Violences sexuelles sur les femmes dans l'armée : enquête ouverte

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Violences sexuelles sur les femmes dans l'armée : enquête ouverte
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La publication d'un livre dénonçant des violences sexuelles et du harcèlement au sein de l'armée a entraîné l'ouverture d'une enquête.

L'info. Jean-Yves Le Drian a demandé jeudi l'ouverture d'une enquête interne au ministère de la Défense sur les violences sexuelles et les cas de harcèlement commis à l'encontre des femmes dans les armées françaises, a-t-on appris auprès de la Défense. Cette enquête fait suite à la publication le même jour d'un livre intitulé La guerre invisible, qui évoque une quarantaine de cas de ce type survenus ces dernières années. *

Une "omerta" dans l'armée. Dans ce livre, les journalistes Leila Minano et Julia Pascual, rapportent des comportements souvent humiliants voire violents de certains militaires à l'encontre de leurs collègues féminines. Elles dénoncent une forme d'omerta au sein des armées, où les victimes seraient le plus souvent dissuadées de dénoncer les faits. Le titre choisi par les deux journalistes est un hommage revendiqué au documentaire américain "The Invisible War", dont les révélations sur l'ampleur des viols perpétrés au sein de l'armée américaine avaient provoqué en 2012 une onde de choc et conduit l'administration américaine à s'exprimer sur le sujet.

"Des affaires qui ne remontent pas". "C'est faux de dire que le ministère en tant que tel met un couvercle", assure Pierre Bayle, le porte-parole du ministère de la Défense. "Maintenant, ce qui est exact ou ce qui est vraisemblable, et c'est pour cela que le ministre veut un rapport pour en avoir le coeur net, c'est qu'il y a des affaires qui ne remontent pas." "Soit par autocensure, c'est-à-dire par peur des intéressées, ou parce que le commandement des niveaux subalternes ne jouent pas le jeu, c'est ça qu'il s'agit de déterminer avec éventuellement la mise en place de mécanismes permettant de faire remonter les alertes", ajoute-t-il.

Les conclusions de l'enquête attendues fin mars. Dans une lettre adressée à l'Inspection générale des armées et au Contrôleur général des armées, Jean-Yves Le Drian indique que cette enquête "visera en particulier à présenter et commenter les suites professionnelles, disciplinaires et judiciaires données notamment aux cas évoqués, tant du côté des agresseurs présumés que des victimes". Les services concernés devront rendre leurs conclusions d'ici fin mars. Ils devront, selon le ministre, formuler des recommandations qui constitueront "un plan d'action vigoureux" pour combattre de tels agissements. La mise en place d'une organisation simple et efficace "pour améliorer la remontée d'informations complètes sur ces sujets et en assurer un suivi fiable" devra également être étudiée, en s'inspirant de ce qui se fait dans d'autres ministères.

Un rapport interne qui dit la même chose. Au ministère français de la Défense, on indiquait jeudi ne pas être surpris par le contenu du livre. "Nous avons un contenu équivalent qui est arrivé sur le bureau du ministre la semaine dernière", dit le porte-parole du ministère, Pierre Bayle, faisant référence au rapport classifié du contrôleur général des armées, Gilles Chevalier, portant sur l'égalité des hommes et des femmes au sein de la Défense. "La plupart des faits cités dans le livre sont des cas qui ont été portés à la connaissance de la justice par l'autorité militaire comme cela se fait normalement", ajoute-t-il. "Il y a des cas cités qui ne sont pas remontés à la justice et ce point a été soulevé par Gilles Chevalier dans son rapport qui pointe des remontées insuffisantes".