Yvette, 76 ans, jugée pour avoir organisé 169 lotos caritatifs

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Yvette, 76 ans, jugée pour avoir organisé 169 lotos caritatifs
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TÉMOIGNAGE E1 - La justice pourrait réclamer 265.000 euros à cette retraitée pour 169 loteries organisées en trois ans, au profit de diverses associations.

MAMIE LOTO. Chez elle, on l'appelle "Mamie Loto". Yvette Bert, septuagénaire de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, doit comparaître le 3 juillet prochain devant le tribunal correctionnel d'Arras. Elle risque trois ans de prison. Sa faute ? Via son association "Ensemble pour l'espoir", elle a organisé 169 loteries en quatre ans, en outrepassant le monopole de la Française des Jeux. Aujourd'hui, la vieille dame est anéantie, car qu'elle risque aussi de devoir payer 265.000 euros pour "organisation de loterie prohibée". En pleurs, elle témoigne au micro d'Europe 1.

"C'était au profit de tout ce que je pouvais".  "Les lotos, je les faisais une fois par semaine, chaque dimanche. C'était au profit de tout ce que je pouvais : des enfants malades, des personnes âgées, pour la mucoviscidose aussi, j'ai donné beaucoup", raconte aujourd'hui Yvette. "J'attendais qu'il y ait une certaine somme pour redistribuer les bénéfices, par exemple 5.000 euros pour la mucoviscidose", poursuit-elle.

>> Écoutez le témoignage d'Yvette :



Yvette, 76 ans : "c'était au profit de tout ce...par Europe1fr

"Je n'ai pas de voiture, je n'ai pas de maison, j'ai rien".  Ignorait-elle le caractère illégal de son entreprise ? "Je ne savais pas. Pour moi, les lotos, c'était pour donner", assure-t-elle, avant d'ajouter, effarée : "ils pourraient me réclamer 265.000 euros". Une somme dont Yvette assure ne pas pouvoir s'acquitter. "J'ai 620 euros de retraite et je paye un loyer de 220 euros. Je n'ai pas de voiture, je n'ai pas de maison, j'ai rien. C'est une catastrophe", confie Yvette, en sanglot.

"Je ne comprends pas, ce n'est pas juste. J'ai aidé des gens qui sont dans le besoin, il y a beaucoup de monde qui est dans le malheur. Et là-dessus, je vais encore payer une amende ? Vous trouvez ça juste ?", interroge Yvette qui assure que pour elle, aujourd'hui, "le plus difficile est [qu'elle] ne peu(t) plus aider les gens".