La NSA répand des logiciels malveillants "à échelle industrielle"

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La NSA répand des logiciels malveillants "à échelle industrielle"
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ESPIONNAGE - L'agence américaine de renseignements a développé des outils habituellement utilisés par des hackers pour parvenir à ses fins.

L'INFO. La NSA n'en finit plus d'être pointée du doigt pour ses méthodes. L'agence américaine de renseignements aurait développé et utilisé des logiciels malveillants installés dans des millions d'ordinateurs du monde entier, d'après des documents transmis mercredi par l'ancien consultant Edward Snowden. Une méthode qui aurait permis d'extraire des informations sur une centaine de machines dès 2004, puis étendus à une "échelle industrielle", selon les documents publiés.

Comment ça marche ? Ce programme nommé "Turbine" a été conçu pour "permettre l'implantation dans des réseaux à grande échelle" de logiciels malveillants afin de récupérer des données sur les ordinateurs infectés. Pour cela, la NSA a employé les mêmes techniques que les cybercriminels en envoyant, par e-mail, des liens malicieux aux détenteurs des machines visées. Une fois que l'internaute a cliqué, l'ordinateur est infecté en moins de huit secondes ! L'agence américaine n'avait plus qu'à enregistrer les conversations depuis le micro de l'ordinateur ou même à prendre des photos avec la webcam.

Un autre leurre utilise Facebook. Dans certains cas, lorsque la NSA ne parvenait pas à infecter ses cibles par e-mail, l'agence passait par un leurre Facebook pour espionner l'ordinateur. Lancé en 2004, le logiciel n'a été déployé à grande échelle qu'en 2010 avance The Intercept, nouveau site d'informations lancé aux-États-Unis par un ancien journaliste du Guardian et le patron d'eBay.

La NSA se défend tant bien que mal. Un responsable de l'agence américaine a confirmé l'existence de "Turbine", mais a tenu à rappeler que ces opérations étaient conduites "exclusivement à des fins de contre-espionnage ou d'espionnage à l'étranger pour des missions nationales ou ministérielles et rien d'autre".

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