Confidentialité : ce qui est reproché à Google

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Confidentialité : ce qui est reproché à Google
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Les autorités de protection des données de six pays européens s'attaquent à Google. Pourquoi ?

Google (encore) dans le viseur de la Cnil. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a annoncé mercredi préparer une action "répressive" à l'encontre de Google concernant ses règles de confidentialité. Au total, ce sont les autorités de six pays européens (Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas et la France) qui attendent toujours une réaction satisfaisante du géant américain, quatre mois après un premier avertissement. Devant l'absence de réponse de la firme américaine, les "Cnil" européennes veulent passer à l'action.

> Mais qu'est-ce qui est reproché à Google exactement ? On vous refait le film.

Google prévenu dès mai 2012. Dans un questionnaire adressé à Google en mai 2012, les autorités européennes s'inquiétaient déjà de "l'ampleur d'une telle collecte" d'informations personnelles une fois les nouvelles règles en place. Il avait alors été demandé au moteur de recherche de "fournir une information plus claire et plus complète sur ces données collectées". La Cnil regrettait également l'impossibilité pour Google de fournir "une durée maximale de conservation des données" récoltées par le géant du Web. Malgré une tentative d'explications de Google, la Cnil avait dénoncé une "coopération moyenne" et des réponses "incomplètes ou approximatives".

Le rapport de cette investigation visant Google est communiqué à la presse au mois d'octobre 2012. Outre le refus de détailler son utilisation des données privées, Google "n'a pas démontré qu'il s'engageait sur les principes de la Directive Informatique et Liberté", fustigeait devant la presse Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil. "Google a quelques mois, trois ou quatre mois, pour se mettre en conformité", a-t-elle prévenu. "S'il ne prend aucune mesure, alors nous entrerons dans une phase contentieuse." Pas de réponse de Google.

Une réponse insuffisante et trompeuse ? Le 1er mars, Google a toutefois uniformisé les règles de confidentialité de ses services Web. Gmail, Google+, Drive, Maps ou encore YouTube possèdent désormais le même règlement de confidentialité en ligne. Une simplification a priori au service des utilisateurs, le géant américain mettant en avant une vision plus "globale" de ses utilisateurs. Mais c'est aussi une façon pour Google d'accéder plus facilement à une plus grande quantité de données privées, pour mieux "cibler" la publicité et donc accroître ses revenus publicitaires.

Que dit Google aujourd'hui ? Le moteur de recherche assure "respecte[r] la loi européenne" dans un communiqué publié mardi 2 avril. "Nous nous sommes pleinement impliqués tout au long des échanges avec les autorités de protection des données personnelles, et nous continuerons à le faire", se défend Google.

La menace d'une sanction ? Dans son communiqué, la Cnil rappelle mardi qu'elle peut potentiellement infliger des amendes pouvant s'élever "jusqu'à 2% du chiffre d'affaires global de l'entreprise". Pour rappel, Google a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de plus de 50 milliards de dollars (soit environ 40 milliards d'euros) dans le monde. Aucun chiffre n'a cependant été communiqué pour la France.
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