L'Hospitalité : tout le monde sait et ne sait pas ce que c'est ! (1)

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L'Hospitalité : tout le monde sait et ne sait pas ce que c'est ! (1)
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Recevoir ses amis ou ses proches à la maison, faire preuve d’hospitalité c’est un peu comme afficher sa générosité. Que se cache derrière l’hospitalité ?

Recevoir ses amis ou ses proches à la maison, faire preuve d’hospitalité c’est un peu comme afficher sa générosité. Que se cache derrière l’hospitalité ?

Avez-vous jamais entendu quelqu’un vous dire : «Voyez-vous, je ne suis pas hospitalier. Aussi, je ne vous invite pas chez moi. Inutile donc de vous déranger, vous seriez mal accueilli » ? Selon toute probabilité, votre réponse est non. Par contre, vous avez entendu à l’occasion « Je suis plutôt sauvage » ou bien « J’aime bien être seul » ou encore « En ce moment, je suis trop fatigué », et bien souvent « Je suis si occupé que je n’ai pas le temps de voir (ou de recevoir) mes amis (ou ma famille) » et d’autres phrases qui sont autant de variations sur le thème de l’évitement de l’hospitalité.

Pourquoi ne pas dire tout de go que l’on n’est pas hospitalier ou que des invités, vraiment, on n’a pas la tête à cela en ce moment et peut-être jamais ? Parce que l’hospitalité est pour nous une valeur majeure. Elle fait partie de ce qui est bien, juste et beau. Elle est désirée et estimée. Aussi bien peu de gens se déclarent-ils ouvertement misanthropes et égoïstes. Encore moins de gens avouent n’être pas généreux et méfiants !

De fait, l’hospitalité sert même de façade à bien des gens qui tiennent table ouverte et emplissent leurs maison d’une foule de visiteurs pour ne pas se trouver en tête-à-tête avec eux-mêmes. Les voilà considérés comme généreux et c’est gratifiant, même s’ils ne laissent pas de place ni de temps à l’hospitalité qu’ils devraient exercer envers eux-mêmes.

Où l’on se souvient du Jardin d’Éden

D’où l’hospitalité tient-elle ces qualités si positives ? Des systèmes religieux qui établissent, chacun à sa façon, que nous ne sommes que des hôtes sur la terre, des émigrés et des étrangers qui bénéficions de l’hospitalité divine. Dans notre culture judéo-chrétienne, l’idée remonte aux origines, c’est-à-dire au Jardin d’Éden !

Car Dieu commence par offrir l’hospitalité à Adam et Ève dans ce paradis dont ils peuvent jouir librement et manger de tous les fruits. C’est le premier ordre divin et il concerne la libre jouissance d’un lieu accueillant. Le second ordre, inséparable du précédent, est de ne pas manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il limite la jouissance et fait découvrir la responsabilité vis-à-vis des biens qui sont offerts.

Nous connaissons la suite du message. Adam et Ève n’assument pas cette responsabilité et en mangeant, malgré l’interdit, du fruit de cet arbre, ils se livrent à la consommation sans discrimination et sans limites. L’exil du jardin en est le prix. Ils devront dorénavant construire leur propre paradis.

Que nous soyons croyants ou non, nous n’avons pas oublié l’essentiel du message biblique et nous tenons pour fondamentale cette idée que l’hospitalité offre la jouissance d’un lieu qui, pour nous, est souvent notre maison mais que cette hospitalité trouve ses limites dans ce qui, chez nous, doit rester interdit et inaccessible à nos invités et visiteurs. Et, dès que nous sentons que ces derniers dépassent ces limites, nous les voulons hors de chez nous ou, à tout le moins, nous nous promettons de ne plus les inviter. Pas d’hospitalité chez nous sans conditions et pas de jouissance de nos libéralités sans limite.

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