La Cuisine

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La Cuisine
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Depuis les premiers temps de l’humanité, l’Homme, dès lors qu’il eut l’usage du feu, n’a cessé de prévoir un lieu où préparer ses repas, de la grotte à la hutte en torchis en passant par les gigantesques cuisines des châteaux et les modèles ultra équipés de nos logements modernes.

Depuis les premiers temps de l’humanité, l’Homme, dès lors qu’il eut l’usage du feu, n’a cessé de prévoir un lieu où préparer ses repas, de la grotte à la hutte en torchis en passant par les gigantesques cuisines des châteaux et les modèles ultra équipés de nos logements modernes.

En fait, de tous temps, l’habitat s’est organisé autour du foyer qui, certes, offrait des utilités diverses mais dont l’essentiel se résumait à la préparation culinaire. L’occasion pour nous de flâner dans les cuisines du temps passé.

Etymologiquement, le mot « cuisine » nous vient du bas latin cocina lui-même dérivé de coquina de même sens. Rien de bien exceptionnel donc puisque, comme la plupart des mots français, il nous vient du bas latin et du latin médiéval avant de passer à la moulinette des dialectes régionaux. Au passage, on notera que la pièce qu’on appelle la cuisine doit son nom à l’art culinaire, par simple métonymie, et non l’inverse.

La cuisine à l’ancienne.

Si les fouilles archéologiques ont mis à jour des restes de repas autour de feux, on sait fort peu de choses sur les lieux de préparation des menus qui nous intéressent ici. Chez les Egyptiens, on cuisinait à l’arrière de la maison ou sur la terrasse du toit, protégé par un abri de roseaux dans lequel on trouvait un four en terre cuite et une plaque chauffante. Bref, le nécessaire pour cuire, griller, bouillir, frire. Mais on n’en sait guère plus sur leurs cuisines, une tâche déjà réservée aux femmes. Ceci expliquant certainement cela…

Chez les Grecs, la confection des menus était également dévolue aux femmes, qu’elles soient esclaves chez les riches, ou épouses et filles chez les pauvres. Il semble qu’aucune pièce n’y fût dédiée, la météo décidant du choix d’aménagements à l’extérieur ou dans n’importe quel endroit de la maison.

Du latin de cuisine.

En revanche, chez les Romains, on peut plus facilement identifier l’emplacement de la cuisine puisque celle-ci comportait le plus souvent une cheminée, ce dont ne disposaient évidemment pas les autres pièces de la maison. Une cuisine toujours placée au rez-de-chaussée bien sûr et le plus souvent à l’écart des autres pièces, voire dans une dépendance hors de l’habitat. Cela pour les familles les plus aisées, les pauvres ayant pour habitude de ne pratiquement pas cuisiner pour acheter chez les commerçants locaux les viandes et plats préparés nécessaires aux repas.

Mettre la table.

Nos ancêtres les Gaulois cuisinaient le plus souvent à l’air libre, autour d’une sorte de cheminée qui faisait office de four et de barbecue. Il en est resté l’habitude, pour les plus riches, de placer les cuisines dans une dépendance plus ou moins éloignée. Des dépendances entièrement dédiées à la préparation des repas, sortes d’immenses fours à bois autour desquels s’affairaient les commis. Des cuisines qui se montraient mobiles à l’occasion afin de suivre le seigneur dans ses déplacements, à l’image de tout le mobilier d’ailleurs car les châteaux et demeures inhabités n’étaient pas meublés. Une époque où « mettre la table » prenait tout son sens alors qu’aujourd’hui, la table restant à sa place, on n’a plus qu’à « mettre le couvert » ou, « dresser la table »…

Une cuisine riche.

Au Moyen-Age, les palais et les monastères comportaient de vastes cuisines, architecturalement bien étudiées avec des fourneaux, des tables de pierre chauffées, sortes de réchauffoirs pour dresser les plats. Des cuisines situées au rez-de-chaussée mais aussi en sous-sol comme on peut le voir au château de Chenonceau par exemple avec sa boucherie, son garde-manger, son office…

Evidemment, en ville, le manque de place interdisait ces vastes salles. Chez les pauvres, comme pour les classes moyennes, la notion de cuisine n’existait pas puisque la maison se composait généralement d’une seule pièce au confort rudimentaire ; le feu pouvant être à même le sol ou dans une cheminée sommaire. En clair, on faisait mijoter en permanence au coin de l’âtre une marmite de légumes avec, au mieux les jours de bombances, quelques morceaux de gras...

Pourtant, à mesure que la gastronomie prit de l’importance, on vit se multiplier les pièces attenantes chez les plus nantis, comme la souillarde (arrière-cuisine), le cellier, le garde manger, la dépense (pour recevoir les fournisseurs et les livraisons), l’office (pour le service de la table), la crédence (pour goûter les plats avant le service)…

Kitchenette et cuisinette.

Le XXe siècle, riche en snobismes anglophones, nous a donné une invention lexicale formée du mot anglais kitchen (cuisine) agrémenté du suffixe « ette » qui forme, aussi bien dans notre belle langue que dans celle de Shakespeare, une féminisation de certains vocables certes, mais surtout, ce qui est le cas présent, un diminutif. Où l’on déduira habilement que la kitchenette est une petite cuisine.

Après des essais infructueux de lui substituer cuisinette, avec notamment un arrêté tout ce qu’il y a de plus officiel, qui en interdit l’usage dès 1973, il semble toutefois que « kitchenette », bien trop marqué année 70, se soit ringardisé tout seul et tende à disparaître du langage courant, même si on le retrouve, ici ou là, dans des petites annonces immobilières. On notera au passage que le diminutif de cuisine existe depuis toujours puisqu’on l’atteste dès le Moyen-Age sous la forme cuisinete ou cuisinette. Un vocable qui désignait aussi bien une petite cuisine qu’un coin-cuisine, une notion à laquelle on substitue aujourd’hui « cuisine américaine », ce concept de pièce ouverte popularisé par Le Corbusier dans les années 50.

A chacun de faire sa cuisine.

Aujourd’hui, chez le commun des mortels, la cuisine est devenue non seulement le lieu de préparation des repas mais également celui de la conservation des aliments et de la vaisselle et des matériels nécessaires à cette confection. Mais on peut imaginer, considérant la perte d’intérêt pour la préparation des repas au quotidien, que les nouveaux modes de vie urbains entraîneront forcément de nombreux changements futurs qui modifieront à leur tour l’architecture actuelle de nos cuisines. Pour peut-être revenir aux habitudes qui prévalaient il y a quelque mille ans où l’on ne préparait quasiment rien à la maison pour acheter chez le rôtisseur, le boulanger et autres « traiteurs » des plats tout préparés.

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