Les avatars actuels et passés du soupirail

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Les avatars actuels et passés du soupirail
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Cette ouverture qui donne de l’air et un peu de lumière à une pièce en sous-sol, on l’a appelée jour-de-terre, abat-jour, fenêtre de cuisine-cave ou encore saut-de-loup, et pourtant, aujourd’hui, on ne lui connaît plus que soupirail. Signe d’un temps où la poésie lexicale ne fait plus recette mais où l’orthographe y a gagné une exception avec le pluriel soupiraux.

Cette ouverture qui donne de l’air et un peu de lumière à une pièce en sous-sol, on l’a appelée jour-de-terre, abat-jour, fenêtre de cuisine-cave ou encore saut-de-loup, et pourtant, aujourd’hui, on ne lui connaît plus que soupirail. Signe d’un temps où la poésie lexicale ne fait plus recette mais où l’orthographe y a gagné une exception avec le pluriel soupiraux.

 

 

Une chose est sûre, il ne s’agit pas d’une simple bouche d’aération mais d’un véritable élément d’architecture qui a connu son heure de gloire.

 

D’un point de vue étymologique, notre soupirail est à l’évidence un dérivé du verbe soupirer au sens d’exhaler, de laisser échapper de l’air, ce qui semble parfaitement correspondre à sa fonction première ; à savoir une circulation d’air entre l’extérieur et l’intérieur, un mot attesté depuis le XVe siècle sous la forme souspirail.

 

 

 

Un usage souterrain.

 

Même si cela peut sembler une lapalissade, rappelons qu’un soupirail ne saurait exister en l’absence d’une cave ou, à tout le moins, d’un sous-sol. Faute de quoi il s’agira d’une fenêtre, d’un regard, d’une embrasure quelconque mais certainement pas d’un soupirail ; même si le terme fut parfois employé pour désigner une baie pratiquée au sommet d’une voûte comme on en trouve sur les aqueducs mais qu’il serait peut-être plus juste d’appeler puisard.

 

Autre préalable à l’existence d’un soupirail, sa fonction d’éclairage et d’aération d’un lieu habitable, ce qui le distingue de la simple ventilation d’un vide sanitaire ! Il ne saurait donc s’agir d’un banal trou percé mais d’une véritable baie pratiquée dans l’épaisseur du mur de fondation.

 

 

 

 

Une architecture diversifiée.

 

D’autant que ce dernier, selon les époques et les régions, a répondu à de nombreuses normes esthétiques et techniques, avec un percement en glacis (en oblique) depuis l’extérieur du bâtiment, bénéficiant d’une vraie maçonnerie et d’un encadrement plus ou moins orné, qui ont forcément obéi à l’architecture de l’édifice. Sans compter que sa fermeture par un volet de pierre ou de bois, une grille de défense, un treillis de briques, ou du fer forgé, lui a conféré au fil du temps mille et un aspects.

 

Vous aurez compris qu’on le trouve dans les constructions de toute l’échelle sociale même si les grandes demeures bourgeoises où les pièces de service se trouvaient autrefois en demi sous-sol, les pièces de réception se situant légèrement surélevées par rapport à la chaussée, en sont de remarquables démonstrations.

 

 

 

Les déclinaisons du soupirail.

 

Que ce soit dans sa fonction d’aération ou d’éclairage, le soupirail a connu de nombreux avatars aux appellations plus ou moins poétiques. Ainsi, le jour-d’en-haut qui, comme son nom l’indique, reprend le principe du soupirail, à savoir une lumière provenant d’une baie située en haut de la pièce : ce peut donc être un soupirail bien sûr, mais aussi une lucarne faîtière, une galerie. En fait, toute source de lumière provenant du sommet d’une pièce, à l’image d’un dôme translucide, peut se décrire comme un jour d’en haut (avec ou sans traits d’union).

 

En revanche, quand l’ouverture ne se fait plus dans le mur extérieur mais débouche dans le sol, devant le bâtiment, on parle alors d’un jour-de-terre. De la même façon, à une certaine époque, on éclairait certaines pièces souterraines grâce à une pierre percée, une grille ou un treillis, qu’on appelait vue-de-terre.

 

 

 

L’abat-jour.

 

Bien avant de constituer la partie supérieure de nos lampes de chevet, l’abat-jour était une forme de soupirail, une baie en pente et en biseau, le plus souvent conçue de façon à éclairer un endroit particulier de la pièce : une table de travail par exemple ou, dans une église, pour diriger les rayons du soleil sur la nef. Dans certains cachots, aussi, cet abat-jour permettait de donner le minimum de clarté en un endroit précis sans que le prisonnier ne puisse voir à l’extérieur.

 

En fait le vocable abat-jour est un raccourci populaire pour divers types de jours-d’en-haut comme la fenêtre en abat-jour, le vitrail ou encore le soupirail. Ce que démontre la graphie abajour, parfaitement synonyme. En notant toutefois que cette ouverture ne s’applique pas forcément à un local en sous-sol, ce qui la distingue alors du soupirail proprement dit.

 

 

 

 

 

 

 

Le saut-de-loup.

 

Aujourd’hui, le saut-de-loup recouvre différentes acceptions dont le principe du jour-de-terre, à savoir une aération qui s’effectue au ras du sol et non plus dans un mur.

 

Pourtant, à l’origine, il s’agissait d’un fossé suffisamment large pour ne pas être franchi par un… loup, assurant ainsi la sécurité d’un parc, d’un jardin, sans poser le problème d’une haie qui, forcément, bouche la vue alentour.

 

Mais voilà qui nous a éloignés du soupirail si ce n’est que notre saut-de-loup, au fil des siècles, après avoir désigné un fossé, s’est également appliqué à la petite passerelle, au ponton, enjambant ledit fossé. Puis, par analogie de forme, à ces sortes de périscopes collés à une ouverture d’un mur avec embouchure horizontale pour apporter de l’air à un local souterrain.

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