Vosges : le suspect avait déjà tué

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Vosges : le suspect avait déjà tué
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L'homme de 55 ans qui a tué deux voisins avec un fusil de chasse, jeudi soir, avait déjà été condamné pour le meurtre de sa femme.

L’INFO. Les riverains ont entendu deux déflagrations. Un homme de 55 ans, déjà condamné pour l'assassinat de sa femme en 1992, se trouvait vendredi en garde à vue après le double meurtre d'un couple de voisins, jeudi soir, à Thaon-les-Vosges. Les deux victimes ont été tuées en pleine rue avec un fusil de chasse, peu après 19 heures.

Un suspect déjà condamné. Le meurtrier présumé "s'est constitué prisonnier à la gendarmerie une heure après avoir tué ses deux victimes, mais il n'a pas souhaité s'exprimer pour l'instant", a fait savoir le procureur de la République à Epinal, Etienne Manteaux. Il avait déjà été condamné à 15 années de réclusion criminelle par la Cour d'assises des Vosges pour l'assassinat de sa femme en 1992. Il avait été libéré en 2001.

"Des munitions pour tuer". D'après les premières constatations du médecin légiste, les deux victimes n'ont reçu qu'une seule balle, en pleine tête, provenant d'une arme de chasse contenant des munitions de calibre 7.65, "utilisé pour le gros gibier", a précisé le procureur.  "C'étaient des munitions pour tuer net", a-t-il ajouté.

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Les deux corps ont été retrouvés devant le domicile de la voisine où, selon les premiers éléments de l'enquête confiée aux gendarmes de la brigade de recherche d'Epinal, elle s'apprêtait à rentrer.

Un amoureux éconduit. Le tueur présumé avait noué une relation amicale depuis plusieurs mois avec elle et lui rendait parfois quelques services. "Il souhaitait avoir des relations intimes avec elle, mais elle a refusé. Début mai, elle avait alors mis fin à cette relation, mais il la relançait régulièrement par des appels téléphoniques et des SMS", a expliqué Etienne Manteaux.

Une plainte avait été posée. La quadragénaire avait déposé plainte le 7 juin à la gendarmerie pour ce qu'elle considérait être du harcèlement. L'amoureux éconduit avait été entendu par les enquêteurs et s'était engagé à ne plus l'importuner. Cette femme vivait seule avec ses deux enfants, un fils de 22 ans et une fille de 18 ans qui venait de passer le baccalauréat, depuis un récent divorce.

La seconde victime, un voisin qui résidait à 300 mètres de la scène de crime, était père de trois enfants âgés de 9, 19 et 22 ans. Bien connu dans cette commune de 9.000 habitants, il avait également l'habitude de rendre de petits services à l'autre victime.

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Pas de témoins. "Pourquoi le suspect a tiré ? On ne le sait pas. Que faisait cette deuxième victime? On ne sait pas non plus. Nous n'avons pas de témoins oculaires directs, seulement des témoins auditifs", a souligné le procureur. Selon une voisine, "deux déflagrations ont été entendues". "Sur le moment, on s'est demandé si ça n'était pas des enfants avec des pétards pour le 14-juillet, mais on s'est quand même dit que ça devait alors être des gros pétards", a expliqué cette voisine.

Le meurtrier présumé s’est rendu. Après le drame, le suspect a fui en voiture, puis s'est rendu dans un bois, où il a envisagé de se suicider mais, une heure plus tard, il s'est rendu à la gendarmerie et a été placé en garde à vue. Il doit être déféré samedi devant le parquet avant une présentation devant le juge d'instruction qui devrait le mettre en examen.