Du poteau au pilastre, cinq colonnes à la Une

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Du poteau au pilastre, cinq colonnes à la Une
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Phénomène certainement dû au néoclassicisme américain des XVIIIe et XIXe siècles, qu’on retrouve dans d’innombrables bâtiments publics d’un jeune pays rêvant de représenter la démocratie comme l’avait été Athènes en son temps, la colonnade pose son homme moderne à défaut de présenter le moindre intérêt dans la construction de l’habitation proprement dite. Pour faire court, aux Etats-Unis, quand on est riche, on flanque des colonnes autant que faire se peut.

Phénomène certainement dû au néoclassicisme américain des XVIIIe et XIXe siècles, qu’on retrouve dans d’innombrables bâtiments publics d’un jeune pays rêvant de représenter la démocratie comme l’avait été Athènes en son temps, la colonnade pose son homme moderne à défaut de présenter le moindre intérêt dans la construction de l’habitation proprement dite. Pour faire court, aux Etats-Unis, quand on est riche, on flanque des colonnes autant que faire se peut.

 

 

Evidemment, pour les Latins que nous sommes, cet héritage nous semble naturel et nous n’avons pas abusé des enseignements de Vitruve même au plus fort de la mode classique, ou néoclassique, si ce ne sont quelques bâtiments célèbres comme la Madeleine, Saint-Philippe du Roule, le Panthéon, le Palais de justice de Montpellier ou l’opéra de Strasbourg. Une chose est sûre, le simple particulier a rarement promu les colonnades dans ses constructions personnelles.

 

Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de faire de vous des architectes accomplis mais de débroussailler ces termes de l’immobilier rencontrés ici ou là et d’en donner une définition simple mais pas forcément simplette. Alors, du poteau le plus sommaire au pilastre richement décoré, abordons sans détour cette histoire de colonnes.

 

 

 

 

Le poteau.

 

A l’évidence, rien de plus élémentaire qu’un poteau qui est une pièce de bois dressée verticalement servant de soutien voire de support. Qu’il soit indicateur ou non. Autrement dit un pieu, ce qui ne manque pas de sens puisque le pieu nous vient de palus qui signifie poteau en latin ! La boucle est fermée. Même si le poteau présente une origine différente, le latin postis, à savoir un jambage de porte, en passant par l’ancien français post ou postel, gros pieu de bois. Décidément, le serpent se mord la queue !

 

Des poteaux indispensables à l’architecture de tout temps et dont le Moyen-Age s’est quasiment fait une spécialité dans la mesure où on ne les recouvrait pas systématiquement d’enduits ou de stucs, ce qui conduisait à les façonner avec soin.

 

 

 

Le pilier.

 

Cela ne surprendra personne, le pilier est un matériau empilé pour former une… pile (d’ailleurs, on ne dit pas les piliers mais les piles d’un pont), un vocable qui nous vient tout droit du latin pila de même sens. On notera au passage que le mot pilotis, ces pieux enfoncés dans le sol pour surélever un édifice, présente la même racine.

 

En bref, on forme une pile pour soutenir un édifice quelconque. Un pilier qui se distingue du poteau par son matériau, en pierre ou équivalent, bref de maçonnerie, qui peut être rond ou carré voire de n’importe quelle section. Et qui n’a pas fonction de décoration ce qui le distingue de la colonne, sans compter qu’il ne présente pas, comme cette dernière, une base et un chapiteau.

 

 

 

La colonne.

 

Le terme colonne est directement emprunté au latin columna, de même sens, si ce n’est que nos conquérants romains l’employaient pour ce que nous appelons aujourd’hui des colonnes, certes, mais également pour tout type de soutien vertical, qu’il soit partie de la construction ou simple ornement. Car le latin columna dérive directement de columen, le soutien ! Tout s’explique…

 

Donc, notre colonne est une construction de forme cylindrique, c’est important, qui soutient ou qui orne, partie intégrante d’un bâtiment ou indépendante. Encore une fois, je ne vous ferai pas subir un cours magistral concernant la colonne et ses différents modes (dorique, ionique, corinthien…) mais il faut bien comprendre qu’en architecture, une colonne n’est pas un simple pilier (sinon, on l’appellerait ainsi !) mais se compose de trois parties : une base, son corps cylindrique ou fût, et au sommet, un chapiteau.

 

 

 

Le pilastre.

 

Trois éléments que nous retrouvons dans le pilastre, ce pilier de soutien ou parfois d’ornement, qui se distingue de la colonne par sa forme puisqu’il est carré de section, et surtout qu’il est le plus souvent engagé dans le mur (c’est-à-dire en saillie d’à peu près un sixième de sa largeur) et qu’on ne saurait donc en faire le tour comme d’une colonne) ; ce qui lui donne l’aspect d’une colonne plate collée au mur, souvent placé derrière une colonne comme s’il en formait la projection sur le mur, sa représentation fictive. Autrement dit l’art et la manière de faire élégant en façade sans la « lourdeur » d’une colonne.

 

 

 

 

Le pylône.

 

On ne saurait terminer cet article sans évoquer le pylône dont l’usage commun tend à faire le synonyme de toute pièce verticale qui, pourtant, à l’origine, est un portail, surmontée d’une tour, qu’on trouve en façade des temples égyptiens. Normal quand on sait que le mot dérive du grec pulôn qui signifie la grande porte, le porche, le vestibule.

 

Il fallut quasiment attendre le XXe siècle pour que, par extension, il se dise de piliers quadrangulaires, de forme pyramidale, qu’on peut trouver à l’entrée d’un monument certes, mais aussi d’un pont, d’une avenue. Aujourd’hui, en dehors du monde toujours précis de l’architecture, le pylône n’implique qu’une notion utilitaire à l’image des supports de nos lignes à haute tension, voire des remontées mécaniques des sports d’hiver, ou des grandes antennes radiophoniques, qu’ils soient en béton ou faits d’une charpente métallique.

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