Dis moi comment est ton entrée, je te dirai qui tu es

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Dis moi comment est ton entrée, je te dirai qui tu es
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A l’origine du hall, l’apparat. Au rez-de-chaussée de l’hôtel particulier apparaît, à la fin du XIXème siècle, cet espace luxueux auquel on donne, pour en traduire l’élégance, un nom anglais : le Hall.

A l’origine du hall, l’apparat. Au rez-de-chaussée de l’hôtel particulier apparaît, à la fin du XIXème siècle, cet espace luxueux auquel on donne, pour en traduire l’élégance, un nom anglais : le Hall.

Très lumineux, le hall ouvre sur un grand escalier et donne accès aux espaces de réception. Au début du XXème siècle, le hall trouve sa place dans les demeures riches et moins riches et devient un lieu familial doté d’une cheminée et confortablement meublé, à la façon de la salle de séjour d’aujourd’hui.

Il se banalise ensuite pour former l’entrée – ou le vestibule - à partir de laquelle sont distribuées les pièces de la maison.

Pas de deux

Entrée, hall ou vestibule permettent le passage et la circulation. Dans l’immeuble collectif, ils offrent un grand nombre d’informations avec ses affichages (relevés de compteurs, avis de la régie, etc.) et ses boîtes aux lettres.

Surtout, ils fonctionnent comme un sas de sécurité. Car ils protègent la maison. C’est là que le « filtrage » des visiteurs par les hôtes, qui a commencé sur le seuil, se poursuit. L’accès à l’intérieur n’est pas encore acquis. Pour qu’il le soit, il faut que l’hôte ouvre une aimable conversation qui, sous des dehors bénins, n’en joue pas moins un rôle décisif !

On parle du temps, on accepte un cadeau de circonstance…pour trouver le bon terrain commun et pour que la confiance s’installe. Le rapport d’hospitalité se met en place graduellement jusqu’au moment où l’hôte, rassuré et à l’aise devant un visiteur qui s’est montré sous son meilleur jour, conduit celui-ci, en maître des lieux, à l’intérieur.

Premières révélations

Quel genre de mobilier ? Avec tableaux ou miroir aux murs ? Un portemanteau et un porte-parapluie ? Et les chaussures ? Rangées dans un meuble ou exposées à la vue ? Qu’est-ce qui traîne ? Ordre ou désordre ? Entrée chichement ou bien éclairée ? Une chaise, un guéridon, peut-être un vase fleuri ? Et tout cela, de quel(s) style(s) ? L’entrée en dit tout de suite trop long sur soi ! Et c’est alors l’angoisse.

Certains ont foi dans l’adage selon lequel la première impression est la bonne et n’en finissent pas de ranger, orner et nettoyer l’entrée pour « mieux paraître ». D’autres baissent les bras ! Sans manquer toutefois de laisser percer leur inquiétude en s’excusant sur l’apparence de leur entrée. Et il y a ceux pour lesquels l’entrée est un territoire tampon purement fonctionnel. Inutile de s’en faire à son sujet. Il suffit que l’endroit soit propre. Les visiteurs sont invités à ne pas juger l’hôte sur les apparences. Sauf qu’il reste que le souci de la propreté est déjà …un souci de ne pas avoir une réputation de laisser aller ou, pire, de saleté. Ce qui nous ramène, précisément, au besoin de ne pas se faire mal juger !

De quelque façon qu’on l’aborde, l’entrée ne doit pas nous faire perdre la face.

Du tout venant ou grand standing ?

Les choses sont à la fois semblables et tout à fait différentes lorsque l’on parle de l’entrée d’immeuble collectif. Car alors l’entrée est un espace social où circulent beaucoup de gens. Comment savoir qui est qui ? Et, de toute façon, ne faut-il pas garder son quant à soi et rester discret ? Un peu de confiance est aussi normal, n’est-ce pas ? On le voit, les habitants balancent entre des sentiments et des attitudes contradictoires.

La même ambivalence s’observe lorsqu’il s’agit du décor puisque l’entrée met en scène une image collective. On en n’a pas choisi personnellement l’aménagement et pourtant il est annonceur, pour nos visiteurs, de notre intérieur. Que son esthétique nous plaise, nous indiffère ou nous rebute, elle se confond un peu, le temps d’une attente ou d’un passage, avec une image de nous-mêmes et avec notre « vrai chez-soi ». La position peut être inconfortable pour qui voudrait la voir changer et ainsi avoir une prise directe sur son appropriation.

Mais pour qui s’accommode de l’ambivalence, il reste toujours les phrases d’usage pour en rire ou pour s’en excuser !

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