Google force-t-il l'affichage de ses publicités ?

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Google force-t-il l'affichage de ses publicités ?
En participant financièrement au service Adblock Plus, qui bloque les publicités en ligne, Google assure la visibilité de ses propres annonces auprès de tous les internautes.@ REUTERS
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Le moteur de recherche aurait négocié avec un bloqueur de publicités en ligne pour continuer d'afficher ses propres annonces.

L'INFO. Google aurait passé un accord avec un bloqueur de publicités en ligne, Adblock Plus, afin que ses propres annonces continuent de s'afficher. Une pratique révélée par le site autrichien Horizont, non démentie par Adblock Plus mais qui fait polémique. Explications.

C'est quoi un bloqueur de publicités ? Il s'agit d'une extension, c'est-à-dire un petit programme à installer sur son navigateur, qui permet de ne plus afficher les blocs de publicités sur tout le Web. Adblock est disponible gratuitement sur Google Chrome, Mozilla Firefox, Microsoft Internet Explorer ou encore Apple Safari. Pour l'internaute, l'intérêt est double : faciliter la lecture d'un site Internet et diminuer le temps d'affichage d'une page.

08.07 Logo AdBlock Plus

C'est quoi Adblock Plus ? Adblock était au départ, lors de sa création en 2002 par un Danois nommé Henrik Aasted Sørensen, ce qu'on appelle un projet 'open source' : tout internaute pouvait y contribuer, son développement était collégial. Mais la version d'origine a été abandonnée et a laissé la place à Adblock Plus. Le principe est similaire, à un détail près : certaines publicités peuvent tout de même s'afficher à condition que le nom du site fasse partie d'une 'liste blanche' gérée par Adblock Plus.

Pourquoi une polémique ?

- Eyeo, l'éditeur d'Adblock Plus, assure que l'intégration à cette "liste blanche" pour les "petits sites et les blogs" est gratuite. Mais comme cette gestion "nécessite des efforts importants", Adblock Plus est également payé par de grands acteurs du Web, dont Google. Une position dénoncée par le site Horizont et assumée par Adblock Plus : "nous sommes payés par certains grands éditeurs qui souhaitent participer à notre programme de 'publicités acceptables'", revendique le site officiel de l'extension.

- Grâce à ce partenariat, Google assurerait la visibilité de ses publicités, même auprès des utilisateurs d'Adblock Plus. Pour rappel, le géant américain a réalisé 43,7 milliards de dollars (environ 34 milliards d'euros) de revenus publicitaires en 2012, qui représentaient 87% de ses résultats.

- En soutenant financièrement Adblock Plus, le géant du Web contribue à priver les autres sites de leur principale source de revenus : la publicité. Car lorsqu'Adblock Plus activé, c'est "près de la moitié de nos publicités qui ne sont plus visualisées par nos visiteurs", a constaté David Legrand, journaliste sur le portail d'informations High-Tech PC Inpact. Un chiffre moins important sur le site d'actualités du jeu vidéo GameBlog : "en 2012, on comptait 15% d'utilisateurs qui possédaient AdBlock Plus. En un an, on est passé à 25% !", regrette Julien Hubert, cofondateur du portail.

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© Capture d'écran

Le "Premium", alternative à Adblock Plus ? L'immense majorité des sites ne peut se permettre de financer l'extension et d'assurer la visibilité de ses publicités en ligne. Julien Hubert n'hésite d'ailleurs pas à parler de "racket", de "système mafieux" en évoquant le bloqueur de publicité. Comment tous les "non-Google" peuvent-ils lutter ? Un des modèles qui se multiplie sur plusieurs sites français (et à l'étranger) consiste à proposer un abonnement dit "Premium" : en échange de quelques euros par mois ou une souscription annuelle, l'internaute s'offre un site exempt de publicités. Des contenus additionnels, complémentaires et exclusifs peuvent également être accessibles pour les "abonnés".

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© Capture d'écran

Mais jusqu'ici, ce modèle économique ne représente qu'une faible partie des revenus : 10 à 15% du chiffre d'affaires chez GameBlog ou encore 1.000 abonnés Premium par an sur PC Inpact. Il faudra donc, dans les mois et années à venir, trouver d'autres sources de revenus complémentaires ou bien convaincre les internautes de payer pour accéder à du contenu qu'ils ont pris l'habitude de consommer gratuitement.