Violences à Amiens : prison avec sursis

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Violences à Amiens : prison avec sursis
@ MAXPPP
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Deux auteurs présumés des violences d'Amiens étaient jugés vendredi en comparution immédiate.

Les premières condamnations après les affrontements d'Amiens, en début de semaine, sont tombés. Jugés vendredi en comparution immédiate, deux des trois auteurs présumés des violences dans les quartiers nord de la ville, ont été condamnés à 10 et 8 mois de prison avec sursis.

Le procureur adjoint avait requis 12 mois de prison, dont 6 ferme, et leur placement sous mandat de dépôt. Les deux hommes sont sans emploi et reconnaissent avoir des capacités intellectuelles limitées. Ils avaient tous les deux un casier judiciaire vierge. Leur peine a été assortie d'une obligation de suivi psychologique et de chercher du travail, ainsi qu'une amende conjointe de 642 euros.

Une déception sentimentale à l'origine du feu

Les deux hommes, accusés notamment d'avoir mis le feu à des poubelles, sont âgés de 20 et 25 ans. Ils avaient admis en garde à vue avoir allumé cinq ou six feux la nuit des affrontements, qui avaient fait 17 blessés parmi les forces de l'ordre et des millions d'euros de dégâts, avec notamment trois bâtiments publics incendiés.

Le plus âgé d'entre eux, qui est sous tutelle, a confirmé ses aveux proférés durant sa garde à vue, expliquant avoir agi sous le coup de la "colère" après une déception sentimentale. Le plus jeune a indiqué avoir simplement fait le guet pour son ami cette nuit-là, sans avoir participé aux incendies. Il s'était mis à sangloter au moment des réquisitions du procureur.

"Satisfait du verdict"

Son avocat, Me Guillaume Demarcq, s'est déclaré "satisfait" du verdict. "Le tribunal est là pour rendre la justice, il n'est pas là pour faire régner la sécurité. La sécurité, c'est une autre notion, c'est la raison pour laquelle il y a un ministre de l'Intérieur", a-t-il déclaré. Selon lui, les peines requises n'avaient "rien à voir avec les peines requises habituellement pour des faits strictement identiques", mettant en cause l'"emballement médiatique".

Le procureur adjoint, Eric Bossuge, avait quant à lui expliqué ses réquisitions par la "dangerosité pour la sécurité qui ne peut être écartée", reconnaissant toutefois que les deux prévenus n'avaient participé aux affrontements "qu'à la marge".

Reconnus grâce à des caméras

Un troisième auteur présumé, accusé d'avoir appelé à la violence, a demandé davantage de temps pour préparer sa défense. Agé de 27 ans, il a été placé en détention provisoire. Selon une source judiciaire, ce dernier avait dans la nuit de dimanche à lundi, la veille des principaux affrontements, harangué d'autres personnes devant des fonctionnaires. Il aurait proféré des insultes et des menaces à l'encontre des CRS : "ramassez des cailloux ! Vous allez voir demain, ça va être la guerre, bande de bâtards", aurait-il lancé, selon les informations d'Europe 1.

Les trois hommes faisaient partie des cinq interpellés jeudi par la police après les émeutes qui se sont déroulées dans la nuit de lundi à mardi dans la préfecture de la Somme. Ce sont les images d'excellentes qualité prises par la caméra thermique d'un hélicoptère de la gendarmerie qui ont permis de faire avancer les investigations concernant l'identification des émeutiers présumés. Le procureur adjoint d'Amiens a précisé que les trois hommes ne faisaient toutefois pas partie des meneurs du mouvement, qui sont toujours activement recherchés.

Le cas des deux autres prévenus, poursuivis pour des feux de poubelles et pour lesquels aucun renvoi n'a été demandé, continuait d'être examiné vendredi dans le cadre d'une comparution immédiate.