La Lucarne

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La Lucarne
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Le principe d’une ouverture sur le toit d’une maison s’étant imposé concomitamment à l’architecture dudit toit, les modèles et termes afférents sont évidemment légion. Avec, pour corser l’affaire, non seulement pléthore de déclinaisons mais aussi évolution quasi constante des vocables. Une forêt lexicale dans laquelle nous allons tâcher de nous retrouver.

Le principe d’une ouverture sur le toit d’une maison s’étant imposé concomitamment à l’architecture dudit toit, les modèles et termes afférents sont évidemment légion. Avec, pour corser l’affaire, non seulement pléthore de déclinaisons mais aussi évolution quasi constante des vocables. Une forêt lexicale dans laquelle nous allons tâcher de nous retrouver.

 

 

 

 

Et si nous avons choisi de mettre en valeur le mot lucarne, c’est qu’il est, aujourd’hui, le plus couramment utilisé, de façon générique, pour toute système de fermeture d’une baie pratiquée dans un toit. Un mot attesté depuis le XIVe siècle, emprunté à l’ancien bas francique, lukinna, de même sens, mais qui évoluera, orthographiquement, au fil du temps, en se croisant notamment avec lucerna (lampe en latin), et luiserne (flambeau, lumière, en vieux français).

 

 

 

 

 

 La petite lucarne.

 

Et des variantes de lucarnes, il en existe d’innombrables : capucine, damoiselle, normande, meunière, et j’en passe !, que seuls l’architecte et le passionné sauront distinguer ; sans compter ses déclinaisons architecturales toute aussi nombreuses.

 

Dès le Moyen-Age, on a prévu le moyen d’éclairer, voire d’aérer, les combles d’un bâtiment dès lors que ces derniers revêtaient une certaine dimension. Car à cette période, et pendant longtemps, on s’est particulièrement soucié des combles, que ce soit dans leur conception, leur construction ou leur décoration. Avec des lucarnes richement sculptées voire parées de statues, que l’on retrouve notamment dans les châteaux de la Renaissance, Henri IV et Louis XIII.

 

 

 

Un élément de décoration.

 

Dans les châteaux et autres palais, dès la fin du XIIIe et jusqu’au XVIe siècle, on avait pris l’habitude de prévoir des combles très élevés qui nécessitaient dès lors des lucarnes très hautes. Des lucarnes qui pouvaient présenter une façade de pierres ou bâties entièrement de bois, parfois recouvertes de plomb ou d’ardoise. Un principe qu’on retrouve d’ailleurs dans le nord et l’ouest de la France, sur un grand nombre de bâtiments campagnards.

 

Fenêtres qui finirent par devenir éléments principaux de décoration comme l’attestent certains bâtiments parvenus jusqu’à nous comme le Palais de justice de Rouen ou l’aile « Mansart » du château de Blois, ou encore le palais ducal de Nevers. Un art de la lucarne que la Renaissance mettra en lumière, mais qui se perdra quelques siècles plus tard pour diverses raisons au nombre desquelles on notera surtout le surcoût de construction qu’elles entraînaient, sans compter l’augmentation des risques dus à l’humidité et au soleil.

 

 

 

 

 

Le chien-assis.

 

Un terme imagé qui décrit une lucarne retroussée, également appelée damoiselle ou demoiselle, qui comporte un seul pan de toiture et dont la pente est inversée par rapport à celle du toit. Et c’est cette notion d’une seule pente qui caractérise le chien-assis et le distingue de la plupart des autres lucarnes ! Malheureusement, le terme se montrant à la fois ravissant et facile à retenir, le commun tend à l’utiliser pour n’importe quel type de lucarne ! Ce qui ne s’explique pas vraiment, même s’il fut extrêmement populaire à une époque lointaine.

 

D’ailleurs, si l’on en croit Viollet-le-Duc, les plus anciennes lucarnes de bois parvenues jusqu’à nous sont en fait de grands chiens-assis conçus pour apporter air et lumière aux greniers mais évidemment sans avoir prévu de recevoir des fenêtres.

 

 

 

Tabatière et œil de bœuf.

 

Contrairement à la plupart des différentes déclinaisons de la lucarne que nous avons évoquées plus haut, la tabatière et l’œil de bœuf se rattachent davantage aux fenêtres qu’aux lucarnes, tout comme le vasistas. En effet, la tabatière est une fenêtre de toit dont le châssis, qui épouse le même angle de pente, la même inclinaison, que le toit lui-même, s’ouvre comme le couvercle d’une tabatière (une petite boîte pour ranger le tabac à priser), grâce à des charnières placées sur sa partie supérieure. Pour être tout à fait précis, il s’agit plutôt d’une « fenêtre à tabatière » que la langue commune n’a pas tardé à raccourcir.

 

 

Quant à l’œil de bœuf, il s’agit d’une ouverture, ronde ou ovale, qui peut être placée aussi bien dans un mur que sur un toit. Même si certaines lucarnes sont construites pour recevoir un œil de bœuf. En fait, on appelle « œil » toute fenêtre ronde !

 

 

 

 

 

 

 

 

En pleine lucarne.

 

Où l’on a appris que la lucarne n’était pas une simple baie, une fenêtre de toit, mais bien une construction de charpente. Que ses formes et constructions sont aussi variées que les maisons qui les reçoivent, et qu’elles participent de l’architecture globale d’un bâtiment. Pour ce qui est de les reconnaître, dans la mesure où non seulement le temps mais aussi les particularismes provinciaux, ont fait évolué son concept, il semble insurmontable au commun des mortels de s’y retrouver, si ce n’est pour reconnaître les modèles les plus répandus dans sa région, le cas échéant.

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