Le Bureau.

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Le Bureau.
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Dans un monde où l’informatique personnelle a pris une place prépondérante, avec ce que cela implique de place nécessaire pour loger le meuble supportant l’ordinateur et les inévitables périphériques afférents, il semble que de plus en plus de Français réservent une place de leur logement à cette activité, que ce soit dans un coin de la salle de séjour ou dans une pièce spécifiquement dédiée.

Dans un monde où l’informatique personnelle a pris une place prépondérante, avec ce que cela implique de place nécessaire pour loger le meuble supportant l’ordinateur et les inévitables périphériques afférents, il semble que de plus en plus de Français réservent une place de leur logement à cette activité, que ce soit dans un coin de la salle de séjour ou dans une pièce spécifiquement dédiée.

Mais est-il bien juste, en l’espèce, de parler de « bureau » ? Voyons donc qui, du meuble ou de la pièce, l’emportera face aux synonymes cabinet de travail d’une part, et secrétaire d’autre part.

Etymologiquement, l’origine de « bureau », qui transita par la forme burel, semble obscure même si l’on peut légitimement croire la première édition du dictionnaire de l’Académie française, en 1694, qui indique qu’il s’agit d’une forme ancienne de la bure, cette étoffe grossière de laine brune qui reste attachée, dans notre inconscient collectif, à l’habit du moine mais qui formait, en l’espèce, tapis sur la table où l’on comptait l’argent, où l’on posait des papiers pour travailler.

Le deuxième bureau.

Une table qui donnera son nom au lieu où l’on s’assemble pour travailler ; c’est ainsi que « tenir bureau » signifie, dès le XVe siècle, tenir audience. Et ce lieu de travail va en quelque sorte s’officialiser et se décliner au gré des administrations dès le XVIIe siècle, avec le bureau des gabelles (les Douanes), le bureau des Domaines, le bureau des trésoriers de France, etc. On parlera également de bureau pour qualifier l’endroit où les commerçant se réunissent pour traiter les questions de leur profession, sorte de syndicat professionnel avant l’heure.

Au XIXe siècle, il conservera ce même sens administratif mais en s’élargissant aux besoins de l’époque : bureau restant (notre actuelle poste restante) ou le bureau de placement, précurseur du Pôle Emploi puis, de façon plus triviale, le bureau de tabac. Jusqu’à emprunter des formes étonnantes comme le 2e Bureau, ancêtre de nos services secrets.

Un cabinet de travail ou…

Le cabinet (de travail) est un mot à l’origine incertaine, probablement issu de cabine et de cabane même si certains anciens étymologistes le dérivaient du latin cubiculum, la chambre à coucher, ce qui n’a guère de sens en l’espèce.

Dès le début du XVIe siècle, le cabinet désignait une pièce propice à la réflexion, au travail, voire à l’instruction quand il se faisait cabinet d’étude ; pour devenir, un siècle plus tard, le conseil particulier du roi sous l’appellation Le Cabinet du Roy et traverser les époques jusqu’à nos actuels cabinets ministériels.

Au XIXe siècle, une bonne maison a forcément son cabinet de travail, d’étude, de lecture avec son arrière-cabinet qui fait office de bibliothèque. Même si chacun y applique sa propre définition en fonction de ses besoins, de ses envies ; du cabinet de toilette en passant par la cabinet d’affaires ou le cabinet des curiosités et autres collections.

… un secrétaire ?

Connu sous la forme secretarius dès le bas moyen-âge (qui vient du latin secretarium, lieu retiré, dérivé du secretum, secret), le secrétaire apparaît sous sa forme actuelle dès le XIVe siècle, en passant par la forme segrétaire qu’on imagine empruntée à segreier en vieux français (chambre retirée).

Si, à l’origine, le secrétaire était un être de chair, un confident d’abord, puis une personne chargée de rédiger le courrier de quelqu’un, il est rapidement devenu l’endroit où l’on dépose des choses précieuses avant de devenir, quatre cents ans plus tard, un meuble à tiroirs qui sert tout autant de pupitre que de rangement pour ses papiers de valeur. Un secrétaire qui se voulait élégant et qui trouvait sa place aussi bien dans les cabinets de travail que dans les boudoirs.

On notera que sous le premier Empire, il perdit cette notion de luxe pour gagner un aspect purement utilitaire tel qu’on le connaît aujourd’hui. Au final, l’époque contemporaine a consacré le féminin pour l’emploi de la fidèle assistante dactylographe, et le masculin pour le meuble ; à quelques exceptions près au nombre desquelles on peut noter la fonction de secrétaire d’état ou de secrétaire de mairie…

Le bureau des plaintes

De nos jours, considérant la place restreinte qu’occupent les études, le travail, la lecture, au sein d’un habitat commun, on pourrait estimer que l’usage du vocable « bureau » est un trope. Mais ce serait oublier le sens premier du terme, cette table où l’on compte l’argent, où l’on serre ses papiers car aujourd’hui, chaque famille organisée ne dispose-t-elle pas d’un endroit particulier où elle règle les factures, expédie les affaires administratives et courantes, se servant pour cela, le cas échéant, des outils modernes, à savoir un ordinateur ? Qu’il s’agisse donc du meuble installé dans un quelconque recoin ou d’une pièce spécifiquement dévolue à cet usage, le bureau a aujourd’hui, plus que jamais, toute sa vocation à subsister dans les foyers.

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