Le Stuc.

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Le Stuc.
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Comme de nombreux matériaux qui sont le résultat d’un mélange, le stuc a recouvert, au fil des siècles, bien des significations ou, plus précisément, divers assemblages. Si, au XVIIe siècle, il s’agissait d’une alliance de poudre de marbre et de chaux, on lui ajoutait deux cents ans plus tard de la craie pour, finalement, le composer essentiellement de plâtre.

Comme de nombreux matériaux qui sont le résultat d’un mélange, le stuc a recouvert, au fil des siècles, bien des significations ou, plus précisément, divers assemblages. Si, au XVIIe siècle, il s’agissait d’une alliance de poudre de marbre et de chaux, on lui ajoutait deux cents ans plus tard de la craie pour, finalement, le composer essentiellement de plâtre.

Jusqu’à le confondre au staff puis l’assimiler, sans vergogne aucune, à toute décoration factice. Une longue pente sinueuse qui a tué, lentement mais sûrement, le vrai sens du terme. Etymologiquement, le mot a été emprunté à l’italien stucco, une sorte d’enduit, lui-même issu du germain stukki ou stück. Rien de bien passionnant, certes, si ce n’est la notion de liant qui lui est formellement attachée.

Un enduit à tout faire.

Dès l’Antiquité, on sait utiliser cet enduit composé de poussière de marbre ou de toute autre pierre de calcaire mêlé à de la chaux éteinte et parfois à du travertin. Ainsi les Egyptiens en recouvraient-ils leurs édifices, dont certaines pyramides, afin de masquer les raccords entre les pièces de maçonnerie et offrir une surface la plus lisse possible avant peinture des fresques. Une technique que reprendront les Grecs, puis les Romains, mais qui l’adaptèrent avec les matériaux dont ils disposaient et qui pouvaient n’avoir plus qu’un lointain rapport avec le marbre.

Une technique qui devient un art.

Une technique qui vint jusqu’à nous grâce à la conquête de la Gaule par César, même si le stuc verra son usage s’éteindre au Moyen-Age pour resurgir au XIVe siècle en Italie et enfin s’imposer à la Renaissance avec, notamment, Le Rosso et Le Primatice appelés par François Ier pour décorer le château de Fontainebleau.

Le stuc qui connut son apogée à l’époque baroque et rococo, que ce soit au Louvre à Paris, au Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, ou encore à Versailles dans les appartements de Louis XIV notamment La gravure et la sculpture du stuc étaient alors devenues un art à part entière. Evidemment, son usage ne se limitait pas à l’Occident ; les arts islamiques et indiens en firent la démonstration tout au long de leur histoire mais la place nous manque ici pour traiter le sujet .

Les techniques de préparation.

Pour obtenir un rendu qui s’apparente à l’aspect du marbre et à son poli, on utilisait un mélange de plâtre et de pierre calcaire, particulièrement fin, dissous dans de l’eau et de la colle (de poisson ou de gomme arabique), pour recouvrir le plâtre grossier préalablement étendu sur le mur. On tentait alors d’imiter les stries aléatoires du marbre en colorant cette préparation avant de polir le résultat, une fois séché, avec une pierre dure et de l’eau, à la manière du marbre. Pour faire simple, le stuc permettait de reproduire l’effet du marbre dans un matériau bon marché et facile à travailler. A telle enseigne qu’on n’hésitait pas à qualifier le stuc de faux-marbre !

Comme souvent, l’appellation de l’enduit a glissé vers le motif décoratif fait de cette même matière. Et c’est ainsi qu’on évoquera « les stucs d’une pièce » en faisant référence aux décorations plâtrières qui la parent.

Le staff

Mais la Révolution française allait interrompre cette belle histoire car, faute de moyen, on se devait de rechercher des matériaux moins coûteux et plus simples à travailler. On commença par mélanger du papier de soie bouillie à de la colle et du blanc de Meudon (de la craie, donc), n’hésitant pas à prévoir une armature en fil de zinc le cas échéant ; ce qu’on appellera le carton-pierre sorte de papier mâché. Puis vint l’idée d’utiliser une armature de fibre végétale (sisal, jute, chanvre), permettant ainsi de donner à ce mélange de pierres réduites en poudre et/ou de plâtre, pratiquement n’importe quelle forme, d’une simple décoration d’intérieur aux décors d’un théâtre, autorisant toutes sortes de moulures et de sculptures, mais aussi rosaces, colonnes, pilastres, cheminées...

A cette facilité de moulage s’ajoutait par ailleurs la modicité du coût de revient, ce qui fit du staff le matériau de prédilection dès la fin du XIXe siècle. Un vocable dont l’étymologie reste obscure, peut-être emprunté au mot allemand staffieren (garnir, orner) ou au vieux français estophe (matière). Mais rien n’est moins sûr…

Stuc et staff en stock.

On a vu qu’au fil du temps le stuc avait recouvert diverses réalités puisque d’un mélange de poudre de marbre et de chaux, on était parvenu à l’utilisation d’un simple ciment qui reproduisait l’esthétique veinée du marbre, jusqu’à désigner un motif de décoration fait de plâtre. Une technique qu’on ne conservera, aux temps modernes, que pour les décorations de taille réduite (moulures, encadrements), réservant le staff aux compositions plus importantes.