La Pergola.

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La Pergola.
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Evidemment, si on considère que quelques pampres à l’assaut d’un grillage plus ou moins torse constituent une treille, voire l’ébauche d’une pergola, tout devient possible même s’il s’agit d’un bel optimisme aux confins de l’hyperbole.

Evidemment, si on considère que quelques pampres à l’assaut d’un grillage plus ou moins torse constituent une treille, voire l’ébauche d’une pergola, tout devient possible même s’il s’agit d’un bel optimisme aux confins de l’hyperbole.

Car si depuis la plus haute Antiquité on aime à se prélasser à l’ombre d’une frondaison, l’abri de verdure en question n’en répond pas moins à un certain nombre de canons ; qui distinguent la treille de la tonnelle ou de la pergola voire, pourquoi pas, de la gloriette.

Avec sa consonance qui fleure bon l’Italie, vous aurez compris que la pergola nous arrive tout droit de la péninsule transalpine grâce à pergole, singulier de pergola, via le latin pergula de même sens, à savoir un berceau de vigne, une tonnelle. De là à affirmer qu’une pergola n’est jamais qu’une simple treille affublée d’une appellation exotique pour flatter le chaland, il y a un pas que nous n’allons pas franchir.

Le jus de la treille.

Si pergola en italien constitue donc la traduction littérale de notre treille, il en va différemment du français où le vocable implique une notion de bâti que ne connaît pas la treille. En effet, cette dernière n’est, initialement, que la montée plus ou moins anarchique d’une vigne le long d’un mur, d’un arbre, bref, une figure naturelle. Quiconque a vécu l’expérience de livrer un cep de vigne à lui-même comprendra...

Evidemment, avec la main de l’Homme, elle est devenue une espèce de berceau fait de vignes plus ou moins entrelacées, plus ou moins soutenues par des éléments de bois ou de métal afin de lui forcer la forme en abri. En France, dès le XIIe siècle, les plus nantis profitent des treilles cintrées de leur jardin privatif, sorte de tonnelle faite de tiges en bois attachées par des brins d’osier.

Aujourd’hui, la treille a perdu cette notion d’abri de fraîcheur, et ne décrit plus qu’un cep de vigne, autrement dit le sens qu’elle a toujours eu si ce n’est qu’on l’imagine accrochée à une surface plane (un mur, un grillage, un treillis).

La tonnelle.

A l’origine, la tonnelle est un terme de chasse qui décrit un filet à perdrix, pour devenir dès le XVIIe siècle un berceau de treillage recouvert de verdure. Dans les deux cas, c’est l’analogie de forme avec un tonneau qui a inspiré leur nom. Pour être tout à fait précis, tonnelle est une forme diminutive de tonne, sorte de grosse barrique que nos éleveurs utilisent encore de nos jours pour porter à boire aux bovins paissant dans des prés éloignés de la ferme.

Appelée aux temps anciens berceau, la tonnelle décrit aujourd’hui une petite construction de treillage, en forme de tunnel cintré, sur laquelle grimpent des plantes diverses afin d’offrir un abri ombragé. Une forme et un choix de plantes qui peuvent évidemment varier au gré de chacun.

En tout état de cause, la tonnelle se distingue de la treille, passée ou présente, par le fait qu’elle supporte n’importe quel type de plante alors que la treille reste spécifique à la vigne. Pour l’anecdote, on notera que Diderot, dans son Encyclopédie, précise que la tonnelle est un « vieux mot encore en usage parmi le vulgaire pour désigner un berceau ou un cabinet de verdure... ». Les temps changent...

La pergola.

Et nous en arrivons à notre pergola, ce petit abri de jardin formé de poutres reposant sur des piliers et recouvert de toutes sortes de plantes grimpantes. Autrement dit, nous sommes fort proches de la tonnelle ! Si ce n’est la forme de sa construction qui ne connaît pas les arrondis, les cintres propres à la tonnelle, qu’elle n’est pas constituée de treillis mais de madriers. En revanche, à l’image de la tonnelle, la pergola peut supporter n’importe quel plante, de la glycine, des rosiers, et ne connaît donc pas la spécificité botanique de la treille qui n’existe que par le cep de vigne comme nous l’avons vu précédemment.

Cela dit, il apparaît que le mot pergola est de facture extrêmement récente dans la langue française puisqu’on n’en trouve aucune trace, dans aucun dictionnaire, avant le tournant des XIXe et XXe siècles. De là à en déduire qu’il s’agit d’un snobisme rapporté d’Italie par quelque esthète soucieux de ne pas être commun et préférant anoblir sa treille, sa tonnelle, par une appellation italienne, rien que de très naturel.

Ah, le petit vin blanc… (air connu).

Résumons-nous. En dépit des nombreux sens qu’on put connaître ces vocables, il semble aujourd’hui qu’ils se sont stabilisés, du moins dans notre langage courant La treille est un pied de vigne grimpant le long d’un mur, d’un grillage, d’un treillis, d’un espalier. S’il s’agit de qualifier notre abri de jardin constitué d’un treillage recouvert de verdure et de forme « tunnel », ce sera sans aucun doute une tonnelle. Quant à notre pergola, elle se constitue d’une charpente avec poteaux portant linteaux, et affiche un format rectangulaire.

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