Acheter à deux, attention... zone de turbulence !

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Acheter à deux, attention... zone de turbulence !
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On s’aime, on s’entend bien. On partage un appartement et le loyer de ce dernier. Depuis quelque temps déjà, on se dit qu’il serait temps de faire le saut : pourquoi ne pas acheter un appartement ou une maison ?

On s’aime, on s’entend bien. On partage un appartement et le loyer de ce dernier. Depuis quelque temps déjà, on se dit qu’il serait temps de faire le saut : pourquoi ne pas acheter un appartement ou une maison ?

Prêts à devenir propriétaire à deux ?

Devenir propriétaire ensemble : ce projet est une façon de dire que, mariés ou pas, on s’engage dans la durée. Pour, on l’espère, le plus grand bonheur.

Mais le projet demande de se mettre, au sein de son couple, au diapason de l’autre. Car tous le deux ne sont pas forcément prêts intérieurement à se jeter à l’eau au même moment. Alors que l’un est peut-être un peu déjà endormi dans sa routine et trouve que les choses sont très bien comme elles sont, l’autre veut voir les choses bouger ! L’un pense déjà au patrimoine du couple tandis que l’autre se sent encore en période insouciante de lune de miel …Tandis que lui est prêt à devenir propriétaire, elle hésite, s’inquiète, traîne les pieds. Ou l’inverse.

Une fois prise, la décision de devenir propriétaire n’efface pas ces disparités et ces hésitations. Elle les contient toujours en filigrane. Ce sont elles qui affleurent sous divers prétextes et qui soudain perturbent le chemin. On s’énerve, le ton monte, on menace de se quitter ! Car là est le nœud de la question. L’acquisition d’une maison rend immédiatement concrète et explicite l’intention du couple de se souder durablement. L’anxiété monte : me suis-je trop engagé(e) ? Est-il encore temps de reculer ?

Dur, dur, dur de faire ses comptes …

Le projet engage aussi le couple, et c’est alors une tout autre aventure, vis-à-vis de son banquier, qui, on le sait, non seulement vous attache à lui pour des décennies mais ne laisse dans l’ombre aucun aspect des finances de chaque membre du couple. L’univers tabou et si peu romantique de l’argent éclate sous l’impact de l’enquête.

Elle et lui sont soudain confrontés à la question intime de leur rapport personnel à l’argent. Une lumière crue vient souligner l’inégalité des gains, des apports et des contributions aux mensualités de remboursement du prêt. Le sentiment d’une dette, d’être redevable à celui qui contribue le plus à l’achat peut apparaître.

Surgissent alors parfois des questions que l’on ose à peine se poser : est-ce que je suis vraiment chez moi ? Est-ce que j’habite, en fait, chez lui (chez elle) ?

Ma façon de voir contre la tienne

Acheter à deux ouvre aussi l’horizon du couple. Il faut décider : ville ou banlieue ? Quartier bourgeois ou bohème ou … bobo ? Appartement ou maison ? Ancien ou neuf ?

Attention, les turbulences risquent d’être encore plus fortes. Car le choix de la maison agit comme un stimulus qui révèle à chacun ce qu’il aime et ce qu’il espère réaliser, c’est-à-dire le mode de vie auquel il aspire. L’enjeu est de taille ! Il porte, tout à la fois, sur les valeurs auxquelles on adhère, la fidélité aux valeurs dont on a hérité, son identité personnelle et sociale dont l’image que l’on veut donner de soi-même aux autres. Ouf !

Et pourtant, ils achètent à deux !

Ils sont rarement d’accord d’emblée et encore plus rarement tout au long de la recherche d’une maison. L’épreuve est réelle mais ils sont nombreux à la vivre et à la dépasser avec succès. Cela parce qu’ils trouvent les terrains d’entente et l’équilibre qui leur sont propres. Certains désirent poursuivre leur vie ensemble et « passent » par-dessus les divergences plus ou moins mineures.

D’autres font leurs comptes et parlent argent sans drame ni fausse honte. Qu’importent les raisons, le fait est là : ils achètent à deux leur maison pour bâtir ensemble quelque chose que la maison abrite et qui est ceci : un lien et une vie partagés dans la durée.

http://perlaserfaty.net/