Sur le web, "quand on a envie, on peut faire des choses bien"

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Sur le web, "quand on a envie, on peut faire des choses bien"
Lorenzo Benedetti a fondé Studio Bagel en 2012.@ DR
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LES 100 QUI FONT LE WEB FRANÇAIS - Lorenzo Benedetti a fondé Studio Bagel, une boîte de production qui diffuse des vidéos humoristiques sur YouTube.

27.11 Web Classement

Europe 1, Le Parisien et Frenchweb ont établi le TOP 100 des personnalités qui font le web français. David Abiker et Guy Birenbaum en débattront avec leurs invités jeudi à 20h dans Des Clics et des Claques. Vous pouvez dès maintenant réagir sur le classement sur Twitter via le hashtag #100influenceurs.

>> Consulter le classement complet des 100 personnalités qui font le Web français

Lorenzo Benedetti, 33 ans, est numéro 2 de notre classement dans la catégorie "Créateurs de tendances"

Profession : producteur

Entreprise : The Social Company

Ses débuts sur le Web : Sa première incursion numérique a été la mise en place du site MyTaratata, déclinaison numérique de l'émission musicale de Nagui. Mais Lorenzo Benedetti a réellement franchi le pas en septembre 2012, lorsqu'il a fondé Studio Bagel, un collectif de "youtubeurs", ces humoristes en herbe qui se mettent en scène dans de courtes vidéos. Le succès ne s'est pas fait attendre : Studio Bagel a franchi le million d'abonnés sur YouTube. Et depuis la rentrée, la société produit des programmes courts pour Le Grand Journal et Le Before sur Canal+.

Son compte Twitter : @LorenzBenz

28/11/2013 Studio Bagel DR

© DR


Pourquoi vous-êtes vous intéressé au Web ?

J'ai passé neuf ans de ma vie à faire un boulot de VRP en allant voir les chaînes de télévision pour leur vendre des programmes. Ce qui m'a attiré sur le Web, c'est la liberté et l'autonomie, le fait de pouvoir créer soi-même son mode de financement. C'est aussi l'absence de filtre entre les internautes et nous, et la possibilité de développer sa propre communauté. Certes, c'est plus risqué que la production télévisée, puisqu'on crée des contenus sans garantie de financement et sans savoir si ça va marcher ou pas, mais lorsque ça marche, on a une grande liberté.

C’est quoi pour vous l’influence ?

Je pense que l'influence vient quand on a saisi l'occasion d'être différent, de se singulariser. Je me suis dit qu'il ne fallait pas être comme tout le monde et essayer de faire des choses les plus personnelles possibles. Etre le énième producteur télé dans un univers ultra-concurrentiel ne m'intéressait pas. Quand on a une opportunité de casser les codes, on la saisit. J'espère que cette aventure donne envie à d'autres producteurs de se lancer sur le digital.

En quoi êtes-vous un influenceur ?

Avec Studio Bagel, nous sommes arrivés au bon endroit et au bon moment, celui où YouTube a adopté la stratégie d'aller vers les producteurs de contenus sur Internet. Du coup, on est particulièrement dans la lumière, mais en voyant cette expérience qui fonctionne, d'autres peuvent se dire que ça peut aussi marcher pour eux. Je sais d'ailleurs que plusieurs acteurs de la production sont en train de se lancer. Nous n'avons évidemment pas inventé ce créneau, mais je pense participer à une tendance dans laquelle nous avons été précurseurs.

Sur qui exercez-vous votre influence selon vous ?

Je vois plusieurs types d'acteurs s'intéresser à ce marché. Il y a bien sûr les producteurs, mais aussi les entreprises pure players du digital, qui se disent qu'elles doivent aujourd'hui absolument investir dans la vidéo. Il y a également les diffuseurs, qui s'aperçoivent qu'ils produisent de la vidéo mais qu'ils ne font rien sur le numérique. Aujourd'hui, les chaînes de télévision se lancent sur ce marché : M6 a créé sa chaîne Golden Moustache l'an dernier et Canal+ vient d'annoncer qu'elle allait aussi se lancer sur YouTube. Enfin, on assiste au développement de ce qu'on appelle les multi-channel networks (MCN), des entreprises qui connaissent bien YouTube et travaillent avec les producteurs de contenus pour optimiser leur capacité à générer des revenus.

De quoi êtes-vous le plus fier parmi vos contributions au numérique ?

Sans hésiter, de Studio Bagel, et au sein de cette aventure, je suis particulièrement content de la façon dont on a géré cette rentrée, qui a été très "rock" ! On a réussi à la fois à produire les trois programmes que nous a commandés Canal+ et à rester concentrés sur notre cœur de métier, les vidéos en ligne destinées à nos abonnés YouTube. Mais je suis surtout fier des choses qui sont à venir !

Vous êtes influenceur, mais qui d'autre vous influence dans le domaine du numérique ?

Je trouve l'aventure Google incroyable. Sergey Brin et Larry Page (les fondateurs, ndlr), ce sont des génies ! Il y a sept ans, ils ont racheté YouTube, et c'est délirant de voir ce que ce site est devenu aujourd'hui. En France, je suis assez admiratif de gens comme Marc Simoncini et Xavier Niel. Ils montrent que quand on a l'envie et l'intérêt, on peut faire des choses bien. J'aime aussi leur logique de redistribution de la richesse, à travers leur soutien à des start-up. Ce sont des gens qui ont à cœur de booster l'économie française.

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