Comment Apple a imposé le prix des ebooks

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Comment Apple a imposé le prix des ebooks
Lancé en avril 2010, c'est l'iPad et ses iBooks qui sont à l'origine de ce procès.
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ZOOM - La marque à la pomme est accusée d'entente sur le prix des livres numériques.

L'INFO.Apple comparaît lundi à New York devant la justice, soupçonnée de s'être entendue avec cinq grandes maisons d'édition aux États-Unis, dans le but de relever le prix des livres électroniques au détriment des lecteurs. Une affaire qui avait débuté en 2010, juste avant le lancement de l'iPad. Récit d'une manipulation rondement menée par la marque à la pomme, mais qui pourrait lui coûter cher.

Des ebooks pour lancer l'iPad. Fin 2009-début 2010 : Apple prépare dans le plus grand secret le lancement d'un terminal censé, trois ans après la révolution iPhone, bouleverser les habitudes des utilisateurs connectés. L'iPad ne sera dévoilé qu'en avril 2010 mais la marque à la pomme travaille d'arrache-pied sur son nouveau produit phare et sur les contenus qui accompagneront sa tablette 10 pouces. Et parmi les fonctionnalités du premier iPad, Apple souhaite proposer des ebooks, des livres électroniques à acheter sur sa bibliothèque en ligne.

Amazon premier sur les livres électroniques. Mais une autre marque domine déjà ce marché : Amazon, géant du commerce en ligne et fabricant de la liseuse électronique Kindle, commercialise la plupart de ses ebooks à 9,99 dollars (environ 7,67 euros). Mais de peur que cela ne diminue ses marges, Apple se met d'accord avec cinq des plus grandes maisons d'édition pour fixer le prix des ebooks entre 12,99 et 14,99 dollars.

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Qu'est-ce qui est reproché à Apple ? La marque américaine aurait joué un rôle central de coordination dans une entente avec les cinq éditeurs en question : les Américains HarperCollins et Simon and Schuster, le Français Hachette (filiale du groupe Lagardère dont fait partie Europe1.fr, NDLR), le Britannique Penguin et l'Allemand Macmillan. L'accusation reproche à Apple d'avoir imposé un prix qui a obligé les consommateurs américains à payer "des dizaines de millions de dollars de plus". Les consommateurs lésés veulent démontrer qu'Apple savait par avance que ce changement de tarifs se faisait à leur insu. Parmi les éléments de preuve figure un mail de Steve Jobs, patron d'Apple en 2010, s'adressant aux éditeurs ét évoquant "un modèle (…) où vous fixez le prix et où nous avons nos 30% [NDLR : de marge], et où oui, le consommateur paye un peu plus".

Comment Apple compte se défendre ? Tim Cook, actuel PDG d'Apple et successeur de Steve Jobs, l'a répété la semaine dernière : son groupe n'avait "rien fait de mal" et comptait "se battre". Un document remis à la justice le 16 mai 2013 évoque "des conclussions déraisonnables à partir d'un patchwork de preuves ambiguës". La marque assure avoir agi "de manière indépendante" et avoir même œuvré en faveur de la concurrence, grâce à la remise en cause de la position dominante d'Amazon.

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© AllThingsD

Les audiences de ce procès s'étaleront sur les trois prochaines semaines, avec des plaidoiries finales attendues pour le 20 juin.

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