La superficie métrée de son appartement, une évidence ?

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La superficie métrée de son appartement, une évidence ?
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Quand on pense, ça n’est pas si vieux !, aux difficultés rencontrées par les Français lors du passage du Franc à l’Euro, on entrevoit à peine ce que fut l’adoption du système métrique. Faut avouer que la gageure se révélait de taille : faire fi de centaines de mesures différentes en usage dans notre pays au profit du mètre et du kilogramme, et adopter la numération décimale (à base dix) aux dépens de la duodécimale (à base douze). Une conversion qui ne se fit pas en un jour.

Quand on pense, ça n’est pas si vieux !, aux difficultés rencontrées par les Français lors du passage du Franc à l’Euro, on entrevoit à peine ce que fut l’adoption du système métrique. Faut avouer que la gageure se révélait de taille : faire fi de centaines de mesures différentes en usage dans notre pays au profit du mètre et du kilogramme, et adopter la numération décimale (à base dix) aux dépens de la duodécimale (à base douze). Une conversion qui ne se fit pas en un jour.

 

 

Evacuons rapidement l’étymologie du vocable mètre emprunté au grec metron qui signifie mesure. Sans omettre au passage qu’avant de devenir une mesure linéaire, le mètre, en vieux français, déterminait le nombre de pieds d’un vers. Ainsi, le mètre d’un alexandrin est-il de douze pieds. Mais dépêchez-vous d’oublier cela pour parcourir l’étonnante histoire des mesures, créatrice d’innombrables expressions toujours actuelles : toiser quelqu’un, juger à son aune, une once de vérité, enterré six pieds sous terre, ne pas céder un pouce de terrain….

 

 

Un système anthropométrique.

Si les Romains disposaient d’un système de mesures de longueur très élaboré avec arpent, perche, pas, coudée, pied, pouce et doigt pour en citer quelques-uns parmi la douzaine usitée, un système basé sur le corps humain largement copié sur celui des Grecs, nos ancêtres eurent tôt fait, à la chute de l’Empire, d’en oublier la rigueur, tout comme les mesures antérieurement utilisées par les Gaulois. Bref, restaient ici et là quelques subsistances de ces mesures anciennes, agglomérées aux coutumes locales.  

 

 

Une féodalité arc-boutée sur ses prérogatives.

D’autant que le principe féodal, intronisant la toute puissance des seigneurs régionaux au IXe siècle, induisit la volonté d’un système de mesures propre à chaque seigneurie. Ce qui leur permettait, au demeurant, de taxer à leur aune (c’est le cas de le dire) les marchandises circulant sur leur territoire. Et c’est ainsi qu’au XVIIIe siècle encore, parlait-on de l’aune de Paris, de Troyes, de Bordeaux, aux dimensions sans commune mesure d’une région à l’autre… A ce propos, savez-vous que c’est le point de Paris, soit 6,7 mm, qu’on utilise aujourd’hui encore pour les pointures (d’où le mot !) de nos chaussures ?

 

 

Des mesures hétérogènes.

Aux temps jadis, les mesures de longueur se faisaient en correspondance avec les dimensions de l’homme, ou à l’aide d’anciennes mesures gauloises comme l’arpent (dont la superficie pouvait varier du simple au triple d’une région à l’autre) ou la lieue toute aussi géovariable. Et pour ajouter à cette confusion générale, on n’utilisait pas la même unité pour mesurer les longueurs selon l’objet : ainsi la superficie d’une pièce était-elle mesurée en pieds carrés mais celle du tapis qui en recouvrait le sol se faisait en aunes (comme tous les tissus d’ailleurs). Plus fort encore, les mesures n’avaient pas forcément de lien entre elles, sans correspondance arithmétique simple !

 

 

 

 

 

 

Une volonté révolutionnaire.

Evidemment, pas un roi, pas un empereur des Français, depuis Charlemagne et Charles le Chauve !, qui n’ait tenté de rationaliser et de nationaliser un système cohérent pour tous ; en pure perte, aucun seigneur ne voulant abandonner ses prérogatives en la matière. Il fallut donc attendre la Révolution pour qu’on se préoccupât d’unifier les poids et les mesures.

 

Ainsi, dès 1791, fut-il décidé qu’un mètre serait la dix-millionième partie de l’arc de méridien terrestre entre pôle nord et équateur. Ne restait plus qu’à calculer ce dernier ! Ce qui se fit par triangulation mais réclama près de six années, de 1792 à 1798, la période révolutionnaire ne s’avérant guère propice à ce long travail minutieux sur le terrain, et dont je vous fais grâce du détail mathématique.

 

 

 

 

 

Une numération duodécimale qui perdure.

Mais le bon peuple rencontra bien des difficultés à s’acclimater à ces nouvelles mesures d’autant que des décrets contradictoires firent florès au fil des années. Et puis, il fallait apprendre à diviser par dix et non plus par douze. Une difficulté qui ne fut pas totalement résolue car nous continuons à utiliser ce système duodécimal (cher aux Britanniques) pour les unités de temps par exemple : 12 mois, 24 heures de 60 minutes de 60 secondes, etc. Mais aussi les 12 signes zodiacaux, la douzaine d’œufs ou d’huîtres, le pack de six, etc.

De la même façon, la numération vigésimale, à base vingt, demeurait prégnante, avec le sou, vingtième partie du franc et, pour preuve supplémentaire, nos fameux quatre-vingt et quatre-vingt-dix ! Finalement, ce n’est qu’en 1840 que la loi décréta définitivement l’usage des systèmes métrique et décimal pour tous, sous peine de sanctions très lourdes. Il n’y a donc pas si longtemps !

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