Quelle est la signification du mot étage ?

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Quelle est la signification du mot étage ?
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Que ce soit en France, et a fortiori dans le monde, comment peut-on préciser le nombre de niveaux que comporte un bâtiment, qu’il s’agisse d’un immeuble d’habitation ou de n’importe quel autre édifice, en étant sûr d’être compris sans ambiguïté ?    

Que ce soit en France, et a fortiori dans le monde, comment peut-on préciser le nombre de niveaux que comporte un bâtiment, qu’il s’agisse d’un immeuble d’habitation ou de n’importe quel autre édifice, en étant sûr d’être compris sans ambiguïté ?

 

 

 

 

Les définitions d’étages, de rez-de-chaussée, de paliers, variant largement d’une contrée à l’autre, mieux vaut se mettre à niveau en éclairant chacun de ces vocables. En commençant par le terme générique, à savoir l’étage.

 

Etymologiquement, on trouve au hasard des dictionnaires, un certain nombre d’explications quant à la provenance du mot, qui date du début du deuxième millénaire sous la forme estage, dont aucune pourtant ne semble satisfaisante. La plus simple voudrait qu’il soit un dérivé de l’ancien français ester, se tenir debout, être quelque part, ce qui donnerait « position » ou « situation » qu’on retrouve par ailleurs, aujourd’hui encore, dans l’expression de bas étage.

 

 

 

 

Entre deux planchers.

 

Pour ce qui nous concerne, dans le domaine de l’immobilier, il s’agit de cet espace compris entre deux planchers à l’intérieur d’un bâtiment. En notant qu’un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis, l’Espagne, la Russie, la Chine, compte pour premier étage ce que les Anglais, les Brésiliens, les Français (entre autres !) nomment « rez-de-chaussée ». De la même façon, à une époque où les soubassements se montraient rarement habitables, on disait volontiers « étage souterrain » pour les pièces situées en sous-sol. Ou encore, précisait-on « étage au rez-de-chaussée » ou « étage en galetas » (sous les combles) avant que l’usage commun ne les raccourcisse en un seul mot.

 

 

 

 

Dans l’antiquité.

 

Les maisons à étages ne datent pas de l’époque moderne, loin s’en faut puisque on en trouve trace dans la plus haute antiquité, que ce soit en Egypte (jusqu’à cinq niveaux), ou à Rome (jusqu’à sept ou huit niveaux). Le problème de place dans les villes ayant toujours été crucial… Au point que le bon goût interdisait la construction en hauteur pour une noble demeure, assimilant cette superposition d’étages à la vulgarité du commun. Même si dans les habitats collectifs, il a toujours existé un étage dit « noble » réservé aux nantis.

 

 

 

 

L’étage noble.

 

Une « noblesse » de l’étage qui a varié selon les lieux et les époques avec un deuxième (au-dessus de l’entresol) très prisé au XIXe siècle notamment dans les immeubles haussmanniens, un rez-de-chaussée privilégié sous l’empire romain, et un premier recherché sous Louis XIV. Jusqu’à ce que l’invention de l’ascenseur inverse la tendance et favorise les étages élevés. Pour l’anecdote, on notera que si, au XVIIe siècle, « plain-pied » signifiait au niveau du sol, cent ans plus tard et jusqu’à aujourd’hui, il précise un appartement, ou des pièces, situés sur un même étage, à un même niveau et donc, pas forcément au rez-de-chaussée ; ce qui ne manque pas de sens puisque plain est emprunté au latin planus qui signifie « plat ». D’ailleurs aujourd’hui on substituerait plan à plain.

 

 

 

 

 

 

Duplex et triplex.

 

Et profitons de cette histoire de bas étage pour éluder le duplex, cet appartement sur deux niveaux comportant un escalier intérieur et qui tire son appellation de deux origines, à savoir duplex en latin qui signifie double et du système de télégraphie appartenant au XIXe siècle, de même sens. Quant à triplex, il s’agit d’une sorte de trope augmentatif par rapport au duplex, avec trois niveaux cette fois, qui ne correspond à aucune étymologie mais à une marque déposée pour un type de verre feuilleté ! Allez comprendre…

 

 

 

 

Le rez-de-chaussée.

 

Le vocable rez qui a disparu aujourd’hui de notre langage courant, si ce n’est dans quelques expressions, signifiait « au niveau de », « au ras de » et décrivait une surface exempte de tout bâtiment. Un mot emprunté au latin rasus, participe passé de radere (raser), qui a donné en vieux français res, devenus ras, comme dans « rempli à ras bords ». Ce qui nous donnera le sens actuel des différentes expressions pour signifier qu’un lieu est au niveau de la chaussée, du jardin, autrement dit qu’il est de plain-pied avec celui-ci.

 

 

 

 

 

Le palier.

 

A l’origine, on utilisait indistinctement « palier » ou « repos » alors qu’aujourd’hui le premier terme décrit l’espace qui donne accès à des locaux tandis que le second forme une position intermédiaire dans une volée d’escalier ; ce qui, finalement, ne manque pas de sens. A noter, ce qui doit encore se vérifier dans certains vieux bâtiments, qu’on plaçait ce repos usuellement après la vingt-et-unième marche, estimant que ce nombre de degrés constituait un maximum franchissable sans fatigue.

 

De façon sujette à caution, Littré indique que le palier serait une altération de paillier et qu’il devrait son nom à la paille, au paillasson, que l’on trouve d’ordinaire sur un palier, alors qu’il semble que le mot soit dérivé de l’ancien français paele qui nous a donné la poêle, l’ustensile de cuisine, probablement en raison de la forme de ce repos. Dans le doute, je vous laisse juge.

 

 

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