Les atouts de l'éco quartier aujourd'hui

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Les atouts de l'éco quartier aujourd'hui
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Le Grenelle de l’environnement a modifié la perception de la construction, les modes de fonctionnement, les modes de vie changent, les quartiers se transforment. Les élus, les aménageurs et les promoteurs cherchent à mettre en action un urbanisme durable, respectueux de l’environnement.

Le Grenelle de l’environnement a modifié la perception de la construction, les modes de fonctionnement, les modes de vie changent, les quartiers se transforment. Les élus, les aménageurs et les promoteurs cherchent à mettre en action un urbanisme durable, respectueux de l’environnement.

La mise en œuvre des éco-quartiers a pour objectif de renforcer la présence de la nature dans la ville, favoriser la mixité, promouvoir une architecture bioclimatique, développer l’utilisation des énergies renouvelables, améliorer les modes de mobilité via les transports en communs, des circulations plus douces (vélo, moins de voiture, favoriser le covoiturage).

Chaque éco-quartier est conçu et adapté en fonction de la spécificité du site et des attentes des populations qui peuvent varier d’un lieu à un autre. A ces paramètres, il faut ajouter un point important, l’optimisation de l’appropriation du quartier par ses habitants.

La construction d’un éco-quartier exige l’existence d’un partenariat très fort et indispensable avec les collectivités locales (transport public, traitement des déchets, gestion de l’eau…), les partenaires sociaux (crèche, garderie, maison de retraite...) et les associations (culturelles, sportives) pour favoriser la convivialité du quartier.

Pascale Poirot, Présidente du Syndicat national des aménageurs lotisseurs (Snal), nous précise « L’éco-quartier est un concept qui aura été plus fortement anticipé par les différents acteurs de la ville et les constructeurs, afin de bien intégrer les parkings en sous sol, la géothermie, les tuyaux d’acheminement pour les vide ordure, etc., ce quartier aura des voies de déplacement, des espaces conviviaux, des espaces verts, des parcs. »

Pascale Poirot ajoute « vous savez le concept de l’éco-quartier existe depuis des années, disons qu’en 2008 on a commencé à mettre une étiquette aux constructions, aux rénovations qui répondaient à certains critères du Développement durable, mais cela ne veut pas dire qu’aucune des constructions précédentes ne corresponde à ces paramètres. Même si sa définition exacte est encore à trouver, l’éco-quartier n’est pas un lieu où l’on « empile » des bâtiments répondant à des normes Haute qualité environnementale (HQE), c’est surtout, un quartier qui a une véritable relation avec l’existant, qui est proche d’un lieu de vie (commerce, écoles, etc.) qui en est relié par des transports doux, vélo, navette électrique... »

De son côté, Stéphane Leprêtre du groupe Nexity-Foncier Conseil, trouve que « le sujet a été un peu galvaudé, utilisé à toutes les sauces, cela fait plus de 15 ans que Nexity développe ce type de lotissement, l’un des premiers aspects que Nexity a abordé, à part bien sûr l’optimisation de la performance du bâti, c’est le traitement des eaux, avec l’aménagement d’un étang pour la récupération des eaux fluviales et son recyclage.

Nous avons aussi privilégié la mise en place de voierie mixte, la valorisation et la préservation des sites, en conservant les espaces verts. Nos voisins d’Europe du Nord et de l’Est (Belgique, Hollande, Danemark…) sont déjà coutumiers de ces modes de construction, et sont plus sensibilisés au respect de l’environnement ».

Stéphane Leprêtre précise « Notre prochain objectif est d’arriver à des bâtiments passifs, mais nous n’en sommes pas encore là… Pour l’éco-quartier beaucoup de choses sont actées dans la construction, la bonne orientation des bâtiments, les matériaux à privilégier, préserver un espace vert, améliorer les cours d’eau, créer des espaces favorisant les échanges. Ces lieux ne sont pas forcément consommateur d’espace supplémentaire, car nous allons construire de façon plus dense, tout en privilégiant la fonte du bâti dans le paysage. Bien sûr pour habiter dans ces quartiers il est bon d’avoir une sensibilité environnementale… »

Les atouts d’un éco-quartier…

- Point indispensable la jonction, le lien avec un tissu urbain existant (commerce, école, transport, etc.)

- Un bâti bénéficiant de dispositif optimisant les économies d’énergie, pensé pour favoriser une faible consommation énergétique, avec une performance minimum BBC,

- L’isolation des façades, la ventilation, le traitement des toitures parfois panneaux solaire ou végétalisé, la régularisation de la gestion des eaux de pluie, etc.

- La récupération des eaux pluviale facilitée par des infiltrations orientées et redirigées vers des bassins de recyclage (moins onéreux que les installations précédente, tuyaux…)

- Le photovoltaïque peut être utilisé pour l’éclairage des espaces publics, des espaces communs,

- la biothermique pourra être effectuée en fonction des résultats de l’analyse des sols, certains sites ne permettent pas cette option.

- Une bonne orientation des appartements, idéalement traversant, double expositions, pièce à vivre au sud, pièce d’eau au nord,

- Une urbanisation favorisant l’appropriation du quartier, harmonisation de l’espace entre l’architecture du bâti et les espaces verts, la présence de roseaux (connu pour leur bien fait d'auto-épuration naturelle)

- L’éco-quartier doit rimer avec qualité de vie, diversité d’usage, en intégrant la place de l’enfant, des personnes âgées, de commerces, d’espaces de promenade…

- Une hiérarchisation des voies de circulation, voierie mixte piétons - pistes cyclables, une circulation en « mode doux » sera privilégiée.

- Présence de transports en commun très proche, des stationnements en sous sol pour limiter la place de la voiture dans le quartier,

- Le Respect de la biodiversité de la faune et de la flore existante, - etc.

L’éco-quartier idéal…

Pour Nexity-Foncier Conseil c’est « un quartier qui s’intègre dans la continuité de l’existant, qui fonctionne de façon autonome. Aujourd’hui nous pouvons dire que techniquement nous savons faire, mais le volet, et pas des moindres, est d’intégrer dans ses habitudes de vie des « éco-gestes », cela n’est pas évident, pour exemple nous pouvons prendre le changement de comportement face à l’utilisation de la voiture, en optant plutôt pour un déplacement à pied, à vélo, ou via les transports en communs.

Autre exemple, l’acquisition du reflexe pour le tri des déchets, etc. cela n’est pas encore intégré dans nos modes de fonctionnement…»

L’éco-quartier idéal de Pascale Poirot, « Ce serait une exploitation plus importante de tous les déchets, avec un recyclage possible sur site, pour cela il nous faut anticiper ces nouveaux modes de production et prévoir des emplacements pour ces espaces. Sans oublier, qu’un éco-quartier est l’affaire de tous, chaque maillon de la chaine doit mettre en place ces nouveaux modes d’utilisation sinon cela ne fonctionne pas.

Il faut expliquer, montrer le bien fondé des actions à l’utilisateur final, il faut optimiser l’appropriation du site par tous les acteurs, on peut imaginer la rédaction d’une charte pour chaque éco-quartier avec des animations ponctuelles mettant en avant le bien fait de ses gestes quotidien ».

Monsieur Leprêtre complète en précisant « Pour accompagner l’utilisateur nous remettons aux acquéreurs, aux futurs locataires l’ouvrage intitulé Eco citoyen au quotidien, de Jérôme Chaib et Jean Paul Thorez édité chez Sang de la Terre. Cet ouvrage reprend nos thèmes : gestion de l’eau, économie d’énergie, déchets écoproduits, bruit, jardinage, haies, vie de quartier… »