Rachat de SFR : la surenchère de Bouygues

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Rachat de SFR : la surenchère de Bouygues
Martin Bouygues, patron du groupe, va déposer une offre réévaluée auprès de Vivendi (SFR), pourtant en négociations exclusives avec Numericable.@ MAXPPP
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REBONDISSEMENT- Écarté au profit de Numericable, Bouygues a réévalué son offre à hauteur de 13,15 milliards d'euros.

L'INFO. Alors que Vivendi, maison-mère de SFR, avait choisi l'offre de Numericable vendredi dernier, l'autre postulant au rachat de l'opérateur téléphonique, Bouygues Telecom, a annoncé une nouvelle offre. L'entreprise de BTP a proposé non plus 11,3 mais 13,15 milliards d'euros pour s'associer à SFR. Pour arriver à cette nouvelle offre, supérieure de 1,85 milliard d'euros à celle de son concurrent, l'entreprise dirigée par Martin Bouygues fédère selon son communiqué "de grands actionnaires industriels et financiers de long terme autour de son projet".

Partenariat public privé. Bouygues se serait associé à des partenaires privés, dont les groupes Artemis (une holding appartenant à François Pinault) et Decaux (déjà actionnaire de Bouygues Telecom) croît savoir LesEchos. La Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui détient déjà 3% de l’entreprise de BTP, prendrait également 3% de participation dans le nouvel ensemble Bouygues Telecom/SFR. Pour Jean-Pierre Jouyet, son directeur général, “c’est une opération intéressante, qui consolide le secteur des télécoms en France”.

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Une offre plus intéressante. Observant que le Conseil de surveillance de Vivendi, le propriétaire de SFR, “avait confirmé le caractère pertinent de l’offre de Bouygues, mais avait considéré sa part en numéraire insuffisante”, le groupe propose donc de payer plus cher pour emporter la partie.

Cette offre “est supérieure de 1,4 milliards d’euros dans sa composante en numéraire à l’option concurrente actuellement en cours de négociation chez Vivendi”, déposée par Altice, le principal actionnaire de Numéricable, détaille le groupe dirigé par Martin Bouygues.

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© MAX PPP

Quid des négociations exclusives ? La nouvelle offre du groupe de médias, télécoms et BTP intervient alors que Vivendi avait annoncé vendredi dernier entrer en "négociations exclusives" avec Numericable en vue de la cession du deuxième opérateur de téléphonie mobile. Une information qu'avait laissé entendre dès vendredi matin le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg au micro d'Europe 1.

L'autre candidat en lice au rachat de SFR, Bouygues Telecom, semblait donc hors course. En surenchérissant sur l'offre du câblo-opérateur, le groupe de BTP met ainsi la pression sur Numericable et lance un (nouvel) appel du pied à SFR.

Altice “reste serein”. L’entreprise dirigée par le Patrick Drahi n’a pas voulu réagir à l’annonce de son concurrent. “Altice-Numéricable ne fait aucun commentaire pendant la période de négociations exclusives engagées depuis le 14 mars”, a indiqué un porte-parole .

“Nous travaillons depuis lors de façon très constructive avec les équipes de Vivendi et SFR sur le projet industriel retenu par Vivendi”, a-t-il conclu tout en ajoutant que le groupe restait “serein”. Il faut dire que selon des sources proches du dossier, lors de la sélection de Numéricable comme partenaire de négociation exclusif, l’entreprise avait été choisie à l’unanimité par le Conseil de surveillance de SFR, notamment grâce à ses garanties sur l’emploi et la rapidité envisagée de la transaction.

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