uniquement les jours de soleil, soit une trentaine, "Le Présage" cherche des investissements pour organiser son installation dans un restaurant "en dur" dans la région. "Nous n'utilisons que des produits locaux et de saison, poursuit Pierre-André Aubert. Notre objectif est d'être autonomes en énergie. Avec du compost, nous fabriquons du biogaz qui nous sert de source d'énergie d'appoint en cas de temps mi-couvert. Nous voulons faire une cuisine qui reflète un terroir et un territoire - et le territoire c'est aussi sa météo ! C'est ce lien avec les éléments qui nous intéresse".