La Couverture.

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La Couverture.
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Toit, couverture, comble, trois mots qui décrivent la partie supérieure d’un édifice l’abritant des intempéries, devenus quasi synonymes dans le langage courant. Même si pour le professionnel, il ne saurait y avoir de malentendu : la couverture coiffe les combles et forme ainsi la toiture d’un bâtiment.

Toit, couverture, comble, trois mots qui décrivent la partie supérieure d’un édifice l’abritant des intempéries, devenus quasi synonymes dans le langage courant. Même si pour le professionnel, il ne saurait y avoir de malentendu : la couverture coiffe les combles et forme ainsi la toiture d’un bâtiment.

Mais voyons plutôt l’histoire et l’étymologie des principaux matériaux destinés à protéger notre maison en commençant par leur vocable générique. Une couverture qui nous vient directement du latin classique coopertorium, de même sens, substantivation du verbe cooperire qui signifie couvrir entièrement. Voilà qui a le mérite d’être explicite.

Une vraie tuile.

Le mot tuile, à l’image du toit, puise son étymologie dans le verbe latin, tegere, qui s’est substantivé pour donner tegula de même sens. Une évidence quand on sait que les Romains s’en étaient fait une spécialité avec notamment, un système d’encoche facilitant la pose et la tenue, qui perdurera en France jusqu’au XIe siècle. Puis, dans le Sud, en Languedoc et en Provence, on utilisa une combinaison de tuiles plates recouvertes de tuiles canal également empruntées aux Latins ; tandis que les régions septentrionales adoptaient les tuiles plates, assez proches de ce qu’on appelle aujourd’hui des tuiles « mécaniques », mieux adaptées au climat local plus humide.

Une belle ardoise

Si l’ardoise est utilisée depuis des temps immémoriaux, le vocable semble récent avec une étymologie mystérieuse, peut-être emprunté au latin populaire ardesia en usage dans le Nord ou provenant du pays d’Ardes en Irlande où, paraît-il, on en commença l’extraction. Un schiste argileux, sorte de terre dure et sèche, qu’on utilisait surtout comme moellon dans la construction des murs, ce qu’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines vieilles maisons angevines. L’Anjou qui, à l’image de la Moselle ou des Ardennes, disposait de nombreux gisements d’ardoise, dont l’usage se répandit naturellement dans le nord et l’ouest de la France, aussi bien pour la couverture que pour le revêtement des sols.

Une ardoise appréciée parce qu’elle absorbait moins l’humidité que la tuile ancienne, parce qu’elle se fixait avec des clous et se montrait moins sujettes aux caprices du vent, et parce qu’elle se taillait aisément, sur mesure, autorisant ainsi les couvertures les plus excentriques comme les tourelles et autres surfaces protéiformes.

Du plomb et du zinc.

On ne le sait pas forcément mais la plomberie, à l’origine, ne consistait pas à équiper des salles de bains et autres sanitaires mais à travailler le plomb qui était alors battu ou fondu pour couvrir les édifices et protéger toutes les parties de la charpente éventuellement soumises aux intempéries. Une technique fort répandue à l’époque mérovingienne et au Moyen-Age notamment, directement héritée des Romains et qui se poursuivra jusqu’à la Renaissance. Les plombiers seront donc heureux d’apprendre qu’initialement ils étaient… couvreurs !

Des couvertures en plomb qu’on ne retrouvait guère que sur les grands édifices à l’image de la cathédrale Notre-Dame à Paris, en raison de son coût élevé, et de l’obligation de prévoir une charpente suffisamment résistante pour supporter l’énorme poids du métal.

Un principe de couverture métallique partagé avec le zinc, un vocable directement emprunté à l’allemand zink, évidemment utilisé pour les gouttières mais aussi sur de nombreux toits, notamment parisiens, depuis le XIXe siècle. En raison de son moindre coût mais aussi de son poids modéré, entre celui de l’ardoise et de la tuile.

Le bardeau initial.

Sorte de petite tuile en bois, qu’on appelle également tavaillon ou tavillon en Franche-Comté et en Savoie, voire essente et aisseau dans d’autres contrées, chaque région y allant de son appellation, généralement fait de chêne, de châtaignier ou de sapin, le bardeau a longtemps servi de couverture chez les pauvres, évidemment dans les zones boisées. Léger, résistant au vent (car il est cloué), se conservant bien, il protégeait à moindre coût la charpente même s’il fallait, pour des raisons évidente d’étanchéité, le recouvrir de goudron ou de peinture grasse.

Un bardeau qui peut être taillé sous différentes formes, arrondis ou pointus en ses extrémités, se rapprochant quelque peu de l’esthétique de l’ardoise, en tout cas dans son principe d’enchevêtrement pour former couverture.

Dans les chaumières.

A-t-on oublié que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le toit de chaume était le plus répandu en France même si son inflammabilité entraînait régulièrement la destruction de villages entiers ? Une chaume faite de paille de froment ou de seigle mais aussi de sarrasin ou de blé (bien que le vocable soit emprunté au latin calamus qui signifie « tige de roseau »), un produit relativement abondant, même chez les moins nantis. Une couverture légère qui ne nécessitait donc pas une charpente très robuste mais dont l’usage fut abandonné en raison des risques majeurs d’incendie, certes, mais également parce que la mécanisation du moissonnage cassait la paille. Mais il nous est resté la chaumière au charme désuet qui, à l’origine, décrivait tout simplement une habitation quelconque.

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