Violences : un lycée suspend ses cours

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Violences : un lycée suspend ses cours
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Suite à des violences, les enseignants d'un lycée parisien font valoir leur droit de retrait depuis lundi.

C'est le résultat d'un ras-le-bol. Les enseignants du lycée professionnel Théophile Gautier à Paris ont suspendu leurs cours depuis lundi à la mi-journée. Une décision qui, de source syndicale, fait suite à plusieurs incidents violents dans l'établissement.

Violences et menaces

14.09 Le lycée professionnel Trégey, à Bordeaux, où un professeur a été agressé. 930620

© Max PPP

Le 10 septembre, une enseignante avait souhaité exclure de son cours un élève de troisième au comportement insultant. Devant le refus de celui-ci, la professeur avait alors appelé la proviseur adjointe en renfort. C'est elle qui s'est retrouvée en première ligne : après une volée d'insultes et de menaces, l'élève s'était jeté sur elle, en la cognant contre une armoire et en tentant de l'étrangler. En derniers recours, fait rare dans un établissement scolaire, huit policiers avaient dû intervenir dans la classe pour parvenir à maîtriser l'élève et à le faire sortir de l'établissement.

Près de deux semaines après ces premiers faits, une professeur de lettres a cette fois-ci été menacée de mort par deux élèves. Un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. Les deux lycéens perturbaient un contrôle. Quand la "prof" a décidé de les sortir de la classe, la situation a dérapé, confie-t-elle au micro d'Europe 1 : "Le premier m'a dit 'ta vie est courte'. Je lui ai demandé de répéter et il m'a dit qu'il n'avait pas dit ça. Puis le second, qui était sur le pas de la porte, m'a fait le geste de diriger ses deux doigts sur ses yeux",  se souvient l'enseignante, "ce qui veut dire : je te bute".  Pour les syndicats d'enseignants Snuep FSU et Snetaa FO, dans un communiqué publié mardi, confrontés à ce climat de violence, les professeurs de ce lycée se sont sentis dans l'obligation d'exercer leur droit de retrait.

Les profs demandent "les moyens de travailler"

23.08 classe lycéens 930x620

© MaxPPP

Que demandent les enseignants ?  Tout simplement que le rectorat leur donne  "les moyens" de "travailler": "Quand on voit l'enchaînement des événements depuis la rentrée, on se demande ce que l'on attend, qu'un autre élève agresse un prof peut-être?", a protesté Clélia Brunel pour le Snuep FSU. Les professeurs souhaitent notamment obtenir le dédoublement des heures dans les classes difficiles, des moyens de surveillance supplémentaires, une infirmière à plein temps, le poste de conseiller principal d'éducation perdu l'an passé. Une délégation du personnel a été reçue au rectorat vendredi mais sans obtenir satisfaction sur l'ensemble des demandes.

Après quatre agressions de membre de l'éducation nationale début septembre, le ministre, Vincent Peillon, avait annoncé mi-septembre son intention de créer, dans "les semaines qui viennent", une "délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire".