L'arrondissement, une idée révolutionnaire

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L'arrondissement, une idée révolutionnaire
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Dans un pays aussi jacobin que la France, il est d’usage de comprendre le vocable arrondissement comme la subdivision d’une grande ville, en l’occurrence Paris, Lyon et Marseille puisque ce sont les seules à connaître un tel découpage. Pourtant, il s’agit d’une division territoriale, d’une circonscription, qui s’applique aussi bien au judiciaire, à l’administratif qu’au politique. On trouve même des arrondissements maritimes, militaires voire forestiers !

Dans un pays aussi jacobin que la France, il est d’usage de comprendre le vocable arrondissement comme la subdivision d’une grande ville, en l’occurrence Paris, Lyon et Marseille puisque ce sont les seules à connaître un tel découpage. Pourtant, il s’agit d’une division territoriale, d’une circonscription, qui s’applique aussi bien au judiciaire, à l’administratif qu’au politique. On trouve même des arrondissements maritimes, militaires voire forestiers !

 

Cela posé, attachons-nous à présent à l’arrondissement municipal de nos trois métropoles, l’occasion de revisiter une chronique administrative parfois complexe.

 

 

A Paris.

 

En 1789, la capitale fut arbitrairement divisée en soixante districts qui seront réduits, l’année suivante, à quarante-huit ; des districts qui seront rebaptisés sections pour une raison inconnue mais on n’était plus à une idée saugrenue près à cette belle époque révolutionnaire. Six ans plus tard, nos ci-devants citoyens décidèrent que toutes les villes de plus de cent mille habitants devraient être subdivisées en arrondissements, chacun d’eux découpé en quatre sections.

 

Ce qui fut fait à Paris, rebaptisant au passage les sections dont les noms furent soigneusement choisis pour ne plus faire référence à la religion ni à la monarchie, même si on peut légitimement douter que le bon peuple, pas forcément zélote, ait abandonné les appellations séculaires.

 

 

 

 

Une numérotation logique.

 

Un découpage artificiel qui n’avait guère de réalité tangible pour les Parisiens et on peut imaginer qu’ils n’usaient guère de leur numéro d’arrondissement pour se situer. A cet égard, on notera que ces derniers étaient alors numérotés, fort logiquement, de gauche à droite, et de haut en bas, selon le sens d’une lecture naturelle pour un occidental.

 

Douze arrondissements divisées en sections redevenues quartiers sous Napoléon, en 1811, qui formaient la ville de Paris intra-muros, ce qui propagea une expression croustillante pour signifier un concubinage notoire : Mariés à la mairie du XIIIe.

 

 

 

Vingt arrondissements.

 

1860 sonna la création de huit nouveaux arrondissements suite à l’annexion des faubourgs situés entre l’enceinte de Thiers et celle des Fermiers généraux. Ce sera également l’occasion de renuméroter les arrondissements. Etrangement, l’ancienne grille de lecture ne fut pas retenue en faveur d’un système en spirale, en escargot, qui partait du centre de la ville. On raconte que les habitants de l’actuel XVIe, s’apercevant qu’ils deviendraient le treizième arrondissement de Paris, obligèrent à modifier le procédé. Car non seulement le chiffre 13 ne portait pas forcément bonheur mais il sous-entendait un arrondissement de concubins notoires, ce qui ne devait pas faire rire le bourgeois local. Mieux valait réserver ce nombre maudit à un arrondissement de gueux, à des quartiers populaires. Ce qui fut fait.

 

 

 

 

A Lyon.

 

C’est en 1852 que furent créés les cinq premiers arrondissements de Lyon suite à l’annexion de plusieurs faubourgs dont la Croix-Rousse et La Guillotière, et d’un village voisin, Monplaisir. En dehors de l’obligation révolutionnaire de subdiviser les grandes villes en arrondissements, il faut bien avouer que les révoltes des Canuts dans les années 1830 avaient démontré la nécessité de redécouper la capitale des Gaules, puis de percer de larges artères, comme à Paris, pour rendre plus compliquées émeutes et barricades d’une part, et permettre le tir au canon d’autre part !.

 

Les quatre derniers arrondissements furent conçus par la suite, soit parce que leur territoire s’avérait trop étendu comme ce fut le cas pour le 3e arrondissement, soit par redécoupage d’un arrondissement existant, sa population s’étant accrue de façon importante : ainsi le 6e par découpage du 3e en 1867 ; idem pour le 7e en 1912, le 8e par découpage du 7e en 1959, le 9e par découpage du 5e en 1964.

 

 

A Marseille.

 

Evidemment, Marseille était, comme la plupart des villes françaises jusqu’à la Révolution, formée de paroisses. Mais la ville phocéenne se distingua de ses sœurs aînées par son découpage tardif en arrondissements, après-guerre, en 1946 exactement. Et avec la deuxième particularité de connaître une division supérieure, le secteur, qui regroupe deux arrondissements. Huit secteurs, seize arrondissements, et cent onze quartiers administratifs aux noms évocateurs : l’Estaque, Saint-Charles, les Baumettes, le Pharo, même si ce sont les quartiers historiques qui conservent le plus d’attrait auprès des Français avec la Canebière, le Vieux-Port, le Panier ou la Porte d’Aix.

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