Je travaille à la maison et c'est tout bon !!

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Je travaille à la maison et c'est tout bon !!
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Quand ma maison devient mon bureau ou mon atelier

Quand ma maison devient mon bureau ou mon atelier

Etre auto-entrepreneur et gagner sa vie à partir de chez soi. On vide une pièce ou on la réaménage, on s’installe au sous-sol, on s’approprie un coin du salon ou la table de la salle à manger, ou bien on se fait construire un bureau dans le jardin.

C’est excitant. Tout d’abord parce que ma maison est mon territoire. J’en suis maître. D’y installer mon bureau me procure une mesure supplémentaire de contrôle sur cet endroit qui est mon principal espace de vie.

Ensuite parce que, dans ma maison, je suis protégé du dehors. Le dehors de la rue, du métro et de l’autobus bondé, mais aussi le dehors des collègues, du patron, etc. - qui, s’ils m’apportent amitié et sociabilité, représentent aussi un vaste potentiel de confrontations et de conflits.

Et puis, il y a le luxe du temps qu’on rythme à sa façon et le luxe de la maison que l’on habite à sa manière toute personnelle. Travailler tard la nuit. Ne reprendre le travail qu’une fois reposé(e). S’interrompre pour prendre un café sur le balcon. Sortir voir un ami en plein après-midi …

En pyjama !

Et l’on devient familier du tête-à-tête avec soi-même. C’est la paix et la liberté. Et quel confort ! Sans compter le challenge que représente une telle aventure quand on la mène seul(e) et qu’on en assume toute la responsabilité.

Mais voilà, la maison est, par définition, un espace intime et privé. Ses murs me protègent du regard des collègues et des « T’as pas bonne mine ce matin ! ». Mais ils me privent aussi de leurs compliments « Tu es en forme, dis-donc » et donc de l’obligation de me « tenir », de bien « me présenter » et de manifester le respect que je me dois à moi-même comme celui que je leur dois.

La tentation est grande de travailler tous les jours en pyjama ou de repousser l’heure de la douche au moment où, vraiment, il faut sortir, de remettre dix fois le rendez-vous chez le coiffeur, de passer de la chaise du bureau au canapé devant la télé ou encore de s’assoupir tout habillé devant l’écran de son ordinateur et de se réveiller le lendemain, ankylosé et vaseux …

Eh bien ? Si cela était, quel mal à cela ? Aucun si celui qui travaille à la maison porte en lui-même les règles de conduite professionnelle et de rythme de productivité propres à son métier et qu’il les applique. Aucun s’il reste crédible aux yeux de ses clients ou partenaires. Aucun, surtout, s’il vit ce mode de vie sans lassitude ou même sans dégoût.

La confusion des genres

La maison est un cocon, confortable certes. Mais cette image est incomplète. La maison, pour être un véritable chez-soi, doit s’ouvrir et être hospitalière à la famille, aux amis, aux voisins.

Le bureau à la maison, c’est le risque de la confusion des genres, parce la maison-cocon risque de « contaminer » le bureau ou l’atelier qui sont des lieux de travail et donc des lieux où des interactions et des échanges avec les autres doivent se poursuivre pour résister à la tentation de la tour d’ivoire. Travailler seul, ne se « confronter » au monde du travail que par téléphone ou écran interposé demande, pour éloigner le risque d’étouffement et de solitude, une force intérieure qui oblige à sortir de chez soi pour être avec les autres.

Comment font-ils ?

Travailler chez soi n’est pas neuf. Les artisans et certains commerçants autrefois comme aujourd’hui, les écrivains, les érudits, les savants et les artistes en sont familiers et avec succès. Cela parce qu’ils prennent des précautions et qu’ils choisissent ce mode de vie et de travail armés de quelques forces et qualités.

La précaution fondamentale est territoriale : un bureau, une chambre, un atelier ou même un coin de chambre à soi, le tout bien délimité et surtout bien défendu par rapport aux autres membres de la famille. Une porte, un paravent, un rideau, aident beaucoup. Mais l’essentiel est de refuser d’être « envahi » - par les papiers administratifs de la famille, par les enfants, par les époux, par les objets domestiques – et de veiller à ce que ce territoire reste un espace personnel de travail.

Les qualités et les forces fondamentales sont de nature auto-disciplinaire : on se rend à son « bureau dans la maison » à peu près comme on se rend au « bureau à l’extérieur ». A peu près …et non pas complètement, car le caractère privé de la maison « déteint » toujours quelque peu sur le bureau. Mais le bureau à la maison les voit bien réveillés, présentables et la voix alerte, au travail à des heures où les clients et partenaires sont joignables, avec des dates limites de livraison, de facturation et de paiement, etc. Et sans bruits domestiques en arrière plan.

Le bureau à la maison est un bureau tout court. Et c’est pourquoi il faut savoir aussi le quitter. Pour sortir dehors « comme tout le monde » et pour pouvoir rentrer chez soi.

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