Quel rapport entre le maçon du bâtiment et le franc-maçon ?

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Quel rapport entre le maçon du bâtiment et le franc-maçon ?
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Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Rarement un métier aura suscité autant de fantasmes, en l’occurrence par la grâce des francs-maçons qui, depuis deux ou trois siècles, ont su créer une imagerie ésotérique et secrète. Et pourtant, le lien entre le bâtisseur de nos maisons et les membres d’une loge n’est pas aussi évident qu’on pourrait le croire de prime abord. N’en reste pas moins une profession qui constitue, par essence, la base de toute construction depuis les temps immémoriaux.

Et l’étymologie du vocable est là pour nous le rappeler si besoin était, car empruntée à l’ancien bas francique (la langue des Francs, nos ancêtres barbares) makôn, qui signifie faire, qui nous a donné machio en latin, le maçon.

Une histoire construite pierre après pierre.

A l’évidence, il s’avère impossible de retracer l’histoire de la maçonnerie à travers les âges sans y consacrer quelques dizaines de volumes ! Car depuis les premières cabanes en rondins, puis les édifices faits de briques et de pierres scellées par un mortier quelconque qu’on retrouve évidemment chez les Egyptiens mais aussi chez les Assyriens et les Hébreux, quel chemin parcouru. Sans compter les Grecs qui y ajoutèrent le raffinement du marbre, largement repris par les Romains.

Une caste singulière.

Au Moyen-Age, les artisans et les commerçants sont appelés les « gens de métier » et se montrent plus ou moins nombreux selon les besoins de la ville dans laquelle ils officient. Chez les maçons, un maître, propriétaire de son atelier, de ses outils et de ses matières premières, se fait aider par des apprentis et par des compagnons, ces derniers souvent salariés à la tâche ou au temps passé. Des compagnons qui partagent la vie de leur maître qui doit leur assurer gîte et couvert, avant de s’installer à leur compte après quelques années d’un tel compagnonnage. Un maître qui pouvait se montrer nomade à l’occasion en passant d’un chantier à l’autre. Et qui bien souvent reprenait le rôle de l’architecte.

Saint-Blaise, patron des maçons

C’est au bas Moyen-Age, au XIVe siècle, que les choses évoluèrent en raison d’une conjoncture économique difficile. Chaque métier voulut alors se protéger d’une concurrence plus ou moins déloyale en se réunissant en corporation, en guilde, bref en une organisation qui imposerait des règles à tous, se plaçant sous la protection d’un saint. Et c’est certainement cet esprit de compagnonnage, qui n’a pourtant rien de commun avec une confrérie, qui a fait se confondre loge maçonnique et artisan du bâtiment.

Une hiérarchie s’installe.

Au XVIIe siècle, on appelait maçon, et parfois masson, un ouvrier chargé de tous les ouvrages où entrent en jeu la brique, le plâtre, la pierre et toute autre matière semblable. La hiérarchie du bâtiment était alors dominée par l’architecte, puis par le maître-maçon, le maître-compagnon, l’appareilleur, le tailleur de pierres, le poseur, le scieur, le compagnon maçon, le limousin (affecté au mortier), le manœuvre et, enfin, tous les aides. Sans compter les innombrables spécialités avec autant de professions afférentes comme les ouvriers du moellon, de la brique, etc.

Une profession reconnue.

C’est avec beaucoup de retard, en 1835, que l’Académie française reconnaîtra le titre de maître-maçon, celui qui dirige, surveille et répond de l’ouvrage commun. Hasard ou coïncidence, c’est dans la même édition de son dictionnaire qu’apparut le parallèle avec le franc-maçon.

Evidemment, la Révolution fera disparaître toutes ces corporations et autres guildes professionnelles mais pas la hiérarchie du métier puisque au maître-maçon a succédé l’entrepreneur en bâtiment, et au compagnon l’ouvrier maçon chargé des travaux de maçonnerie tel que nous le connaissons aujourd’hui…

Les francs-maçons.

Si le métier de maçon existe depuis toujours, il en va autrement des francs-maçons qui n’existeraient que depuis le XVIIe siècle avec quelques probabilités au XVIe siècle. Donc, pas de loges et de secrets initiatiques au Moyen-Age aux temps des grands bâtisseurs, même si les symboles de l’équerre et du compas de la franc-maçonnerie ont pu semer le doute.

Pour ajouter à la confusion, on notera que l’adjectif franc qui était utilisé au sens de libre à l’époque médiévale, qualifiait ceux qui ne payaient pas de taxes locales car dépendants d’un seigneur, de l’Eglise ou du domaine royal (comme les francs-bourgeois). Il est donc possible qu’à cette même période des maîtres-maçons, bâtisseurs de cathédrales, fussent également exemptés de certaines charges et que, dès lors, ils s’appelèrent francs-maçons.

Ce qu’ont bien compris les francs-maçons des temps modernes qui ont repris l’idée d’un patrimoine commun, des connaissances transmises à des initiés cooptés après une période d’apprentissage, d’une fraternité dédiée aux œuvres charitables et mutualistes, chères aux maîtres-maçons d’antan.

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