La cabane se décline dans chaque région. (2)

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La cabane se décline dans chaque région. (2)
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Dans toutes nos régions, car nous nous sommes limités à notre beau pays de France, les cabanes ont non seulement fait montre d’une architecture singulière, plus ou moins élaborée, mais elles ont démontré un art de vivre évidemment révolu qui fait rêver, à tort ou à raison, de nombreux Français. Avec des appellations parfois absconses qui méritaient que nous nous y attardions quelques instants. Evidemment, vous aurez compris qu’il nous était impossible de les relever toutes tant elles se montrent diverses et multipliées à l’infini mais au moins nous sommes-nous attachés à présenter les plus connues.

Dans toutes nos régions, car nous nous sommes limités à notre beau pays de France, les cabanes ont non seulement fait montre d’une architecture singulière, plus ou moins élaborée, mais elles ont démontré un art de vivre évidemment révolu qui fait rêver, à tort ou à raison, de nombreux Français. Avec des appellations parfois absconses qui méritaient que nous nous y attardions quelques instants. Evidemment, vous aurez compris qu’il nous était impossible de les relever toutes tant elles se montrent diverses et multipliées à l’infini mais au moins nous sommes-nous attachés à présenter les plus connues.

 

 

 

 

La baraque.

 

La baraque se singularise des autres cabanes par sa construction le plus souvent faite de pierres ou, à tout le moins, de maçonnerie, et de planches. Bâtisse provisoire, elle se montre généralement démontable, servant aussi bien aux miséreux qu’aux chasseurs et pêcheurs ou encore aux ouvriers d’un chantier. Un vocable qui nous vient probablement de l’ancien provençal baraca via le catalan barraca, un abri primitif, ce qu’elle est longtemps restée.

 

On notera qu’aujourd’hui le terme s’applique davantage à une vraie maison dans un état de délabrement plus ou moins avancé, largement péjoratif, d’autant que la connotation de baraquement évoque des souvenirs douloureux .

 

 

 

L’appentis.

 

Sorte d’auvent plus ou moins fermé, l’appentis prend appui sur un mur et ne présente qu’une pente de toit, ce que son étymologie pourrait laisser imaginer si le mot ne dérivait d’un verbe quelque peu ancien, appendre, qui signifie suspendre, pendre, à un mur ou à une voûte, voire qui est attaché, qui dépend de quelque chose. Une étymologie qu’on retrouve dans le terme appendice par exemple.

 

Au fil des siècles, l’appentis est resté un abri provisoire, sorte d’annexe temporaire à un bâtiment, même si quelques-uns se sont montrés pérennes à une certaine époque pour les commerçants établis dans les centre-villes encombrés. Aujourd’hui, il en est surtout resté le principe d’un toit à une seule pente, ce qui fait dire à certains que telle maison présente un toit en appentis.

 

 

 

Le buron.

 

Le buron est une cabane de berger typique d’une région, de l’Auvergne en l’occurrence, dont l’appellation dialectale persiste grâce aux fromages que lesdits bergers confectionnaient dans ces petits abris. Le radical bur semble d’origine germanique où il signifie cabane, qui pourrait être également l’origine de la borie provençale et de quelques autres appellations dans d’autres territoires.

 

De là à dire qu’un buron est une ferme d’estive, il y a un grand pas que seuls les forcenés du tourisme « naturel » ont pu franchir car jusqu’à une époque somme toute récente, les bergers du cru les appelaient tout bonnement… cabanes à fromage ! Autrement dit, strictement le même sens originel que le chalet qui lui, se situe dans les Alpes.

 

 

 

Le chalet.

 

A l’origine, le chalet est spécifique à la Suisse, un vocable probablement dérivé de cala qui désignait un abri de montagne (ce qui ne manque pas de sens car cala, en latin, signifie rondin, bûche). Un vocable qui ne passera que tardivement dans le français courant, probablement au XVIIIe siècle.

 

Comme pour le buron, il s’agissait d’un refuge à l’usage des bergers des alpages, tout au long de l’été, qui leur permettait de confectionner leurs fromages. Evidemment, par extension, on en est arrivé à des maisons en bois construites dans les Alpes, puis ailleurs, avant de décrire n’importe quelle bâtisse en bois. Ce qui semble quelque peu excessif considérant que l’humanité n’a pas attendu les fabricants de gruyère pour construire des maisons entièrement en bois.

 

 

 

La gabionnade

 

Ancien terme militaire, la gabionnade désignait une fortification faite de gabions, un panier bourré de sable ou de terre, voire de cailloux, fait de branches ou de grillage, qui protégeait les soldats des projectiles ennemis. Une gabionnade devenue gabion, probablement par analogie de construction, pour désigner une hutte de chasseurs de gibier d’eau, mais seulement depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Un terme qui tire son origine de l’italien gabione, fait de gabia, la cage.

 

 

 

 

La borie.

 

La borie est un vocable intéressant car si à l’origine il désignait plutôt une exploitation agricole, une ferme, il changea d’acception à l’époque moderne, à la fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle. Dans le souci d’attribuer un nom typique et local à tout et à rien, d’aucuns crurent bon d’utiliser le vocable pour désigner, de façon largement dépréciative d’ailleurs, de petites constructions de pierres sèches que les paysans appelaient tout bonnement… cabanes !

 

Des cabanes en pierres qu’on retrouve surtout dans le sud, à l’image de la caborde dans le besançonnais, du casot dans les Pyrénées orientales, de la capitelle dans le Languedoc, ou encore de l’oustalet (dérivé de ostal, la maison en occitan)… Tout comme les caches et affûts de chasseurs comme la palombière du sud-ouest ou le carrelet girondin.

 

 

Découvrez la partie 1 et la partie 3 de cet article.

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