Découvrez l'étymologie du mot buanderie

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Découvrez l'étymologie du mot buanderie
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Si aujourd’hui la buanderie n’est plus qu’un lieu réservé au traitement du linge dans une bonne maison, le terme a cependant recouvert, au fil de l’histoire, de nombreux sens, depuis le local professionnel du buandier à la blanchisserie en passant par la laverie et autres lavoirs. Ce qui mérite quelques explications…

Si aujourd’hui la buanderie n’est plus qu’un lieu réservé au traitement du linge dans une bonne maison, le terme a cependant recouvert, au fil de l’histoire, de nombreux sens, depuis le local professionnel du buandier à la blanchisserie en passant par la laverie et autres lavoirs. Ce qui mérite quelques explications…

L’étymologie de la buanderie est curieuse car fruit d’un chemin tortueux qui commence avec l’ancien bas francique bûkôn (tremper dans la lessive) qui aurait donné en vieux français le verbe buer (faire la lessive). Très logiquement, l’endroit affecté à cet usage s’appellera la buerie, et le travailleur qui y officie, le buandier à l’image de la lavandière qui travaille à la laverie. L’amusant de l’histoire, c’est que notre buandier donnera à son tour naissance au mot « buanderie » qui s’imposera en lieu et place de notre buerie initiale. Ouf !

Faire la buée.

A l’origine, dès le XIIe siècle, on fait la buée, on bue le linge. Dans le monde professionnel, le buandier est celui qui exécute le premier blanchiment des toiles neuves, qu’on ne confond pas avec le blanchisseur dont la tâche, si je puis dire, est d’entretenir la blancheur de la toile au fil du temps.

Evidemment, chez le particulier, on parle indifféremment de buanderie ou de blanchisserie pour indiquer le lieu dans lequel sont réunis les matériels et produits nécessaires à la lessive.

Le blanchissage consistait alors à enlever les saletés du linge tandis que le blanchiment rendait sa blancheur initiale au linge selon différents procédés.

Une pratique millénaire.

Il y a bien longtemps, mais nos lointains aïeux se préoccupaient-ils vraiment du lavage de leurs vêtements ?, on se contentait de tremper le linge dans un quelconque cours d’eau dont les remous suffisaient à ôter le plus gros de la saleté, le brassage et le battage de la lingère terminant le travail. En bref, pas de quoi prévoir une pièce spécifiquement dédiée à cet usage. Au fil du temps, on améliora le modèle en utilisant toutes sortes de détergents naturels, à l’image de nos ancêtres les Gaulois qui mêlaient cendres de bois de bouleau ou de hêtre à de la graisse de bestiau, un procédé dont on a retrouvé la trace jusqu’à 2800 ans avant JC.

Ils ne sont pas fous, ces Romains.

A noter que les Romains, un peu plus évolués, possédaient déjà des buanderies publiques, ce qu’on peut apercevoir notamment sur les fresques de Pompéi. Pour l’anecdote, sachez qu’à l’époque, on redonnait toute sa blancheur au linge en utilisant l’urine humaine, particulièrement chargée en ammoniaque. Un procédé si répandu que l’empereur Vespasien eut l’idée d’un impôt sur le précieux liquide, ce qui lui vaudra, un paquet de siècles plus tard, de voir son nom donné à des toilettes ambulantes qui circulaient dans Paris au milieu du XIXe siècle.

La grande lessive.

Quand à la fin du Moyen-Age on commença à se méfier sérieusement de l’eau, suspectée de transmettre les maladies, on perdit quelque peu l’habitude de laver ses vêtements, du moins régulièrement, même si on utilisait déjà le savon à l’huile d’olive que les Arabes avaient apporté en Europe méridionale dès le VIIe siècle. Et c’est ainsi que Marseille devint capitale du savon quelques siècles plus tard !

La Renaissance remit un peu à la mode la lessive mais il fallut attendre les XVe et XVIe siècles pour que le savon se fabrique à une petite échelle et cent ans de plus pour que démarrent les premières fabriques. De toute façon, la lessive restait une affaire de riches et, chez les pauvres, on se contentait d’une grande lessive une ou deux fois par an.

La Buanderie de la Reine

Nous aurons compris qu’une buanderie était un bâtiment comportant fourneaux et cuviers dans le cas d’un établissement public, ou un local spécialement conçu pour la lessive chez un particulier. Si autrefois il y avait des buanderies dans tous les bourgs d’une certaine importance (pour preuve, il existe une « rue de la Buanderie » dans de nombreuses villes de France), il y eut également, sur les fleuves aux abords des grandes villes, des bateaux de blanchissage dotés de buanderies, à la disposition des professionnels et des particuliers.

De la même façon, dans tous les quartiers de paris, on trouvait des lavoirs publics qui offrait le nécessaire au blanchissage et au séchage du linge, autrement dit : une buanderie. Pour l’anecdote, à la Révolution, nos Sans-culottes qui n’appréciaient guère les jugements monarchiques du tribunal du Châtelet, l’accusant de blanchir les criminels à la nation, le rebaptisèrent « La Grande Buanderie de la reine ».

Une pièce réservée.

Si au XIXe siècle, riches et bourgeois avaient les moyens, au nombre des pièces de service, de prévoir un lieu spécifiquement alloué au traitement du linge, qu’on appelait d’ailleurs indifféremment « buanderie » ou « blanchisserie », chez les petites gens on se débrouillait avec les moyens du bord.

Aujourd’hui, l’apparition des machines à laver le linge a rendu obsolètes ces buanderies même si on s’aperçut, dès le seconde moitié du XXe siècle, qu’une pièce réservée au lavage, séchage, et repassage, serait tout de même commode pour réunir en un même lieu tout le nécessaire à l’entretien du linge. Très naturellement, cette pièce fut baptisée « buanderie », le terme « blanchisserie » ayant été accaparé par les professionnels.

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