Les édifices religieux historiques de la France : de Abbatiale à Chapelle. (1/3)

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Les édifices religieux historiques de la France : de Abbatiale à Chapelle. (1/3)
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En ces périodes de laïcité portée en étendard, nul ne semble s’émouvoir de la vente des biens immobiliers de l’Eglise catholique, pourtant antérieurs à la loi de 1905 et que cette dernière interdit… en théorie. Même si, juridiquement, rien ne s’oppose à la vente de n’importe quel édifice religieux pour peu qu’il ne serve pas à l’exercice du culte. D’où l’intérêt de connaître et l’historique et l’étymologie de ces bâtiments ecclésiastiques.

En ces périodes de laïcité portée en étendard, nul ne semble s’émouvoir de la vente des biens immobiliers de l’Eglise catholique, pourtant antérieurs à la loi de 1905 et que cette dernière interdit… en théorie. Même si, juridiquement, rien ne s’oppose à la vente de n’importe quel édifice religieux pour peu qu’il ne serve pas à l’exercice du culte. D’où l’intérêt de connaître et l’historique et l’étymologie de ces bâtiments ecclésiastiques.

 

 

Abbatiale.

 

Un adjectif qui, originellement, définit tout ce qui appartient à un abbé ou à une abbesse, comme une maison ou des fonctions abbatiales. Une église qui pouvait être abbatiale, donc, si elle était soumise à l’autorité d’un abbé, pour se transformer, au fil du temps et par paresse sémantique, en abbatiale tout court. Ce qui n’est pas loin d’aboutir à une abbaye, vous en conviendrez, si ce n’est que cette abbatiale ne décrit que l’église qui se trouve à l’intérieur d’une abbaye. Nuance…

 

 

 

Abbaye.

 

L’abbaye, tout comme le monastère d’ailleurs, désignait à l’origine une communauté religieuse avant de décrire le bâtiment qui l’abritait. Et, en l’occurrence, des hommes, ou des femmes, dirigés par un abbé ou une abbesse. Un mot qui apparut à la fin du XIe siècle, sous la forme abbeie, empruntée au latin ecclésiastique abbatia lui-même dérivé du latin, et du grec, abba qui signifie père et qui nous a donné abbé. Tout s’explique… Une abbaye qui pouvait contenir un cloître, une église, la maison de l’abbé et les pièces communautaires comme le réfectoire, les dortoirs, la bibliothèque et les salles d’accueil des pauvres pour la distribution des aumônes.

 

 

Baptistère.

 

Le baptistère est le lieu du baptême, un édifice souvent situé à l’écart de l’église proprement dite, et de grandes dimensions car la cérémonie s’effectuait aux temps jadis par immersion totale, ce qui impliquait un grand bassin ; sans compter que le bâtiment devait se montrer digne de l’évêque qui, initialement, présidait cette cérémonie. Un baptistère qui appartenait forcément à une église importante, voire cathédrale, les églises du tout-venant se contentant d’un humble bassin dans la chapelle, les fonts baptismaux. Ce qui explique que les baptistères, bâtiments isolés à l’origine, restent une rareté.

On trouve le vocable baptistère dès le XIIe siècle, emprunté au latin chrétien baptisterium, synonyme de fonts baptismaux, qui désignait originellement la piscine, un lieu destiné à la natation, en latin impérial au début de notre ère.

 

 

 

Basilique.

 

La basilique est un des rares édifices religieux qui se distingue par son architecture et non par son ordre canonique, en l’occurrence un bâtiment à trois nefs comme l’étaient les basiliques préchrétienne. Car à l’origine, la basilique, un mot emprunté au grec basilias (le roi) via le latin basilica, de même sens, est d’abord un palais royal puis le lieu de réunion de sénateurs et de magistrats romains qui y rendaient droit et justice, mais aussi d’autres usages publics comme le commerce ou la simple promenade. Et n’a donc aucun rapport avec la religion. Si ce n’est que la foi chrétienne enfin admise par la grâce de l’empereur Constantin (en 313), certaines basiliques romaines furent reconverties en église vers le Ve siècle ; avant que de nouvelles basiliques soient construites selon le même plan. Par ailleurs, au fil du temps, certaines églises qu’on disait principales reçurent du pape le titre honorifique de basilique.

 

 

Calvaire.

 

Dans son acception initiale, il s’agissait d’un mont-calvaire, autrement dit un chemin de croix et d’édicules dédiés à la prière, menant à une croix, ou à une église. Ce qui finira par désigner un monticule surmonté d’une croix en référence au lieu de crucifixion de Jésus-Christ. Et dont l’étymologie n’étonnera personne puisqu’il s’agit du latin calvaria, le crâne, puisqu’on peut imaginer qu’un certain nombre d’ossements jonchaient ces lieux de tortures et de mises à mort, à moins que le mont Golgotha n’eut la forme d’un crâne. Une scène de la Passion qu’on trouve dans de nombreuses chapelles ce qui, par métonymie, finit souvent par désigner celles-ci.

 

 

 

Cathédrale.

Initialement, on disait église cathédrale car elle dépendait d’un évêque (car la cathèdre est la chaire épiscopale et que cathedra en latin signifie chaise à dossier, ou chaire d’un professeur). Autrement dit, la cathédrale est tout simplement une église épiscopale. Evidemment, même si par la suite elle n’était plus chaperonnée par un évêque, elle en conservait l’appellation. Un adjectif qualificatif qui deviendra substantif par facilité de langage au XVIIe siècle.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cathédral ne qualifiait pas forcément les églises les plus grandes, du moins jusqu’au XIIIe siècle quand l’Eglise dut afficher sa toute puissance face à un pouvoir féodal un peu trop dominant à son goût.

 

 

 

Chapelle.

 

Tout lieu consacré à Dieu peut être une chapelle. Qui définit ainsi un lieu de culte qui n’a pas le statut d’église, notamment quand elle est partie d’un édifice, public ou privé, comportant un autel, et qui peut être un habitat particulier, un château, mais aussi un hospice, une prison, un collège, un monastère. A noter qu’on appelle également chapelle les autels secondaires voué à un saint particulier à l’intérieur d’une église.

L’histoire du vocable se montre plutôt tourmentée puisque, à l’origine, le latin médiéval capella désigne la relique du manteau que Saint-Martin avait partagé avec un pauvre, pieusement conservée à la cour des rois Francs, que l’ancien français a transformé en chape ou cape ; puis, par extension, le vocable désigna l’oratoire du Palais-Royal dans lequel le trésor des reliques royales était conservé. Qui par extension, désigna tout lieu consacré au culte en un quelconque endroit, sorte d’église secondaire sans droits paroissiaux qui peut être un bâtiment isolé ou située au sein d’un autre bâtiment.

 

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