NSA : un câble sous-marin d'Orange piraté

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NSA : un câble sous-marin d'Orange piraté
@ Reuters
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Une cellule de piratage de l'agence américaine intercepte des ordinateurs pour exploiter leurs faiblesses informatiques.

L'INFO. Pas une semaine ne passe sans que de nouvelles révélations concernant le dispositif d'espionnage de la NSA : une cellule de piratage dédiée intercepte des livraisons d'ordinateurs pour pirater leurs systèmes et espionner leurs utilisateurs, selon les informations publiées lundi par le magazine allemand Der Spiegel. Grâce à cette méthode, un câble sous-marin d'Orange aurait été utilisé pour espionner de nombreux réseaux en ligne. Explications.

Une équipe de pirate à la NSA. Créée en 1997 et connue sous le nom de Tailored Access Operations (TAO ou "opérations d'accès sur mesure"), cette division de l'agence américaine est décrite comme une équipe de pirates d'élite spécialisés dans le vol d'information. Leur mission ? "Obtenir l'impossible", d'après les documents internes de la NSA. Un responsable de la TAO a même affirmé qu'elle avait rassemblé "certaines des informations les plus pertinentes que notre pays ait jamais vues".

Le FBI et la CIA de mèche. La TAO peut intercepter la livraison d'un ordinateur, puis demander à la CIA ou au FBI d'apporter l'appareil dans un atelier secret afin d'y installer discrètement un logiciel espion, avant d'être remis sur le marché. Toujours d'après Der Spiegel, cette méthode serait l'une des "plus productives" et aurait permis de récolter des informations dans le monde entier.

Un câble sous-marin d'Orange piraté. Selon ces mêmes révélations, une division spéciale de l'agence a piraté le réseau informatique d'un consortium de sociétés utilisant le câble sous-marin de télécommunications Sea-Me-We 4. Ce câble en fibre optique relie l'Asie et l'Océanie à l'Europe en passant par le Moyen-Orient et ce jusqu'à Marseille, où il est relié au réseau Orange. Selon Der Spiegel, la NSA a piraté en février 2013 le réseau informatique de ces 16 sociétés (dont Orange) en introduisant un virus lui permettant de récupérer des informations concernant les flux de données - tels le lieu, la date ou les personnes participant à une conversation donnée. "Orange n'a aucune implication dans de telles manœuvres, effectuées entièrement à son insu et qui concerne a priori des équipements (câble SMW4) dont elle est usager et non gestionnaire", a indiqué l'opérateur dans un communiqué.

Des gadgets ultra-perfectionnés. Pour arriver à ses fins, la TAO est équipée de gadgets de haute technologie pour les situations les plus difficiles. Par exemple, cette unité utilise des câbles spéciaux pour enregistrer tout ce qui est tapé à l'écran, des clés USB pour transmettre de l'information envoyée par ondes ou encore des stations de transmission pour intercepter les signaux des smartphones en mouvements. Avec pour objectif de récupérer des données sur des ordinateurs non connectés à Internet. Aucun chiffre n'est avancé par Der Spiegel à propos du nombre d'ordinateurs concernés, et le magazine allemand ne précise pas si cette cellule est encore active.

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