La maison de campagne n'est-elle qu'une résidence secondaire ?

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La maison de campagne n'est-elle qu'une résidence secondaire ?
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Même si aujourd’hui elle en est souvent le synonyme, nous n’évoquons pas ici la résidence secondaire dans sa large acception mais la maison située dans un environnement rural qui tient lieu de maison de vacances pour bon nombre de Français. Un phénomène qui, s’il a pris une réelle importance ces dernières décennies, n’en date pas moins de l’Antiquité !

Même si aujourd’hui elle en est souvent le synonyme, nous n’évoquons pas ici la résidence secondaire dans sa large acception mais la maison située dans un environnement rural qui tient lieu de maison de vacances pour bon nombre de Français. Un phénomène qui, s’il a pris une réelle importance ces dernières décennies, n’en date pas moins de l’Antiquité !

Et passons rapidement sur l’étymologie du mot campagne qui nous vient du latin campus, le camp, via le bas latin campagnia, la plaine. Et qui donnera en vieux français champaigne ou champaine qui désigne une grande étendue de terrain plat. En notant au passage que le c de campagne s’est transformé en ch et inversement selon la région d’adoption, qu’elle soit picarde ou occitane. Apportant ainsi à la langue française un florilège de vocables, de même origine, comme champ et champêtre, camp et campagnol, sans oublier le champignon…

La dolce vita.

Comme nous l’indiquions précédemment, la maison de campagne, symbole d’un désir de retour à la nature, n’est pas une création récente, loin s’en faut puisque les Romains, déjà, en jouissaient aux abords des grandes villes ; du moins les plus riches d’entre eux. Evidemment, tout cela disparut à le chute de Rome et il faudra attendre la Renaissance et son goût de l’antique pour que la maison de plaisance, comme on l’appelait alors, revienne en grâce : on réapprit alors les modes de vies des riches Romains, les patriciens qui, à l’image de Cicéron ou de Horace, possédaient résidences à la campagne en… Campanie ! Et plus particulièrement dans la baie de Naples qui devint lieu de villégiature pour le patriciat, ce qu’ont démontré les fouilles d’Herculanum et de Pompéi dont on connaît le triste sort.

Une résidence de villégiature.

Une mode de la maison de plaisance qui se développera en France à partir des XVIIe et XVIIIe siècles quand il sera de bon ton de posséder une résidence d’été en Italie ; n’oublions pas que le mot villégiature est directement emprunté à l’italien villeggiatura qui signifie séjour à la campagne, tout comme le mot villa d’ailleurs. Ou bien de se faire bâtir, en région parisienne, des résidences secondaires dans ce qui reste, à l’époque, encore la vraie campagne, à quelques kilomètres de Paris seulement. Sans compter les Britanniques qui, parallèlement, inventaient la notion de tourisme en séjournant longuement sur le continent.

Les belles lettres.

Dans notre mémoire collective, ce sont bien sûr les descriptions des auteurs naturalistes du XIXe siècle qui prédominent avec, notamment, la comtesse de Ségur ou Stendhal qui racontent avec précision comment nobles et nantis passaient l’hiver en ville et la période estivale à la campagne. Un mode de vie que singeront les notables, induisant une nouvelle catégorie notariale : la maison de campagne bourgeoise, sous-entendu : qui ne connaît aucune activité agricole.

Un nouvel exode.

Ce fut dans l’entre-deux guerres, et les congés payés n’y furent sûrement pas étrangers, que la maison de campagne entra chez les plus modestes. Sorte de pendant à l’exode rural que connaissait alors la France. Ce qui ne sera pas sans incidence sur le monde agreste qui verra apparaître cet engouement non sans questionnement et réticences. Même si ces gens modestes retapaient des bâtisses bien souvent vouées à l’abandon ou profitaient d’héritages d’une famille autrefois agricole, bien que la plupart de ces nouveaux propriétaires ne fussent pas originaires de la région où ils s’implantaient.

Une cohabitation difficile.

Ce qui n’alla pas sans heurt, les autochtones jugeant néfaste cette nouvelle invasion avec, notamment, une hausse considérable du prix du bâti et de certains terrains, interdisant par là-même l’installation des jeunes agriculteurs locaux. Sans compter les problèmes de cohabitation engendrés par des amalgames sociaux ou internationaux contre nature.

Les années 1990 et 2000 changèrent considérablement les choses, du moins quant au regard des paysans sur l’arrivée de résidents secondaires. Echaudés de l’arrivée massive d’Anglais, de Néerlandais, d’Allemands, ils acceptèrent plus volontiers leurs compatriotes venus d’autres régions, même parisiens, ce qui était impensable quelque vingt ans plus tôt. D’autant qu’ils y trouvaient parfois une solution à la désertification des pays ruraux.

La résidence secondaire.

Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que l’expression résidence secondaire prit le pas sur la maison de campagne, une appellation certainement jugée trop rustique pour le néo petit bourgeois en mal de reconnaissance sociale. Pour finalement aboutir à un distinguo, aujourd’hui en vigueur, entre la résidence secondaire qui peut être située n’importe où, à la mer, à la montagne, et la maison de campagne implantée dans le monde agreste qui recouvre alors ses lettres de noblesses.

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