Quai et berge, au-delà de la grève.

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Quai et berge, au-delà de la grève.
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A l’évidence, dame Nature n’a pas attendu la main de l’homme pour former des accès à la mer, aux rivières et autres cours d’eau. Révélant ici ou là une grève quand l’eau se retire, endroit idéal pour accoster bien sûr, mais aussi pour de multiples activités humaines. Des riverains qui n’ont pas tardé à dompter les eaux capricieuses en créant berges, quais, chemins de halage qui non seulement contenaient les crues éventuelles mais offraient également le moyen d’accroître la vie économique de la cité.

A l’évidence, dame Nature n’a pas attendu la main de l’homme pour former des accès à la mer, aux rivières et autres cours d’eau. Révélant ici ou là une grève quand l’eau se retire, endroit idéal pour accoster bien sûr, mais aussi pour de multiples activités humaines. Des riverains qui n’ont pas tardé à dompter les eaux capricieuses en créant berges, quais, chemins de halage qui non seulement contenaient les crues éventuelles mais offraient également le moyen d’accroître la vie économique de la cité.

 

 

Ainsi, il n’est pas rare, dans les innombrables villes françaises construites au bord de l’eau, que la toponymie fasse référence à des aménagements citadins depuis longtemps oubliés : berges de la Seine, place de Grève, quai de la Râpée pour ne prendre que quelques exemples parisiens, jacobinisme oblige. Une opportunité de replacer ces lieux plus ou moins naturels dans leur contexte originel au hasard de quelques anecdotes surprenantes.

 

 

A l’origine, la grève.

 

Car la grève est un lieu parfaitement naturel, espace uni et plat que la mer, ou un fleuve, découvrent en se retirant. Un terrain de sable, de graviers, de galets charriés par les eaux, ce qu’explique l’origine du mot, emprunté au latin populaire grava, le gravier. Et les fervents œnologues ont déjà compris que cette origine est commune aux graves, ces terrains secs composés de graviers, de sable et d’argile qui nous donnent l’un des meilleurs vins rouges du monde.

 

A Paris, l’une de ces grèves naturelles, proche de l’Hôtel de Ville, se prolongeait d’une place éponyme, évidemment connue de la population parisienne puisque c’est là, en Place de Grève, jusqu’à la Révolution de 1830, qu’on administrait les exécutions capitales et autres réjouissances du même ordre : tortures publiques bien sûr mais aussi feux d’artifice de la Saint-Jean.

 

 

 

 

C’est la lutte finale…

 

Un endroit particulièrement fréquenté au petit matin par des dockers occasionnels sûrs de trouver une tâche pour le chargement ou le déchargement de marchandises des bateaux accostant en ville ; mais aussi par les ouvriers du bâtiment, qui rencontraient là les éventuels entrepreneurs à la recherche de bras pour un chantier en cours, ainsi que des acolytes qui les tenaient informés du marché du travail. Dès lors, faire la grève, être en grève, signifiait jusqu’alors qu’on était à la recherche d’un emploi. Et il fallut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour que le terme glisse vers son acception actuelle, lesdits ouvriers se retrouvant en place de Grève quand il s’agissait de se réunir pour faire valoir un droit, une revendication.

 

 

 

 

La berge.

 

La grève étant sujette, naturellement, aux caprices des eaux, il fallut s’en préserver en assurant des bords fluviaux aussi pratiques qu’utiles. Des aménagements vieux comme le monde puisque chez les Egyptiens, les Indiens, et tous les peuples de l’Antiquité, on trouve ces berges relevées ou escarpées, voire dressées en contrebas grâce à un talus, que l’homme n’a jamais cessé de stabiliser avec des moyens plus ou moins de fortune. Sans compter que la navigation commerciale d’alors imposait les chemins de halage, utiles au passage des animaux de trait chargés de faire remonter le courant aux embarcations. Des chemins de halage qui disparaîtront avec l’avènement du moteur, même si aujourd’hui la reprise d’une navigation, cette fois de plaisance, les a remis au goût du jour.

 

 

 

Le quai.

 

Aboutissement de la construction en bordure d’eau, le quai a connu d’innombrables avatars depuis les temps immémoriaux ; que ce soit l’embarcadère que les Egyptiens prévoyaient dans le tombeau de leur pharaon afin qu’il rejoigne sans encombre Osiris, ou les marches de pierres de taille hindoues qui facilitaient les ablutions des fidèles dans le fleuve sacré, ou encore les lieux d’échange de marchandises dont tous les peuples de la Méditerranée se faisaient une spécialité.

 

 

 

Des édifices évidemment connus en France d’autant que ces quais retenaient l’eau de nos innombrables fleuves en cas de cru, comme le comprit Philippe le Bel au début du XIVe siècle qui fit construire le premier quai de la capitale. Des maçonneries à vocation utilitaire bien entendu, mais qui devinrent, au fil du temps, des lieux de promenades appréciés des citadins, ce qui leur valut des aménagements de plus en plus élaborés jusqu’au fameux Paris-Plage. En notant que de nombreuses villes adoptèrent le principe d’un double aménagement avec deux rangés de quais en contrebas, les quais inférieurs étant souvent appelés, à tort, des berges.

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