Un village obligé de construire des HLM à cause d'une prison

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Un village obligé de construire des HLM à cause d'une prison
@ THOMAS SAMSON / AFP
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Réau, une commune de Seine-et-Marne, vient de franchir le seuil à partir duquel il doit construire des logements sociaux.

Réau, village de Seine-et-Marne, vient d'avoir une drôle de surprise : il se retrouve soudainement contraint de construire plusieurs dizaines de logements sociaux. Cette commune vient en effet de franchir la barre des 1.500 habitants. Et en Ile-de-France, c'est à partir de ce niveau que les villes doivent bâtir 25% de logements sociaux, sous peine de pénalité financière. L'originalité de l'histoire ? Ce seuil des 1.500 habitants a été dépassé en raison de l'ouverture d'une prison.

750 détenus en plus des habitants. Un centre pénitentiaire a en effet ouvert ses portes en 2011, avec 750 détenus à l'intérieur. Or, selon la définition de l'Insee, la population municipale inclut "les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune". Jusqu'au premier janvier dernier, il y avait donc 1.100 habitants à Réau. Mais au dernier recensement, la ville est passée à 1.558.

"Sur 10 ans, c'est faisable". La commune est désormais censée disposer de 103 logements sociaux. Or, elle n'en compte que 14. Elle devrait donc en construire 89 en un an pour ne pas enfreindre la loi. "Nous notre volonté est bien de rentrer dans les clous… mais sur une période de 10 ans. Sur 10 ans c'est faisable, mais au 1er janvier prochain, on n'aura pas les 25%. C'est mécaniquement impossible, il faut acquérir des terrains, cela prend du temps", explique au micro d'Europe1 Dominique David, la première adjointe.

"Ca va bloquer notre développement". Pourtant, si elle ne respecte pas la loi, la commune risque de payer une amende de plusieurs milliers d'euros. La municipalité a donc récemment  écrit au préfet pour demander une annulation de ces sanctions, ou au moins leur report. "En termes d'investissements, ça va affecter notre commune. Ca peut impacter notre budget et bloquer notre développement", s'inquiète l'élue. La mairie compte mettre en avant sa bonne volonté. Elle espère aussi que sa situation atypique – la moitié de la population officielle est derrière les barreaux - sera prise en compte.