Vins de Bourgogne : ce "générateur de vortex" anti-grêle

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Vins de Bourgogne : ce "générateur de vortex" anti-grêle
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METEO – Une association spécialisée a installé un dispositif permettant de diminuer de 50% la quantité de grêle qui détruit les vignobles.

La grêle est l’une des plaies des vignerons bourguignons. De Beaune à Chalon, les professionnels du vin font face aux caprices de la nature qui s’abattent sur leurs vignerons. Biens décidés à réagir, ils ont installé des "générateurs de vortex", un réseau de machines qui diffuse de l’iodure d’argent dans l’atmosphère pour transformer la grêle en pluie. Avec cette technologie, l’Anelfa (Association nationale d’étude et de lutte contre les fléaux atmosphériques) fait la pluie et le beau temps sur les crus bourguignons.

La grêle, comment ça marche. Les nuages sont composés de particules d’eau sous forme de vapeur. Les plus propices à donner de la grêle se forment en "pompant" la chaleur et l’humidité du sol au dessus duquel ils passent. On les appelle les cumulonimbus. Avec le froid ambiant, les molécules récupérées se cristallisent et forment des "noyaux de congélation". En s’agglutinant, elles deviennent trop lourdes pour rester en suspension dans l’air et tombent sous forme de pluie ou de grêle, en fonction de la taille desdits noyaux. Plus ils sont gros, moins ils ont le temps de fondre, plus il y a de risque de voir tomber de la grêle.

Préférer la pluie à la grêle. Afin de réduire la taille des noyaux qui se forment dans les nuages, l’Anelfa propose de les multiplier en les "ensemençant". Elle dispose un réseau de générateurs, sorte de vaporisateurs, qui propulsent des molécules d’iodure d’argent dans l’air, lesquels vont venir s’accumuler dans les nuages et favoriser la création d’éléments congelés. La quantité d’eau reste la même, mais le nombre d’éléments gelés augmentent, réduisant de fait leur taille. Ainsi, il pleut au lieu de grêler.

Générateur de vortex

© Anelfa

"Le système fonctionne en réseau : un générateur tous les dix kilomètres, soit une trentaine en Bourgogne", explique à Europe 1 Claude Berthet, directrice de l’Anelfa. Ainsi, lorsqu’une alerte à la grêle est lancée par les services météos, les générateurs sont activés. "Ils libèrent chacun huit grammes d’iodure d’argent par heure et tournent environ dix heures, une quinzaine de jours par an", détaille la directrice de l’association. Un générateur coûte 1.265 euros et son fonctionnement revient à 2000 euros par an, assure l’Anelfa. Un investissement dérisoire pour les viticulteurs qui ont vu la production du millésime 2013 réduite de plus de 30 % en volume à cause des intempéries.

Un système dangereux pour la santé ? Toutefois, l’envoi de produits chimiques dans l’air pour modifier le climat soulève inévitablement des questions de santé publique. La dose d’iodure d’argent est très faible selon l’association qui précise "que les études ne montrent pas de risque reconnus pour la santé". De plus, l’association préfère insister sur le fait que l’utilisation des générateurs est une action locale qui peut être arrêtée à tout moment et a donc un impact très limité. Pourtant, cette vision est contestée par certains scientifiques qui rappellent que les données manquent pour avoir une vision objective de l’impact sur l’environnement mais que celui-ci ne doit pas être ignoré. De plus, l’Agence de protection de l'environnement américaine, à l’occasion du clean water act, l’avait jugée "polluant toxique", particulièrement pour les organismes aquatiques.

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