La balustrade, un simple garde-corps ou une rambarde de sécurité ?

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La balustrade, un simple garde-corps ou une rambarde de sécurité ?
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Il n’y a pas que les fous qu’il faut garder, notre intégrité physique méritant une même attention, d’où l’intérêt de prévoir une balustrade qui prévient toute chute accidentelle. Mais faut-il parler d’une rambarde ou d’un parapet ? D’un garde-corps ou d’un garde-fou ? Des mots à l’acception si proche qu’ils semblent aisément interchangeables.

Il n’y a pas que les fous qu’il faut garder, notre intégrité physique méritant une même attention, d’où l’intérêt de prévoir une balustrade qui prévient toute chute accidentelle. Mais faut-il parler d’une rambarde ou d’un parapet ? D’un garde-corps ou d’un garde-fou ? Des mots à l’acception si proche qu’ils semblent aisément interchangeables.

 

 

 

Et pourtant, leur histoire nous apprend qu’un habile distinguo les caractérise, comme le démontre la balustrade forcément formée de… balustres.

 

On peut imaginer que les adeptes de la botanique, amateurs de cet arbrisseau originaire de l’Iran, ont déjà compris que le balustre empruntait son appellation au latin balaustium qui désigne la fleur du grenadier sauvage dont le bourgeon n’est pas sans rappeler la forme de notre balustre, via l’italien balaustra. Mais voilà qui n’éclaire pas forcément notre forêt de synonymes…

 

 

 

Le balustre.

 

Pour faire simple, il semble possible d’appeler balustrade toute clôture à hauteur d’appui, pour peu qu’elle se compose de balustres, de petits piliers, façon colonnade, à la forme renflée. Des balustres que ne connaissaient pas les Grecs et les Romains, contrairement à ce qu’on pourrait croire, mais dont la Renaissance, avec son goût prononcé pour l’antiquité gréco-romaine et ses péristyles typiques, fera un grand usage, d’où la confusion. Des balustres souvent faits de pierre ou de marbre, parfois de bois, placés de façon à respecter la règle d’une séparation ajourée égale à la moitié de leur plus gros diamètre pour un réel équilibre entre le jour et le plein.

 

 

 

Une longue histoire.

 

 Au XIIIe siècle, la balustrade garantit la sécurité des voies de circulations propres aux grandes constructions, qu’elles soient galeries supérieures ou chemins de rondes. Quelques siècles plus tard, on la trouve en bordure de balcons, d’estrades, de terrasses, d’escaliers, remplaçant à l’occasion les créneaux d’un château devenus inutiles. Parfois, elles se montrent purement ornementales en façade d’un édifice, voire d’un meuble, ou encore couronnements de bâtiments dont les combles ne sont pas apparents, comme on peut le voir notamment au château de Versailles ou au Palais Bourbon à Paris.

 

On aura compris que la balustrade ne se distingue guère du garde-corps et du garde-fou si ce n’est par la forme de ses colonnettes, renflées.

 

 

 

Le garde-corps.

 

Indissociable du garde-fou dont il est la version moderne car datant du XIXe siècle, le garde-corps est un terme de marine qui décrit la clôture qui délimite le pont d’un navire. Pourtant, il s’agit d’un mot qu’on trouve déjà au Moyen-Age, sous la forme wardecors, cette pièce d’armure qui protège le ventre du soldat ou gardecors, un habit de dessus plutôt réservé aux hommes mais que les femmes portaient quelquefois en voyage.

 

Un garde-corps faisant office de barrière, fait de toute matière, parfois un simple cordage tendu, qui dépassera rapidement sa vocation maritime pour se retrouver aux temps modernes dans un escalier ou sur un palier.

 

 

 

Le bastingage.

 

Un terme dérivé de la bastingue, cette toile matelassée qu’on tendait pour protéger un bateau d’éventuels projectiles ennemis, plus particulièrement à l’endroit où étaient installés les hamacs des marins. Un vocable de marine donc, comme le garde-corps, qui désigne aujourd’hui une sorte de parapet placé autour du pont supérieur, puis par extension tout au long du bord d’un vaisseau.

 

 

 

 

Le garde-fou.

 

Un vrai synonyme de garde-corps, à savoir une barrière qui prévient toute chute d’un pont, d’un quai, d’une terrasse. Un mot qu’on connaissait bien au Moyen-Age sous la graphie gardefol, et qui désignait alors un mur d’appui.

 

Alors, ne doit-on protéger que les fous ou bien doit-on accepter la fantasque explication qui voudrait que garde-fou soit une altération de garde-faux puisque le faux du corps constituait le pli du buste à la taille ? Une origine douteuse comme l’est celle qui explique que les premiers garde-fous étaient en bois de hêtre, cet arbre se disant fou en vieux français.

 

 

 

La rambarde.

 

A l’origine, la rambarde est une avancée située à la proue d’un navire, d’une galère, souvent divisée en deux parties, qui servait de base d’attaque à une trentaine de soldats et qu’on orthographiait rambade dès le Moyen-Age. Une plate-forme de combat qui, disparaissant des navires modernes, décrira alors le garde-corps, ou la balustrade, délimitant un gaillard ou une passerelle.

 

Un vocable de marine qui aurait connu une popularité assez limitée si le langage populaire ne s’en était saisi pour de nombreux usages finalement inappropriés.

 

 

 

Le parapet.

 

Ne reste plus que notre parapet qui, à l’origine, est un terme de fortification, à savoir une élévation de terre, de pierres ou de maçonnerie, mettant les soldats à l’abri de la mitraille ennemie. Un parapet qui protégeait donc le buste des guerriers puisque petto signifie poitrine (dérivé de pectus en latin, de même sens, qui nous a donné, notamment, les pectoraux) et para qui implique une protection. D’où parapetto en italien, et parapet en français depuis le XIIIe siècle.

 

Un mot qui s’applique aujourd’hui à un mur d’appui, toujours plein, sur les bords d’une terrasse, le long d’un quai ou sur les côtés d’un pont.

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