Le couvreur, un polytechnicien du bâtiment

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Le couvreur, un polytechnicien du bâtiment
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Métier phare du bâtiment avec le maçon et le charpentier, le couvreur a su maîtriser, au fil des siècles et des usages locaux, des techniques extrêmement diverses. Une évidence quand on sait le nombre impressionnant de types de couvertures ayant existé, dont la chaume, la tuile, l’ardoise, la lause ne sont que quelques exemples connus de tous…Et, bien sûr, à chaque technique correspondait le vocable qualifiant l’artisan chargé de bâtir ou de réparer les toitures : chaumier, bardeautier, escailier, lavier, lauseur, j’en passe des plus typiques.

Métier phare du bâtiment avec le maçon et le charpentier, le couvreur a su maîtriser, au fil des siècles et des usages locaux, des techniques extrêmement diverses. Une évidence quand on sait le nombre impressionnant de types de couvertures ayant existé, dont la chaume, la tuile, l’ardoise, la lause ne sont que quelques exemples connus de tous…Et, bien sûr, à chaque technique correspondait le vocable qualifiant l’artisan chargé de bâtir ou de réparer les toitures : chaumier, bardeautier, escailier, lavier, lauseur, j’en passe des plus typiques.

 

 

Ne perdons pas un temps précieux avec l’étymologie du vocable qui est un simple dérivé du verbe couvrir, lui-même emprunté au latin cooperire de même sens, ce qui constitue, somme toute, l’œuvre du couvreur qui coiffe les combles d’un bâtiment et forme ainsi sa toiture. Et, comme disait Coluche, parlons de toit…

 

 

 

 

Associé au maçon et au charpentier.

 

A la différence de nombreuses autres corporations de gens de métier, autrement dit ces associations de professionnels de défense… corporatiste, on sait peu de chose sur les couvreurs. Parfois associés aux maçons, parfois aux charpentiers, ils n’ont formé leur propre guilde qu’au tout début du XVIIIe siècle même s’ils ont toujours obéi, comme leurs confrères du bâtiment, aux règles du compagnonnage. Et ce jusqu’à la Révolution quand la liberté d’exercer un métier fut établie, signant de facto la fin de ces corporations au sens strict du terme et non dans son acception actuelle.

 

 

 

Un artisan enfin reconnu.

 

Bien que rien ne le démontre formellement, il semble que les couvreurs, aux temps jadis, ne bénéficiaient pas de l’aura de leurs compagnons charpentiers avec lesquels, pourtant, ils finiront par former des coteries, des artisans fiers de leur travail sur les hauteurs des bâtiments. D’ailleurs, le vocable couvreur n’est pas attesté avant le XIIIe siècle, parfois sous la graphie couvreres puis couvreux. Peut-être parce qu’ils n’interviennent qu’après l’ouvrage des autres artisans ou plus certainement parce qu’ils ne fabriquent rien, se « contentant » de disposer des éléments qui formeront couverture.

 

Ce n’est qu’au XIVe siècle qu’ils recevront des statuts publics qui organiseront la profession en maîtres-couvreurs, compagnons et apprentis. Mais surtout, ces statuts les protégeaient en interdisant aux maçons et aux charpentiers d’œuvrer à la couverture sous peine d’astreinte, comprenez : une amende.

 

 

 

 

Des techniques multiples.

 

Ce qui ne les empêchait pas de maîtriser toutes sortes de techniques, œuvrant au fil des siècles avec des matériaux aussi divers que les tuiles de bronze ou de plomb, la chaume et autres fougères, les pierres de toutes sortes ou les tuiles.

 

Ainsi, on trouvait les lauseurs typiques des régions montagneuses où l’on accédait aisément au matériau de base, la lauze, autrement dit une plaque de pierre qui peut être de nature volcanique en Auvergne (on les appelle alors laves, posées par des laviers), calcaires dans les causses et en Périgord, voire de schiste dans les Cévennes. Ou bien les chaumiers attachés aux toits de chaume même si depuis les temps reculés les paysans se fabriquaient eux-mêmes leurs couvertures de chaume à l’aide de roseaux ou de paille. Ou encore les bardeautiers qui affinèrent une technique pourtant simple que les manants utilisaient couramment, qui consiste à protéger la charpente avec des planchettes de chêne, de châtaignier, de sapin, bref du bois disponible localement ; des tuiles de bois aux appellations aussi diverses que essentes, esseurions, bardeaux, aisseaux, aissantes. Et enfin les couvreurs d’ardoises qu’on dénommait escailier, scailteux ou scalteur dans le Nord, par analogie des tuiles d’ardoise aux écailles de poisson.

 

 

 

 

Le plombier-zingueur.

 

On ne le sait pas forcément mais la plomberie, à l’origine, ne consistait pas à équiper des salles de bains et autres sanitaires, mais à travailler le plomb qui était alors battu ou fondu pour couvrir les édifices et protéger toutes les parties de la charpente éventuellement soumises aux intempéries. Une technique fort répandue à l’époque mérovingienne et au Moyen-Age notamment, directement héritée des Romains et qui se poursuivra jusqu’à la Renaissance. Les plombiers seront donc heureux d’apprendre qu’initialement ils étaient… couvreurs ! Dont il reste aujourd’hui trace avec la profession de plombier-zingueur qui pose descentes, gouttières, raccords de cheminées, gaines, en utilisant toutes sortes de matériaux métalliques : zinc, bien sûr, mais aussi cuivre, inox, aluminium, acier...

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