La Mongolie a testé le référendum... par SMS !

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La Mongolie a testé le référendum... par SMS !
@ JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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A TEXTOTÉ - Afin de consulter son peuple sur une décision économique stratégique, le Premier ministre mongol a envoyé un texto aux électeurs.

Et si voter était aussi simple que d'envoyer un SMS ? C'est probablement ce que s'est dit le gouvernement de Mongolie, qui a envoyé cette semaine un référendum sur la stratégie économique du pays à ses électeurs. Le procédé n'a cependant récolté que 10% de votes, affirme RFI, mais il a été sévèrement critiqué par les Mongols.

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Pourquoi un référendum ? La Mongolie est face à un dilemme économique national : continuer la politique d'austérité ou bien enclencher une vague de projets miniers financés par les multinationales étrangères. C'est la deuxième option qui a remporté la majorité de suffrages (56%) des votants, qui n'était cependant que 301.008 sur les 3 millions d'habitants que compte le pays.

Pourquoi cela a-t-il fait débat ? La méthode est loin d'avoir rencontré les faveurs des Mongols, qui n'auraient pas hésité à parler d'une "imposture". Il s'agirait d'"une tentative évidente pour le gouvernement d'échapper à ses responsabilités", auraient affirmé certains internautes mongols cités par RFI. Car les utilisateurs de plusieurs téléphones portables pouvaient voter plusieurs fois et les étrangers possédant un numéro local ont également pu prendre par au vote.

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Des négociations au point mort. C'est le premier ministre mongol Chimed Saikhanbileg qui a déclenché le "vote" national par SMS, lui qui est très favorable aux différents projets d'envergures financés par des investisseurs étrangers. La Mongolie a connu ces dernières années une croissance hors norme, suite à la découverte de gigantesques ressources minières. Parallèlement, la montée du nationalisme a bloqué une partie des investissements étrangers et ralenti ainsi la croissance. Dernier exemple en date : les négociations avec l'anglo-australien Rio Tinto pour l'exploitation d'un gisement de cuivre d'envergure sont au point mort depuis quelques temps. Un gisement qui pourrait représenter, potentiellement, un tiers du PIB de la Mongolie.