Le lit, une histoire de tout repos.

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Le lit, une histoire de tout repos.
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Meuble inhérent à la condition humaine qui exige un repos quotidien, le lit a connu de nombreux avatars tout au long de notre histoire, depuis l’amas de feuilles éparses servant de couche à l’homme préhistorique jusqu’au waterbed cher aux Américains en passant par le convertible de nos habitats modernes. Comme on fait son lit on se couche, dit l’adage, rendant ainsi compte d’une réalité toute prosaïque : rien ne vaut un bon lit.

Meuble inhérent à la condition humaine qui exige un repos quotidien, le lit a connu de nombreux avatars tout au long de notre histoire, depuis l’amas de feuilles éparses servant de couche à l’homme préhistorique jusqu’au waterbed cher aux Américains en passant par le convertible de nos habitats modernes. Comme on fait son lit on se couche, dit l’adage, rendant ainsi compte d’une réalité toute prosaïque : rien ne vaut un bon lit.

 

 

Si l’étymologie des mille et un synonymes de ce mobilier cher à notre confort, notamment dans le monde populaire avec pieu, pageot, dodo, n’est pas forcément évidente, celle de lit ne souffre guère de discussion, à savoir le latin lectus de même sens ; ce qui explique qu’on l’orthographiait parfois, aux temps anciens, lict.

 

 

Se mettre au lit.

 

Passons rapidement sur les couches rudimentaires de l’homo sapiens, simple litière, pour entrer dans l’Histoire avec l’ancienne Egypte qui connaissait le lit avec son cadre et son sommier, en l’occurrence de simples sangles de cuir. Et dont l’ensemble était surélevé pour échapper aux bestioles en tout genre, moutons inclus. Que les Grecs améliorèrent en utilisant d’autres matériaux comme le bronze mais au confort somme toute spartiate ; on connaît le fameux lit d’olivier autour duquel Ulysse construisit sa chambre à coucher.

 

De leur côté, les Romains, largement héritiers des Etrusques, ne se souciaient guère de leur literie, du moins aux premiers siècles de la fondation de Rome ; une paillasse et une peau de bête suffisaient bien. Mais cela s’affina au fil du temps grâce à la splendeur de l’Empire avec des châlits de bois nobles (ébène, cèdre, citronnier), parfois d’ivoire et d’argent, avec des matelas de laine, de plume et de duvet, des lits souvent surélevés au point de nécessiter un escabeau pour s’y coucher… Bref, un confort quasi décadent.

 

 

 

Assis dans son linceul.

 

En France, dès le XIIe siècle, on place le lit au milieu de la chambre quand elle existe, autrement dit chez les nobles et riches bourgeois. Et avec toutes les commodités qu’on peut imaginer aujourd’hui : un cadre en métal mais de plus en plus souvent en bois, un matelas de paille et de plumes parfois posé sur un coffre, un chevet à sa tête, caché par des courtines (rideaux) suspendues au mur ou au plafond, traversins et oreillers à foison et, bien sûr, draps et couvertures en notant qu’on disait linceul pour une toile de lin qui deviendra peu à peu drap de lit puis drap. Des lits pas très larges même s’ils étaient souvent partagés. Est-il utile de rappeler que l’on ne dormait pas allongé mais pratiquement assis comme l’attestent les innombrables vignettes d’époque et surtout la longueur des lits ?

 

 

Dans le plus simple appareil.

 

Vous imaginez bien que tout cela ne valait que pour les nantis, la plèbe se débrouillant avec les moyens du bord, méchante couche faite d’étoffes grossières, plus ou moins garnie de paille, aux dimensions imposantes non par confort mais parce qu’elle était partagée par tous les membres de la famille. Un partage qui n’était d’ailleurs pas réservé aux pauvres puisque les chevaliers, habitués à mettre en commun une même couche en temps de guerre, en conservaient l’habitude quand ils recevaient leurs frères d’arme en leur demeure.

 

Ainsi, raconte-t-on que François 1er lui-même dormait avec son favori, Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet, en tout bien tout honneur. Autrement dit, dormir ensemble était signe de confiance et d’amitié. Quoiqu’il en soit, riches et pauvres se couchaient dans le plus simple appareil, de façon à conserver une chaleur humaine réconfortante.

 

 

 

Tentures et baldaquins.

 

Dès le XIVe siècle, les lits comportaient deux draps, le premier posé sur le matelas, l’autre sous la couverture, comme cela a perduré jusqu’à nos jours. Et peu à peu on prit l’habitude de reléguer son lit dans une alcôve pour préserver son intimité. Mais en cas de visite, on déplaçait le lit dans la pièce principale de la maison même si les plus riches disposaient d’une avant-chambre, également dotée d’un lit, cette fois de parade, pour recevoir les visiteurs. Des lits qui s’agrémentaient de baldaquin, cette espèce de dais posé sur des colonnes et garni de tentures, qui couronnait le couchage. A la Renaissance apparurent dans certaines régions, des singularités comme les lits clos des Bretons ou les lits armoires du Poitou et de l’Auvergne qui non seulement préservaient quelque peu l’intimité mais conservaient une chaleur rare en l’absence de tout chauffage.

 

 

Les temps modernes.

 

Avec la Révolution, le lit recouvra sa fonction uniquement utilitaire et on privilégia surtout le confort. Peu à peu, il s’individualisa avec le lit conjugal fortement conseillé par l’Eglise, et le couchage des enfants hors de la chambre parentale. La révolution industrielle surviendra à point nommé pour accompagner ce mouvement avec des matelas en latex qui remplacèrent peu à peu les modèles en laine, puis les matelas à ressort à la fin du XIXe siècle. Enfin, la notion d’appartement avec des pièces dédiées à un usage spécifique conduisit, après guerre, à l’ameublement des chambres avec un choix toujours plus grand parmi les literies disponibles sur le marché.

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