La chambre : le plafond, premier geste de confort

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La chambre : le plafond, premier geste de confort
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Que ce soit dans un palais, une maison individuelle ou un immeuble collectif, la chambre est un espace habitable clos par quatre murs, doté d’un plafond et d’une ou de plusieurs portes ainsi que d’une ou de plusieurs fenêtres.

Que ce soit dans un palais, une maison individuelle ou un immeuble collectif, la chambre est un espace habitable clos par quatre murs, doté d’un plafond et d’une ou de plusieurs portes ainsi que d’une ou de plusieurs fenêtres.

 

  

Quoi de plus court et apparemment de plus neutre qu’une telle définition ? Et pourtant, quoi de plus instructif !

 

 

 

LE PREMIER CONFORT

 

Commençons par le plafond. C’est lui qui donne son nom à la chambre. Car cette désignation dérive de cambra ou cambre en ancien français et du latin camera ou camara qui signifient « plafond voûté » ainsi que de kamara en grec ancien qui signifie à la fois voûte et chambre voûtée. La voûte protège du soleil et des intempéries. Elle esquisse le premier geste de confort et la première intention d’habiter.

 

 

Dans la plupart des maisons, la voûte prend la forme d’un plafond et sa fonction première de protection est le principal souci des habitants : un plafond doit, pour l’essentiel, être solide, sûr et étanche. Mais cette fonction est dépassée dès que les matériaux qui l’habillent lui donnent une présence propre. Pensons, par exemple, aux plafonds de bois dans l’esprit « chalet » ou, autres exemples, aux dalles en tôle d’acier ou de plâtre qui contribuent à la création d’atmosphères de chambres bien différentes.

 

Dans certaines maisons, on refuse d’oublier le plafond. Il est alors peint de couleurs variées, recouvert de tissu ou ponctué de diverses décorations parmi lesquels figurent les mobiles, les cages d’oiseaux, les motifs peints ou appliqués de toutes sortes. On trouvera par exemple des étoiles qui brillent dans le noir appliquées aux plafonds des chambres d’enfants, non loin des mobiles et peut-être au milieu de quelques nuages. Tel couple a tendu son plafond de satin rose, tandis que tel autre a trouvé original de le peindre en noir et qu’un troisième a repris la tradition des frises et des motifs appliqués au pochoir !

 

 

Chacun, aujourd’hui, se sent libre de ses choix ornementaux dans un marché pléthorique en la matière. Mais seules la magnificence et la grande richesse transforment le plafond d’une demeure en espace à part entière, à la manière des églises et des théâtres. Les armoiries et les devises, les dieux païens et les saints du calendrier, les figures allégoriques et les anges, les fleurs, les arbres et les animaux habitent alors le plafond, à grand renfort de couleurs, de jeux d’optique et d’ors.

 

 

Le plafond est ainsi plus que « décoré » : il demande à être lu et interprété à l’aide d’un savoir livresque et esthétique, d’un capital culturel en somme. Car il faut pouvoir reconnaître Jupiter ou Saint Georges et connaître le langage des armoiries des maisons nobles. Il exige aussi l’effort physique de lever la tête longtemps pour voir ce à quoi, généralement, nous ne prêtons guère attention.

 

 

Mais c’est bien l’une des manifestations de la très grande richesse et de la conviction d’occuper un rang social élevé que de faire déborder le souci de la splendeur jusqu’au plafond.

 

 

Les ampoules, lustres et les lampes donnent aussi au plafond sa présence propre. Une ampoule nue qui pend du plafond au bout d’un fil dit le provisoire ou la misère. Elle évoque la cellule du prisonnier ou l’austérité de celle du moine. Une lumière crue donne à la chambre une mesure de dureté et le sentiment qu’elle sera moins protectrice. Et c’est en effet cette vulnérabilité de l’habitant qui veut être signifiée par l’ampoule perpétuellement allumée dans une cellule de prisonnier. Inversement, une lumière chiche tombant d’un pauvre plafonnier affecte, à la baisse, le moral de l’habitant, tandis que le lustre veut au contraire généreusement briller de mille feux.

 

 

Lorsqu’il est splendide, le lustre n’est pas seulement plus opulent et il ne signifie pas seulement le statut (ou l’aspiration à un statut) social. Il prétend apporter la joie et donner un coup de pouce au bonheur. Pas de chambre sans murs, qui nous occupent beaucoup. Ils méritent donc notre prochaine attention.

 

 

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